PARTICULARITÉS
La loi Salique punissait aussi sévèrement les injures envers une dame qu'un homicide prémédité; ainsi celui qui traitait une femme de prostituée ou quelque mot indécent, payait une amende de cent quatre-vingt-sept sous et demi d'or.
L'action de serrer la main d'une dame, sans qu'elle y consentît, était punie de quinze sous d'or d'amende... '
Celle de lui serrer le bras, de trente.
L'action de toucher le sein, soixante.
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Et toujours on augmentant, à m(>sure que les libertés étaient plus grandes.
Sous le régime féodal, ou plutôt du temps de Gharlemagne, les abbesses bénissaient lelit nuptial des nouveaux mariés, qui ne pouvaient se coucher sans l'observance de cette coutume ; plus tard les curés furent seuls chargés de ce soin.
Un gentilhomme dérogeant à sa noblesse, en épousant une femme du peuple ou une bourgeoise, payait une amende pour lui, et les enfants nés depuis sa dérogeance, s'il voulait se faire réhabiliter.
(Déclaration de Louis XIV, 8 février 1661 ; arrêt du conseil d'État, 13 janvier et 10 octobre 1668.)
La loi Salique obligeait les Francs à doter leurs femmes; l'époux donnait un sou et un denier au père de celle qu'il prenait pour femme ; si c'était une veuve, il donnait trois sous et un denier à ses plus proches parents.
Les rois payaient la même somme que les sujets.
En outre, l'époux faisait à sa femme, le lendemain de ses noces, un présent proportionné au rang et aux biens qu'il possédait ; c'est ce qu'on nommait Morgagéniba ou présent du matin.
La femme possédait en propre ce qui lui était donné ; de cette façon plusieurs reines de France eurent ainsi des villes, où elles levèrent des impôts en leur nom, et où elles nommèrent de leur pleine volonté des gouverneurs.
PARTICCLARITÊS KO
Selon la coutume de Champagne, la mère anoblissait ses enfants en les mettant au monde, bira que leur père fût roturier ; toutefois il fallait que ces enfants renonçassent à une très-grande partie de la succession de leur père. .
De ce privilège, donné aux femmes nobles, vint Texpression : le ventre anobHt.
D'après la stricte observation des usages nobiliaires, il n'y avait que les femmes des chevaliers qui avaient le droit d'être appelées Madame.
Ainsi on voit dans un acte de 1540, Jeanne de Foix, femme du comte de Laval de la maison de Montmorency, qualifiée : Mademmelle de Laval.
Anne Pot, femme de Guillaume baron de Montmorency n'était également appelée, après son mariage, que Mademmelle de Montmorency.
Sous l'ancienne monarchie, toutes les dames présentées étaient sur la liste des bals de la reine. Et une seule invitation, adressée parla dame d'honneur, les autorisait à y aller toutes les semaines. — Au bal, la reine et toutes les princesses de a famille royale nommaient leurs danseurs.
C'était à elles à tendre les mains aux danseurs et non aux danseurs à la présenter d'abord.
La reine et les princesses invitaient à dîner ou déjeuner, mais ne priaient pas.
Elles ne mangeaient jamais avec des hommes, sans que le roi ou les princes prissent part au repas.
Dans les courses de traîneaux, les hommes de cour menaient toutes les dames.
FARTICUURITÉS. S6t
La reine et les princesses désignaient leurs conducteurs.
Les dames tiraient leurs noms au sort.
Si on présentait un objet quelconque à une princesse, l'usage voulait qu'on se dégantât.
Les dames jouant aux cartes avec la reine et les princesses, faisaient un salut de la main en donnant les cartes, et le répétaient jusqu'à ce qu'il leur fut donné l'invitation de le cesser.
Si une princesse demandait à boire, le valet de chambre présentait le verre à la dame d'honneur, qui le tendait à la princesse; — celle-ci
buvait, tandis que toutes les dames présentes se levaient.
Les princesses se mariaient dans la chapelle de Versailles. Le soir du mariage, la reine donnait la chemise à la princesse.
Celle-ci se déshabillait en présence de toutes les dames de la cour, ensuite elle se mettait au lit et l'on tirait les rideaux.
Puis arrivait Tépoux, en robe de chambre, qui se couchait à son tour ; on tirait de nouveau les rideaux, le grand aumônier bénissait le lit.
Et la cérémonie se terminait.
Les princesses filles n'étaient jamais admises à y assister.
Au moment où les princesses du sang accouchaient, toutes les portes de l'appartement étaient
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ouvertes et tout le monde pouvait entrer. Lorsque la princesse était dans sa chambre à coucher, c'était sa première femme d'honneur, et non sa dame d'honneur qui faisait le service de la chambre.
Toutes les fonctions de la dame d'honneur et des dames se bornaient à reconduire les visiteurs.
Lorsqu'il y avait appartement^ c'est-à-dire lorsqu'à roccasion de quelque événement mémorable, la famille royale, les princesdu sang et toute la cour étaient réunis, toutes les dames nobles présentées étaient admises; on jouait général^*^ ^ mais celles qui ne jouaient pas, faisaient / / jour.
assises sur des pliants.
Dans ces occasions ainsi qu'au jeu du roi et de la reine, toutes les femmes présentées, en possession ou non des honneurs du Louvre^ étaient assisses, même sans être à la grande table de jeu, ou
aux petites tables de jeu particuliei* des prin-
cesses.
Les domestiques des femmes ayant droit aux honneurs du tabouret, portaient deux flambeaux de carrosse devant elles.
Lorsque les princesses écrivaient à la reine, elles mettaient pour suscription : i la reine ma souveraine Dame.