DES DAMES
Quelques dames nobles furent, au dire des historiens, pourvues de bénéfices ecclésiastiques masculins ; on cite l'exemple de Valtrade, que le roi Lothaire nomma abbesse des moines de Saint-Dié en Lorraine, celui de la princesse de Conti, qui jouissait de l'abbaye de Saint-Germain, et celui de ' Jeanne-Baptiste de Bourbon, qui fut abbesse supérieure de l'abbaye des Bénédictins de Marmoutiers.
Ces exemples sont rares, et on ne s'explique guère comment des princesses de sang royal se trouvèrent supérieures d'abbayes d'hommes.
Quant aux abbayes de femmes, c'est une autre affaire, et on sait qu'elles furent de tout temps l'a-
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sile naturel des filles de bonne maison, que la volonté paternelle, ou un goût naturel, enlevait au monde.
De même que, sous Tancienne monarchie, les jeunes gens nobles, cadets ou puînés, se destinaient à Tétat militaire ou à l'état ecclésiastique, les monastères de femmes se peuplèrent de filles nobles, qui cherchaient derrière les murs des couvents la paix et la tranquillité de conscience qu'elles croyaient le monde inhabile à leur donner, et de religieuses cloîtrées par la volonté de ceux qui avaient le pouvoir de leur imposer une vocation, que trop souvent, hélas ! elles étaient loin d'éprouver.
Les monastères, couvents et abbayes de femmes, furent nombreux ; leur origine date du quatrième siècle, et ils ne furent supprimés que par la révolution de 1789.
A cette époque, on comptait, rien qu'à Paris, soixante couvents de femmes, sous le titre d'abbayes, de prieurés, de maisons religieuses, de congrégations et de communautés.