DES ABBESSES ET DES CUANOLNESSES
Les religieuses les plus illustres, tant par leur naissance que par le renom qu'elles acquirent et le rang d'élévation qu'elles occupèrent, furent les dames de Fontevratilt^ dont Tordre fut fondé en 1106, par Robert d'Arbinel, sous la règle de saint Benoit, règle mitigée par beaucoup de constitutions particulières.
L'abbesse de Fontevrault en était la supérieure générale, et tous les monastères d'hommes ou de femmes lui étaient subordonnés.
Les ArgensolleSj soumises à l'ordre de Citeaux, et qui habitaient un monastère élevé au milieu d'une forêt du diocèse de Soissons. Elles furent instituées en 1224, par la reine Blanche de Castille, mère de saint Louis.
Les Bénédictines^ religieuses de l'ordre de Saint- Benoît, qui se formèrent en communauté en 530, sous la direction de sainte Scolastique, sœur de saint Benoît; elles portèrent pour costume une robe noire et un scapulaire de même couleur, et sous la robe une tutiique blanche.
Les Vrmlines^ instituées en 1537 par Angèle
de Brescia, pour instruire et élever les jeunes filles; le pape Paul III confirma Tordre en
Le Visitandi7ieSj instituées en 1520 par François de Sales, en l'honneur de la visita tion de la sainte Vierge, dans le but de soigner et visiter les pauvres malades.
Les Feuillantines y instituées par don Juan de la Barrière, abbé réformateur des Feuillants ; les religieuses étaient soumises à l'observance de la règle de saint Bernard.
Les Carmélites^ religieuses de l'ordre du Carmel, institué en 1224 ; sainte Thérèse le réforma en 1580, et imposa de nouvelles règles qui se modifièrent de nouveau au siècle suivant.
Les Augîistines^ instituées par saint Augustin, dont elles prirent le nom. Leur costume se composait d'une robe noire, d'une ceinture de peau et d'un voile rouge parsemé de croix.
Les Bei'nardineSy religieuses de Tordre de Saint» Benoît, réformé par saint Bernard.
Les Capucines^ qu'on nommait aussi les lillcs
DES ABBEaSES ET I^ CIIANOINESSES. 217
de la Passion, qui furent introduiles d'Italie en France en 1602.
Les CélestineSy religieuses de l'ordre de Saint- Benoît.
Les Béguines j qui n'ëlaient pas cloîtrées et ne faisaient pas de vœux. Ce fut le roi Louis IX qui fonda leur institution en 1264.
Les Cordelières^ instituées par Marguerite de Provence, veuve de saint Louis. Elles conservaient le manteau royal de saint Louis dans leur communauté.
Les Théatincs^ instituées par Ursule Bonincasa, sur la fin du seizième siècle. On les divisait en Théatines de la Conception et Théatines de l'Hermitage.
La plupart des supérieures de ces congrégations furent non-seulement des dames nobles, mais encore des femmes appartenant aux meilleures familles de France.
Le nombre des religieuses, peuplant les différents monastères et couvents disséminés dans toute
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218 LES DâMES nobles DE FRAi^GE.
retendue du royaume, élait,enl789, de80,000, se répartissant ainsi :
16,000 de l'ordre de Saint-Âugustin.
12,000 de Sainte-Claire.
11,000 deCîteaux.
9,500 Ursulines.
9,000 religieuses de Sainl-Benoît.
7,000 de la Visitation.
4,500 de Saint-Dominique.
3,400 Carmélites.
1,500 de Tordre de Fontevrault.
5,600 vivant d'aumônes.
2,500 de différents ordres.
Ces 80,000 religieuses jouissaient d'un revenu de 16,500,000 livres et étaient l'objet de grandes libéralités des dames nobles, qui consacrèrent souvent une parliede leur fortune à la dotation de ces maisons de paix.
Il existait autrefois deux classes de chapitres de (lames nobles, dont les titulaires prenaient le titre de chanoinesses.
D£S ABfifiSSES ET DKS CilANOLMilSSES. 1>IU
La première se composait des chanoinesses ivgulières, c'esl-à-dire des dames religieuses qui vivaient en communauté et se soumettaient à une règle qui, le plus souvent, était celle de saint Benoit, suivie généralement dans la majeure partie des monastères de femmes.
La seconde, exclusivement composée de séculières, était formée de dames nobles qui n'étaient pas astreintes à la prononciation des vœux, à Texception de Tabbesse et de la doyenne, qui faisaient vœu de chasteté.
Celles-ci, quoique réunies dans un même lieu, avaient cependant des habitations distinctes.
La révolution de 1789 abolit les chapitres nobles.
Cependant il existe encore de nos jours des chanoinesses, et cette qualification est également por^ tée par des dames ou des demoiselles appartenant à la noblesse française.
Ce sont les membres de Tordre chapitrai de Sainte-Anne de Bavière dont le siège est à Munich, et qui admet des chanoinesses honoraires prises
parmi les dames de la noblesse étrangère, les plus recommandables par leur naissance et leur mérite.
Une princesse de Bavière, fille ou sœur du roi, est présidente née du chapitre.
Les meilleures familles de France sont représentées dans l'ordre, et le nombre des chanoinesses honoraires françaises forme plus de moitié du chiffre total des dames.
Toute aspirante à cette dignité doit justifier de huit quartiers de noblesse, ou d'un rang assez élevé pour en tenir lieu, et acquitter les frais de chancellerie.
Les chanoinesses portent le titre officiel de chanoinesses-com tesses .
Elles ont un costume particulier, en satin noir Tété, en velours noir l'hiver ; il se compose d'une robe richement brodée en paillettes noires et d'un manteau non moins élégant qui s'attache à la ceinture.
Un large ruban bleu moiré, bordé d'un filet broché d'argent et d'un liséré jaune pâle, se place