C'esl-à-dirc : attendu que
au bailleur « une .oge a son choix pour luy, ses enfans et amys, leurs vies durant, sans aucune chose en payer ». Nous y apprenons que la a maison des sots attendants > de la rue Darnetal, était hypothéquée, au profit des Confrères, d'une rente de 25 livres, rachetable pour 300; car ils cèdent cette hypothèque à leur bailleur, Jean Rouvet. Aussi, maître Anthoine Caille c maire-sotte » est-il présent au contrat*.
L'acte de vente en forme fut signé par les deux parties contractantes, le jeudi 30 août 1548*.
Il ne restait plus qu'à obtenir du Parlement l'autorisation de recommencer les représentations sur le nouvel emplacement. C'est alors que des difficultés imprévues surgirent. Les ennemis de la Confrérie avaient profité de cette interruption forcée de ses jeux pour la desservir auprès des magistrats. Elle était en butte à la fois aux préventions littéraires des uns, aux scrupules religieux des autres. La Renaissance et la Réforme avaient singulièrement modifié l'esprit public depuis trente ans. Le goût était devenu plus délicat; la conscience plus timorée. Le répertoire du moyen âge, les mystères, les miracles, les moralités, les farces, les sotties, paraissaient grossiers aux esprits qu'avait ressaisis l'amour de la forme antique, et qui ne rêvaient plus pour les Français d'autre originalité poétique et littéraire qu'une habile imitation de Sophocle ou de Térence. En même temps le comique mêlé à tous les mystères, les plaisanteries burlesques, les vulgaires réalités semées au travers des scènes augustes de la Passion scandalisaient les âmes religieuses, qui, en face du protestantisme agressif et railleur, ne croyaient plus qu'on pût sans péril laisser la foule rire avec les choses saintes.
Le scrupule littéraire ne touchait guère le Parlement; il ne prit point parti entre les confrères, représentant les vieux genres dramatiques, et les admirateurs des nouveautés renouvelées de l'antique. Mais frappé du danger que pouvait