LE ROI
Mon Dieu est Apollon, le Dieu qui m'a fait véridique et bon; il régit la terre, il règne au ciel. En lui seul nous devons croire.
l'enfant.
— Ton Dieu est menteur et méchant, siupide, aveugle, sourd et muet. Tel Dieu tu ne dois adorer, qui ne peut se gouverner lui-môme *.
Cependant Euphrosyne désespérée revient à l'église, et les consolatrices essaient vainement d'adoucir son chagrin ; mais elles lui donnent le bon conseil d'invoquer saint Nicolas. Gétron s'unit à ses prières et rappelle qu'on célébrera le lendemain la fête du saint a que toute la chrétienté doit dévotement honorer, vénérer, bénir. »
Le saint les exauce ; et pendant que le Roi se fait présenter à table une coupe de vin par l'enfant de Gétron, devenu son échanson, le jeune prisonnier est miraculeusement enlevé
1 vos dieux frivoles, insensibles et sourds, impuissants, mutilés, etc.
(Polyeucte), Lui seul est Dieu, madame, et le vôtre n'est rien (Aihalie).
par saint Nicolas, rapporté dans sa ville, et rendu à ses parents qui Taccueillent avec transport.
Tous ces petits drames offrent plusieurs traits communs dont le plus frappant est leur extrême brièveté. Il va sans dire que le développement des caractères y est tout à fait nul ; mais les situations mêmes n'y sont qu'indiquées. La légende, bien connue, y est rappelée dans ses traits principaux, non développée dans tous ses détails. On laissait beaucoup à faire, beaucoup à imaginer et à suppléer à l'esprit des spectateurs. Sur ce point, le mystère français devait, surtout vers la fin, user de procédés absolument différents. Les drames latins sont d'une sobriété qui confine à la sécheresse. Les mystères pèchent le plus souvent par une abondance qui ressemble à la prolixité.
Dans cette rapide analyse desprincipaux drames liturgiques, nous n'avons rien dit de la musique dont la représentation de ces drames était presque toujours accompagnée. Mais sur ce point spécial, nous avouons notre incompétence, et nous devons à regret nous borner à citer le témoignage du critique le plus versé dans la matière, Goussemaker. * Les drames liturgiques étaient chantés, dit-il S Tous ou presque tous sont accompagnés de leurs mélodies dans les manuscrits. Dans ceux où elle est omise, le copiste a soin d'indiquer dans les didascalies que le drame se chantait. . . » Ce chant était « une mélodie plane établie d'après les règles de la tonalité du plain-chant, soumise toutefois à de certaines lois de rythme ou d'accentuation, qui n'ont rien de commun avec la division exacte des temps. » Dans les drames purement liturgiques, la musique était « le chant liturgique ; on ajoutait seulement une mélodie spéciale à la partie du dialogue qui n'appartenait pas au texte liturgique. » Dans les drames qui s'éloignent de l'origine liturgique et dont l'inspiration est déjà presque entièrement individuelle, la musique offre le même caractère a même pour les parties du texte empruntées à la liturgie. C'est dans quelques pièces de celte dernière catégorie qu'on n'a pas tardé d'introduire les instruments et