‹ Les mystèresChapitre 57 sur 115 · T. ir, f 168, édition de Guillaume Alabat · texte numérisé non relu

T. ir, f 168, édition de Guillaume Alabat

vent il est relégué dans les rôles purement risibles, réservés à ces personnages vulgaires que nous venons d'énumérer, messagers, mendiants, voleurs, valets, tyrans. La règle générale est que les deux éléments dramatiques sont juxtaposés plutôt que mêlés.

En dépit des folies dont le mystère est rempli, il demeure par essence une œuvre grave. Un mystère est, il est vrai, intitulé : Mystère joyeux des trois Rois, C'est là une exception; l'œuvre est très courte, assez insignifiante, écrite par Jean d'Abundance en pleine décadence, vers 4544, à une époque où le sens traditionnel du théâtre du moyen âge était déjà perdu. Le comique, dans le mystère, était en somme épisodique plutôt que nécessaire; un accident, non un élément intégrant du poème; une broderie très prodiguée sur un fond sérieux. Si les auteurs des mystères eussent composé des poétiques à l'appui de leurs drames, ils n'auraient pas attribué au comique la place que Victor Hugo accorde au grotesque (dans la préface de Cromwell). Ils n'eussent jamais admis ce partage égal entre les deux éléments du drame.

Leur œuvre était avant tout sérieuse, ou du moins voulait et croyait être telle. Ainsi s'expliquent ces prologues pieux qui sont en tête de la plupart des mystères, ces sermons édifiants qui suivent le prologue ou en tiennent lieu et, sauf la forme versifiée, ressemblent à de véritables discours * ; ces épilogues dévots dont le dernier mot est toujours une exhortation pieuse, un souhait religieux, un acte d'espérance ou de foi.

1. Souvent ils ont VAve Maria (myst. de Saint Laurent^ etc.), toujours le texte. Slais J.*V. Leclerc {Histoire littéraire delaFrancet t. XXIV, p. 367) croit à tort que ces sermons étaient réels. 11 y voit une ruse pieuse des prédicateurs pour attirer la foule à leur parole par l'attrait du spectacle. Mais quand le sermon contient 300 vers, et le mystère 10 000, il est bien évident que le spectacle formait la partie essentielle de la séance.

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