ACTE IV, TABLEAU VIII, SCENE IL
TORTlLtARB.
De quoi?
LE CnOURINEUB.
As-lu vu quelque chose?
TORTILLARD
J'ai vu la noce clia lune.
LE CUGURINEUR.
Et M. Germain ?
TORTILLARD
Il cherche là-bas, aux abords du petit bois.
LE CHOrRINÊL'R.
C'est cependant par ici cpiils avaient rendezvous, je l'ai bien cnlcndu hier du trou où j'élais enfermé.
LE MA ITUE- D'ÉCOLE , IWS. ■
C'est le Chourincur! ( Retdnarn Fteiir ée Sfiiric, qui se débat.) Ne te donne pas t»nt de peine, c'est moi qui vais l'appeler.
FLECR DE MARIE. -
Vous I
LE MAITRE-D'ÉCOLR, haut.
Ohé! Chourineur ! par ici !...
LE cnocRi>'EUR , regardant du pont.
Le Mailrc-d'Écoic !
LE MAITRED'ÉCOLB.
Viens donc par ici !
LE CnOURINECB.
Je descends.
TORTILLARD, l'arrêtant.
Seul!
LE CIIOURlNEnR.
Veux-tu pas que j'aiteijdjj- les autres ? Tûche de retrouver M. (iefrtTSplllÉ'','èr'dis-lui que nous avons notre aiïaire.
( Le Chourincur disparait un moment pari? gauche. Tortillard sort par la droite. ) .
LE MAIÏRE-D'ÉCOLE , à part.
Oui... c'est cela... De celle façon... jerae débarrasse de lui aussi... je fais d'une pierre deux coups... (A Fleur de Marie.) Eh Lien, tu le vois... je me rends à tes vœux... je viens d'appeler un ami...
FLEUR DE MARIE, à ClIe-mêlTie.
Je n'y puis rien comprendre.
LE MAITRE-D'iCOLE.
Tu n'as pas confiance?
FLEUR DE MARIE
Non.
LE CUOURINEUR, entrant en scf'ne sur la berge. Pas même en moi , Fleur de Marie?
FLEUR DE MARIE , Se réfugiant vers lui. En VOUS , si !
LE CUOURINEUR, au Maître-d'École.
Slainlenant, décampe !
LE maitre-d'école , haut.
Décamper! el pourquoi donc! esl-ce que lu n'élais pas prisonnier comme nous? esi-.<;e que lu ne l'e« pas évadé comme nous ?
ife
LE CnOCHlNKCR.
Sorli par le grand guichet , cntcnds-lu ? Ah ! lu as cru que je m'étais mis à brigander? Quand la patrouille m'a arrêté dans la rue, fracturant un volel, c'était le volet de ma chambre, et j'avais choi>i mon moment pour cire mis avec vous , et proléger M. Germain , que vous auriez tué sans moi... lMais,commcile.st permis de briser son volet , pourvu qu'on le raccommode, quand j'ai eu raconté mon aiïaire, mes motifs, et qu'on a suce qui s'itait passé, on m'a ri au nez et mis à la porte , ce que je voulais, parce que je savais où to trouver... car, de mon trou, hier, je lai entendu avec ton Féraiid.
LE maitre-d'école.
Eh bien! voici ce dont il s'agit : Fleur de Marie, pour des raisons quelle vient de me dire, ne se plait plus avec moi .. D'un autre côlé, une excursion à l'étranger nous est nécessaire... Tu conçois quelle nous embarrasse... nous lui rendons sa liberté... Tu peux l'emmener.
FLEUR DE BIARIE.
Dites- vous vrai?
LE maitre-d'école.
A l instant même.
LE CIIOCRINEUR.
Fleur de Marie, où voulez-vous^alier?
FLEUR DE MARIE
Au château de M^e d'Harville.
LE CHOURINEUR
Venez.... Mailre-d'Écolc, lu as encore quelque chose de bon.
FLEUR DE MARIE
Ah ! partons ! partons !
(Ils montent la berge.)
LE maitre-d'école , bas.
Pas encore. (Il pousse un cri d'appel.)
le chourineur, s'arrêtanl.
Qu'est-ce que lu as fuit là ?
LE maitre-d'école.
Est-ce que tu n'as pas cnlcndu ?
LE CUOURINEUR
C'est un signal.
le maitre-d'école.
Tu es bien malin de le deviner.
LE CUOURINEUR.
Pour qui ce signal?
LE maitre-d'école
Pour les amis avec qui je dois partir.
LE cnouRiNEUR, redescendant en scène.
C'est vrai... ils sont dans les environs,', et c'est un piège que lu me tendais.
LE maitre-d'école.
Un piège, moi ! Est-ce que je savais que tu allais venir ? Ef l-:c que je savais que tu l'en irais par là? (Il est allé au bateau qu'il dispose.)
le CUOURINEUR.
Nous ne nous en irons pas par le chemin où sans doulc on attend celle malheureuiç enfant.
iS
1.E maITRE-d'éCûLE, ciilraiit dans le bateau. Va-l'en par où lu voudras I
LE cnouitlNlsi'K va à lui et le saisit. Sors de là.