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LES CONFRÈRES DE LA PASSION. i29

faire courir à la religion la représentation des mystères sacrés sur un théâtre aussi profane, il rendit le célèbre arrêt du 17 novembre 1548 :

Veu par la cour la requesle à elle présentée de la part des doyen, maistres et confrères de la confrérie de la Passion et Résurrection de Kostre Sauveur Jésus-Christ, fondée en Téglisc de la Trinité, Grand-ruë Sainct-Denis, par laquelle, attendu que par temps immémorial et par privilèges à eulx octroyez et confirmez par les roys de France, il leur estoit loisible faire jouer et représenter par personnages plusieurs beaux mystères à Tédification et joye du commun populaire, sans offense générale ne particulière, dont ils avoient cy devant toujours jouy, ils requeroient, d'autant que puis trois ans la sale de ladite confrairie appellée la salle de la Passion, avoit esté, par ordonnance de ladite cour, prise, occupée et employée en Thébergement des pauvres et que depuis les dits supplians auroient recouvert autre salle pour y continuer, suivant lesdicts privilèges la représentation desdicts mystères, du profit des quels estoit entretenu le service divin en la chapelle de la dite confrérie; qu'il leur fut permis faire jouer en la dite sale nouvelle, tout ainsi qu'ils avoient de coustume faire en celle de la Passion, et defences fussent faites à tous de jouer doresnavant tant en la ville que fauxbourgs etbanlieue de cette ville, sinon que ce soit soubs letiltre de la dicte confrérie et au profit d'icelle...; et sur ce, ouy le procureur général du roy, ce consentant, la cour a inhibé et deffendu, inhibe et deffend aux dits supplians de jouer le. mystère de la Passion Nostre Sauveur, ne autres mystères sacrez sur peine d'amende arbitraire, leur permettant néantmoins de pouvoir jouer autres mystères profanes, honnestes et licites, sans ofFencer ne injurier aucune personne; et deffend la dite cour à tous autres de jouer ou représenter doresnavant aucuns jeux ou mystères, tant en la ville, fauxbourgs que banlieue de Paiis, sinon que soubs le nom de ladicte confrérie et au profit d'icelle ^

Ainsi, cet arrêt, qui devait exercer sur les destinées de notre théâtre une influence considérable, renferme deux mesures distinctes : il consacre et affermit, entre les mains des confrères, le monopole théâtral, dans Paris et la banlieue ; il interdit aux mêmes confrères de représenter « aucun mystère sacré ». Cette date — le 17 novembre 1548 — est la date officielle de la fin de notre théâtre du moyen âge. Faisons observer toutefois que l'arrêt ne s'appliquait d'une foçon

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