SCENE I
(Au lever du rideau, le Maiirc-d'Ecole entre avec précauiion par la berge, et va vers la première arche du pont )
Le MAITRE-D'ÉCOLE , M">p DUBREUIL , Paysans, Violons, Noce.
LE MAITRE-D'ÉCOLE
Es-lulà. Martial?
it
UNE VOIS, du dehors.
Oui.
LE MAITRE-D' ÉCOLE
Avec Fleur de Marie ?
LA voix.
Oui.
LE MAITRE-D'ÉCOLE
Garde-la jusqu'à ce que je l'aYcrlis>e,., Qu'est-
LlilS MYSTÈRES DE PAUIS,'
oe que ce peal ôtre que cette musique et ces lanternes qui viennent de ce côté... (Il s'avance un peu pour découvrir ce qui se passe sur le pont, où coinnience à para'irc la icie de la noce.) AI) 1 jc reconnais, c'est la noce de la ferme de Mme Dubreuil. M™*" DCBRELIL, s'anèlant sur le pont, au uioinent où le coriégc est en ^ ue des spectateurs. Ah ça 1 je ni'arrèlc ici, comme je vous l'ai annonct?. Allez danser, vous autres, toute la nuit, au
Charriot-d'Or.
PAYSANS, insistant.
Venez avec nous, madame Dubreuil... venez donc.
M"": DtJBRECIL.
Non, mes amis, je suis trop triste de l'événement d'hier... Quand M^e dllarville a tant de chagrin de la mort de cette pauvre peliteFIcurde Marie... ce serait mal à moi d'aller avec vous...
PAYSANS
Allons, puisque vous le voulez... C'est dommage.
MHie DCBBECIL.
Pierre, voulez-vous me reconduire ?
PIERRE
Volontiers, madame Dubreuil.
(Adieux. — M™* Dubreuil rclournc sur ses pas, "en donnant le bras à l^ierre, tandis que la noce reprend sa marche au son de la musique.)
LE MAITRE-D'ÉCOLE
Ils s'éloignent... Je n'ai pas de temps à perdre, à dix heures ce soir il faut que jc sois chez ma comtesse. Retourner à Paris!... est-ce bien prudent ? J'aurai soin de me munir de lai me qui me rassure contre tout... Mais au moment de m'6loigner, il ne Tant perdre aucune occasion, Férand va venir... (An fond.) Voyons, avance, la Pégriotte.
Fi-EUR DE MARIE, entrant de dcrriùre la première arclic.
Que voulez-vous de moi ?
LE MAITRE-D'ÉCOLE
Peu de chose... Jc vois bien que nous ne pojj-< vous aller ensemble... En conséquence, je vaist«ut bonnement te remettre, cotnme tu étais, chez M. Féraiid .. Tu y consens, n'est-ce pas?...
FLEUR DE MARIE
Vous vous ('les étranscinent trompé en croyant que le contact de l'honneur et de la vertu ne m'avait inspiré aucun courage, aucun élan .. Sarhcz-le bien, maintenant, pour vous résister, je suis aussi forte que vous.
LE HAITRE-D' ÉCOLE.
Qu'est-ce que lu dis?
ILIX'R DE MARIH.
Je ne vous crains pas, vous dis-je... A votre lâche (•(Mirage de me perdre ou de me tuer, j'oppose le courage de mourir.
LK MAITRb'b'liCOLB
Parûtes que tout ccin :
FLECn DE MAIIIE.
Ce courage, c'jesl vous qui ir.c l'avez donné...
LE MAlTRE-D'llcOLE.
Moi?
FLEUR DE MARIE
Oui, hier, par l'horreur que vous m'avez inspirée quand j'ai su que vous étiez voleur cl assassin.
LE MAITRE-D'ÉCOLE
Que dit-elle?
FLECR DE MARIE.
J'ai entendu hier votre conversation avec voire complice.
LE MAITRE-D'ÉCOLE
r Malheureuse!
FLECR DE MARIE.
Dans lilc oi'i vous m'aviez menée, et dont je ne pouvais m'éfhapper, j'ai du me taire... mais vous m'avez ran^cnce prés dune roule, prés d'un pont... j'y resterai jtjsqu'à ce qu'il pas.^e quelqu'un, jusqu'à ce (jue mes çtis .-ippcllent a mon aide ; et douze heures après, je dis ce que vous êtes, ce que vous ] avez fait... Jc ne veux pas être votre complice même par mon silence... Fuyez donc, fuyez devant moi, car, vienne une créature vivante, sur ma vic.<ttic je vous abandonne, je vous le jure, je parloiail'
■ ' Le MAITRE-D'ÉCOLE.
Diable I céei mérite réflexion...
tLEUll DE MARIE.
Faites ce que vous voudrez, vous savei ce que je ferai , moi!
LE maitre-d'ecoxe, à part.
Jc suis perdu , si elle le veut... la malheureuse se condgtmj^î... c'est ma liberté, ma vie, qu'il faut sauver,..^ais si elle péril, plus rien de Forand, plus rien du c<>lc de la comtesse. Pourquoi rien d'elle! je puis encore y aller ce soir, lui laisser ignorer tout ce qui va arriver... Obletiir d'elle ou lui arracher peut-être de quoi assurer ma fuite... Fleur de Marie! encore un crime... estce que je puis m'arréler ! Le bateau qui est là est celui du Ravageur, une soufiapc qu'on lève d'avaticc laisse pénétrer l'cîrffqui doit le submcrjser.
FLEUR DE MAfflE.
Du monde sur le pont!
LE MAITRE-D'ÉCOLE, courant à elle et la saisissant. Pas un mot, ou lu es morte l
eooovcoooooeeocoaooocoooeaMMoooooaoeMoeoeeo oom