DES AHBESSES ET DES CHANOINESSES
Toutes les filles de France s'appelaient Madame; Taînée n'était distinguée des cadettes que par l'adjonction que faisaient celles-ci de leur nom de baptême à ce tilre.
La fille aînée du frère du roi s'appelait Madâ* moiselle .
Ce fut la fille de Gaston d'Orléans qui la première, porta ce titre (avec le rang de pelite-fille de France qui lui fut assigné par Louis XIII) jusqu'à sa mort, survenue en 1693, bien que Monsieur^ frère de Louis XIV, eût des filles, dont l'ainée était aussi appelée Mademoiselle.
Il est vrai qu'en plusieurs occasions, et afin d'éviter la confusion résultant de cette similitude de titres, on appela la fille de Gaston la grande Demoiselle.
Les actes de la cour donnèrent également à mademoiselle de Charolais, sœur du duc de Bourbon-Condé, ce titre de Mademoiselle.
Des équivoques nombreuses ont été commises dans les mémoires du temps pour ce fait.
L'obtention et la pratique des divers droits, at-
tachés au rang et à la dignité de certaines clames nobles, amenèrent souvent des rivalités et des jalousies.
Les reines avaient aussi quelquefois des surintendantes ; des princesses du sang ont occupé cette place.
Les dames de compagnie devaient être en état de faille les preuves exigées pour être présentées à la cour.
r^e vêtement des femmes nobles, sous les premiers rois, était des plus simples : une large robe sans manches et une ceinture en faisaient tous les frais.
Peu à peu il se compliqua, et la fraise enrichie d'or et de pierreries, les bracelets et les manteaux vinrent lui donner l'élégance primitive que le temps ne fit qu'accroître et perfectionner.
Les voiles, les ceintures ornées de glands d'or et de soie, et les robes à longue queue furent les'premières marques distinctives des nobles ; les ornements d'or et d'argent, et les riches fourrures entraient, pour une si grande partie, dans Thabillement, que le roi Philippe Auguste les défendit aux dames nobles, et n'en permit l'usage qu'aux femmes des grands dignitaires de la couronne. Philippe le Bel l'imita, et déclara que les duchés-
ses, comtesses et baronnes, dont les maris possédaient six mille livres de terre, auraient seules le droit de changer de robe quatre fois Tan : quant aux dames nobles qui rie possédaient pas deux mi lie livres, elles ne pouvaient avoir qu*une seule robe dans Tannée.
Il ordonna enfin que toute femme, qui ne serait pas noble, ne porterait ni vêtements de couleur bleue ou grise, ni hermine, ni or, ni argent, ni pierres précieuses.
Plus tard, le chaperon de velours marqua le rang de celle qui le portait.
Mais bientôt femmes du peuple et bourgeoises s'avisèrent de vouloir lutter de luxe et de richesse avec les dames de haute maison, et saint Louis rendit, en 1230, une ordonnance qui établit que les étoffes de soie et de velours seraient exclusivement réservées aux dames nobles qui, seules aussi, pourraient porter les ceintures dorées.
Vers le sixième siècle, les vêtements des dames nobles étaient ornés d'emblèmes héraldiques, bien que les armoiries ne fussent, à cette époque,
soumises à ancune r^lc qui en déterminât la forme et les couleurs; peu à peu cette coutume disparut; mais, vers 1365, les dames de condition noble firent de nouveau armorier leurs robes, sur lesquelles furent représentés le blason de leur époux et le leur. Cette mode ne dura guère plus d'un siècle.
Ce fut sous le règne de Louis XI que les dames nobles se distinguèrent des bourgeoises en adoptant les robes à queue traînante ; déjà elles se fardaient le visage de rouge et de blanc sous Charles YI ; sous François P^, elles adoptèrent l'usage du masque.
Le 26 novembre 1555, le parlement ordonna à ses huissiers d'enlever tous les masques qui se trouvaient à Paris; le lendemain, une seconde ordonnance en prohiba la vente et la fabrication.
Le chaperon de velours fut encore une fois usurpé par les bourgeoises.
Une ordonnance royale intervint qui força cellesci à s'en tenir au chaperon de drap.
Catherine de Médicis avait importé à Paris le goût effréné du luxe et des parures.
Charles iX voulut r^oiédior à ces excès; il rendit, le 22 avril 1561, une ordonnance qui, s'appuyant sur ce que « Tune des causes qui apportent TappQvrissement de nos peuples et sujets procède des dépenses superflues qui se font en habits tant d'hommes que de femmes, » contenait les dispositions suivantes :
c( Tous nos sujets de quelqu'état et qualité qu'ils soient sans exception de personne, fors de nos trèschers et très-amés frères sœurs et tantes, notre très-cher et très-amé oncle le roi de Navarre, les princes et les princesses et ceux qui portent le titre de ducs, ne pourront dorénavant se vêtir et habiller d'aucun drap, toile d'or et d'argent, user de pourfilure, broderies, passements, franges, tortils, cannetilles, recamures, velours ou soie barrées d'or et d*argent soit en robes, fales, pour-' points, chausses ou autres habillements en quelque sorte ou manière que ce soit ; ce que nous leur avons inhibé et défendu, inhibons et défendons, et ce, sur peine de mille escus d'amende, applicable moitié à nous et l'autre aux pauvres du lieu*
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a Défendons en outre à nos dits sujets, soit hommes femmes ou leurs enfants, d'user es habillements qu'ils porteront, soit qu'ils soient de soie ou non, d'aucune bande de broderies, piqûres ou emboutissement de soie, passements, etc., dont leufs habillements ou partie d'iceux, puissent âtre couverts ou enrichis, si ce n'est seulement un bord de velours ou de soie de la largeur d'un doigt, ou pour le plus deux bords, chenettes ou arrière-point au bout de leurs habillements, et ce, sur i)eine de deux cents livres parisis d'amende pour chacune fois applicable moitié aux pauvres, et l'autre au dénonciateur sans aucune rémission.
« Permettons aux dames et damoiselles de maison qui résident aux champs et hors de nos villes, de s'habiller de robes et coites de draps de soie de toutes couleurs, selon leur état et qualité, pourvu, toutefois, que ce soit sans aucun enrichissement»
« Et quant à celles qui sont à la suite de notre dite sœur et de princesses et dames, elles pourront porter les habillements qu'elles ont deprésent^
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de quelque soie ou façon qu'ils soient enrichis, et ce jusqu'à un an prochainement venant, à commencer du premier jour de juillet prochain et lors seulement qu'elles seront à notre suite et non ailleurs, et sans que pendant ledit temps leur soit loisible, faire faire aucuns nouveaux hal)illements, d'autre sorte et façons que ceux que nous avons permis aux dames et damoiselles qui résident hors nos villes, ce que nous leur avons inhibé et défendu, inhibons et défendons sur les mêmes peines que dessus.
« Et ensemble, aux veuves l'usage de toutes soies, hormis de serge et camelot de soie, taffetas, damas, satin, velours plain.
«Quant à celles de maison demeurant aux champs et hors nos villes, sans aucun enrichissement ni autre bord que celui qui sera mis pour arrêter la couture.
« Et quant aux femmes et fdles (des présidents, maîtres des requêtes et conseillers de nos cours souveraines et grand conseil, gens de nos comptes et tous autres officiers et ministres de notre jus-
tice, et généralement tous autres offii^ers, sujets, habitants et résidants en chaqfQe ville de nos royaume et pays de notre obéissance) , ne pourront porter aucuns habillements de soie si ce n'est devant de cottes, manchons, et doublures de manches de leurs robes, et, toutefois sans aucun enrichissement .
« Ne pourrontaussi lesdites femmes porter dorures à leurs têtes^ de quelques sorte qu'elles soient, sinon la première année qu'elles seront mariées ; et seront les chaînes, carcans et bracelets qu'elles porteront sans tucun émail , et ce, * sur peine de deux cents livres parisis d'amende pour chacune fois, laquelle avons, dès à présent, donné moitié aux pauvres, l'autre au dénonciateur, sans que nos juges la puissent modérer. »
François P et Henri II avaient déjà publié des lois réformatrices en 1543, 1547 et en 1549.
Cette dernière permettait seulement aux princesses de se vêtir d'étoffes de soie rouge cramoisi, et aux dames et demoiselles nobles de ne les employer que sur les cottes et manchons.
Les filles-iqui servaient la reine ne pouvaient porter des» robe%;^de velours d'autre couleur que celle rouge cramoisi.
Celles qui servaient Jes princesses, de velours noir ou tanné.
Les femmes et filles de présidents et conseillers des diverses cours de justice ne devaient porter de velours que sur leurs cottes et manchons.
En 1561 et 1563, la même loi fut renouvelée.
Quatre ordonnances rendues successivement par Charles IX furent impuissantes à réprimer Tabus.
Henri 111 décréta une loi somptuaire qui défendit aux dames nobles les étoffes d'or et d'argent.
Il n'obtint pas plus de succès.
Un autre privilège de la noblesse fut le décolleté.
Les bourgeoises n'osèrent pas s'en emparer, mais elles qualifièrent celles qui mettaient à découvert leurs épaules et leurs seins de dames à ijorge nue.
Le pape lança une bulle.
Bulle, ordonnances^ tout fut impuissant; on décréta contre la soie^ le velours, l'or^ l'argent,
les dentelles, et on en porta constamment. Sully s'avisa d'un expédient, il défendit :
« De porter ni or, ni perles, ni diamants, ni dentelles d'Italie sur les chapeaux et habits, excepté cependant aux fdles de joie. »
Ce moyen réussit pour un moment, mais le goût des toilettes ruineuses était trop enraciné pour ne pas reparaître, et, sous Louis XIIl, il régnait en maître absolu .
Les masques reparurent sous le nom de loup, parmi les dames de la cour, et bientôt toute la noblesse féminine l'adopta ; il disparut, toutefois, à la mort de Louis XIII, mais les dames de qualité l^i
le portèrent encore à la main et s'en couvrirent le visage au grand air, jusqu'à Louis XVI. Wr
Nous avons prononcé à plusieurs reprises le l.i
mot de mandions.
Leur origine remonte aux premiers temps de la monarchie: quelques fourrures, telles que le menu vair et l'hermine, étaient les signes distinctifs de la haute noblesse; les dames nobles furent
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longtemps seules en possession du droit de porter des manchons de cette sorte.
Oui, robes, manteaux, coiffures, manchons, tout ce qui constitue la toilette fut soumis au contrôle de l'autorité royale; et le privilège de s'habiller de certaines étoffes de couleurs spéciales fut accordé cemme marque de rang élevé ou de dignité.
Cette distinction établie entre les femmes des simples gentilshommes et les filles des titulaires des hautes charges, donna lieu à bien des jalousies et des haines.
Mais la révolution de 1789 fit justice de toutes les ordonnances et lois somptuaires, en établissant la liberté illimitée du costume ; et, de nos jours, bourgeoises ou dames nobles, ouvrières ou femmes de hauts fonctionnaires ont le droit de se promener par la ville, habillées delà même façon, laissant à l'homme de goût le soin de deviner d'un seul coup d'œil la femme du monde ou la femme du peuple, sous la soie ou le velours dont elles se parent.
DES COSTUMES PARTICULIERS Al'X DAMES. S45
Nous avons parle, dans notre preniitT chapiln^ des couronnes qui peuvent entrer, comme ornement, dans la coifTure, ou qui, plus habituellement, se brodent sur les mouchoirs ou tout autre objet ; nous rappellerons aux dames nobles que :
La couronne de baronne est un simple torlil do perles enlacé autour d'un cercle d'or.
La couronne de vicomtesse, un cercle d'or sur lequel sont rangées quatre grosses perles et quatre petites alternées.
Celle [de comtesse, un cercle d'or et seize perles.
Celle de marquise, un cercle d'or soutenant quatre fleurons cl des perles allernées.
Celle de duchesse, un cercle d'or supportant . 1 j
des feuilles d'ache ou fleurons refendus.
Li broderie ou lagravure ne représentent que l:j
trois grosses perles et deux petites pour la première; neuf pour la seconde; un fleuron et deux demi-fleurons avec deux perles pour la troisième et cinq feuilles d'ache pour la quatrième, puisque les couronnes sont vues de face. tili
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Les Chroniques de la cour du roi d^ Arles mentionnent le renom dont jouissaient les modes du pays de France dans les États du roi Rodolphe, et content, à ce propos, une anecdote qui mérite la peine d'être rapportée.
Ce roi avait pris sous sa protection, vers il93, les trois filles du comte français Adhémar de Valence, Marie, Marthe et Madeleine, dont le père était parti pour la croisade ; elles avaient introduit à la cour les modes françaises, ce qui l'avait divisée en deux camps : l'un composé des gens attachas au costume national ; l'autre, de partisans de l'innovation.
Madeleine, la plus jeune, était le chef de ce dernier parti; à la tête du premier se trouvait le sire de Bédos, fou du roi, qui s'était tourné contre Madeleine, après l'avoir demandée en mariage et s'être vu refusé avec mépris.
Or, désireux de prendre femme, bien qu'il fût nain et outrageusement contrefait, il adressa ses hommages à Marthe, la sœur cadette.
Depuis quelque temps il courait sur le compte
de Madeleine des bruits qui entachaient fort sa vertu; et le fou, jaloux de voir qu'elle accordait facilement à d'autres des faveurs qu'il lui était interdit d'espérer, se vengea d'elle par un mot plein de méchanceté.
Un jour qu'en devisant avec les trois sœurs, Marie lui dit en riant de l'invoquer, il prit la parole et répondit sur-le-champ :
— Marie, pleine de grâce', soyez bénie entre toutes les femmes ; priez Dieu qu'il dispose favorablement pour moi le cœur de votre sœur Marthe, et qu'il pardonne à Madeleine qui a péché.
Rouge de confusion, Madeleine se retira; mais elle alla, tout en larmes, trouver le roi à qui elle raconta l'impudent sarcasme de son fou, et le supplia de lui permettre de venger son honneur faussement attaqué.
Rodolphe avait pour Madeleine une affection des plus vives; il se sentit tout disposé à lui accorder ce qu'elle demandait, et l'autorisa à faire choix d'un chevalier pour épouser sa querelle et la soutenir en champ clos.
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Non-seulement Madeleine rencontra autant de champions qu'elle en désira, mais la demoiselle étant le représentant des partisans de la mode française, et le fou celui de la mode nationale, il se présenta pour l'offenseur autant de combattants que pour l'offensée.
La lice fut ouverte et appelée la lice de la mode.
Tous les tenants de Madeleine furent vaincus, quelques-uns tués, tous les autres blessés.
Ce que voyant le roi, il s'inclina devant ce^wgement de Dieu et défendit, sous les peines les plus sévères, les modes françaises, ordonnant, qu'à l'avenir, toute dame ou damoiselle^ dans les royaume et cité d'Arles^ ne porteraient robes ou mantels^ affiquets ou enjolivements à la mode du pays de France^ et se vêtiraient à lus et coutume du pays.
Sous Louis XV et Louis XVI, aux bals parés de la cour, donnés à l'occasion d'une solennité quelconque, les dames n'étaient admises à danser qu'en toilette de bal paré, c'est-à-dire en grands
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habits avec paniers ; des grands corps à épaulettes découvrant les épaules, des souliers à talons et à pointes, des bas dérobes traînants, un habit d'une riche étoffe brodée d'or, une coiffure d'une prodigieuse élévation et surchargée de pierreries ; de lourdes girandoles de diamants, suspendues aux oreilles, complétaient ce costume avec lequel, ajoute naïvement madame de Genlis, à qui nous empruntons ces détails, il était difficile de danser lestement.
Aux bals ordinaires, les dames étaient en dominos à plis par derrière, comme les robes de ville.
Ces dominos étaient sur des petits paniers ; ils avaient des amadis, de très-longues manches flottantes et des petites queues.
Aux bals de la reine, toutes les dames étaient en donainos de taffetas blanc.
Nous avons parlé tout à l'heure de grand habit, on appelait ainsi l'ancien costume de cour, qui ne pouvait être porté que par les dames présentées.
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L'ancienne coutume des deuils était établie comme suit sous la monarchie :
Les deuils de pères et mères étaient de six mois, ils se portaient pendant lés trois premiers mois : la laine en fleuret, popeline ou raz de Saint-Maur, la garniture d'étamine avec effilé uni, les bas et les gants de soie noire, les souliers bronzés ainsi que les boucles.
Si c'était en grand habit, on prenait lés bonnets d'étamine noire, les barbes plates garnies d'ef- , filé uni, la coiffe pendante, les mantilles de même étoffe, ainsi que l'ajustement et les manches de crêpe blanc, garnies d'effilé uni, pendant les six premières semaines.
Si c'était en robe, on portait les bonnets, les barbes, les manches et le fichu de crêpe blanc garni d'effilé uni.
Au bout de six semaines on quittait la coiffe, on prenait les barbes frisées et on mettait les pierres noires.
Les trois mois finis, on prenait la soie noire pour six semaines, le poult de soie en hiver, le
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taffetas de Tours en été, avec les coiffures, manches, fichu de gaze brochée, garni d'effilé découpé, diamants.
Les six dernières semaines, on portait le blanc uyi ou le noir et le* blanc avec la gaze brochée et les agréments pareils.
Pour les deuils de grand-pères et grand' mères, l'étiquette était la même, six semaines en laine, six semaines en soie et six semaines en petit deuil.
Frères et sœurs : un mois la laine, quinze jours la soie, quinze jours le petit deuil.
Oncles et tantes : trois semaines en soie, dont quinze jours avec effilé, sept jours avec gaze brochée ou blonde.
Cousins germains : quinze jours : huit avec effilé, sept avec gaze brochée ou blonde.
Oncles à la mode de Bretagne : onze jours : six en noir, cinq en blanc.
Cousins issus de germains : huit jours : cinq eh noir, trois en blanc.
Maris : le deuil était d'un an et six semaines ; pendant les six premiers mois, les veuves portaient
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le raz de Saint-Maur de laine, la robe' à* giânde queue retroussée par une gansé attachée au jupon sur le côté et qu'on faisait ressortir par la poche, les plis de la robe arrêtés par devant et par derrière, les deux devants joints par des agrafes Çfa des rubans, point de compère, les manches en pagode.
La coiffure de badi^te à grands ourlets,' les manches plates à un rang et graild ourlet, le fichu de batiste aussi à grand ourlet, une ceinture de.crêpe noir, agrafée par'devant pouf arrêter les plis de la taille, les deux bouts pendant jusqu'au bas de la robe.
Une écharpe de crêpe plissée par derrière, la grande coiffe de crêpe noir, les gants, les souliers et les boucles bronzés, le manchon revêtu de raz de Saint-M§iiu*:*sa«s. garniluf.ey.©u l'éventail 'de crêpe. , ' ) ^ .
' Les six autres mois, la soie noire, les manches et garnitures Se crêpe blanc et les pierres noires.
Pendant les six dernières semaines, le noir et
le blanc seulemenl el non pas le blanc uni. La coiffure et les manches de gaze brochée ; les agréments, ou tout noirs ou tout blancs, au choix de la veuve.
Les antichambres des veuves devaient être tendues de noir, la chambre à coucher et le cabinet, de gris pendant un an, les glaces cachées pendant, six mois.
Les veuves ne pouvaient paraître à la cour qu'au bout des six premiers mois.
Les deuils de cour se portaient autrefois en blanc par la reine et par toutes les dames nobles; on ne prit et n'adopta la couleur noire que sous Charles VIII. .
Au moyen âge, on portait en signe de deuil le f
chaperon rabattu sur le dos et sans fourrure. [
L'étiquette établie sous le premier Empire diffère peu du cérémonial réglé par les rois.
Les deuils furent portés par l'impératrice, les
princesses et les femmes des ministres, des grands
officiers de l'empire, civils et militaires, celles
des officiers de la maison de Leurs Majestés, et j
généralement par toutes les personnnes présentées.
Les deuils de cour se divisent en grand deuil et en deuil ordinaire et se partagent en trois temps : 1* la laine; 2° la soie et les pierres noires; 3** le petit deuil et les diamants.
Premier temps ou grand deuil : vêtements de laine noire pendant la première moitié de ce premier temps, coiffure et fichu de crêpe noir ; pendant la seconde moitié, coiffure et fichu de crêpe blanc garni d'effilé uni.
Deuxième temps ou deuil ordinaire : vêtement de 'soie noire ; en hiver le poult de soie, en été le taffetas de Tours ; les coiffures et garnitures en crêpe blanc garni d'effilé.
Troisième temps ou petit deuil : le blanc uni ou le noir et blanc ; hors le temps où la cour est en grand deuil, nul ne peut s^y présenter en grand deuil, sans en avoir la permission de Sa Majesté.
Lorsque la cour est en deuil ^ aucune personne^ même celles qui demandent audience et qui ne