‹ Les mystifications de Caillot-Duval avec une choix de ses lettres les plus étonnantes Suivies des Réponses de ses victimes Introduction et éclaircissementsChapitre 17 sur 69 · EXTRAITS DE L’ÉDITION DE · texte numérisé non relu

EXTRAITS DE L’ÉDITION DE

À Mademoiselle S..., de lPOpéra, à Paris (1).

(Incluse dans la suivante.)

Dresde, le 12 octobre 1785.

La haute réputation, mademoiselle, dont vous jouissez à si juste titre, n’est pas bornée à la France seule; elle a pénétré jusqu'aux glaces du Nord : vous le croirez sans peine, si vous vous rendez justice. Vos talens supérieurs, vos grâces nobles et piquantes subjugueroient le cœur le plus insensible. J’en viens au fait, mademoiselle : retenu dans une cour d'Allemagne, je compte n’être à Paris que dans le mois de janvier. Je ne vous demande point de préférence exclusive, mais simplement de me recevoir avec bonté.

J'ai l’amour-propre de croire que lorsque j'aurai l’avantage d’être connu de vous, mes tendres sentimens vous arracheront un aveu qui fera le bonheur de ma vie.

Mon chambellan, qui est avec mes équipages à Nancy, pour y attendre la princesse mon épouse, qui doit y passer l’hiver, vous fera parvenir ma lettre .

Nancy, le 1° novembre 1785.

Telle est, mademoiselle, la lettre que Son Altesse m’ordonne de vous faire passer :

je ne vous l’envoie pas en original, ses ordres portant expressément de la faire copier; elle a les plus grands ménagemens à garder jusqu’à son arrivée en France.

Monseigneur compte se fixer à Paris jusqu’au mois de juillet ; delà revenir à Plombières, où il rejoindra [a princesse son auguste épouse, dont l’état ne lui permet pas de se rendre à Paris, et qui passera l’hiver ici.

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Je ne vous parle pas du personnel de Son Altesse; vous en jugerez : si vous voulez me témoigner de la confiance, je vous donnerai, avec franchise, tous les détails que vous pourrez désirer. Je suis attaché au prince depuis son enfance; je lai vu naître, et il n’a rien de caché pour moi; Je vous dirai même que c’est à moi que vous devez cette bonne fortune. J’ai eu le plaisir de vous voir plusieurs fois, il y a deux ans : quoique je ne vous aye jamais parlé, je vous rappellerai des circonstances qui vous en feront ressouvenir.

Vous voudrez bien m’adresser votre réponse ici, et y joindre celle pour le prince, cachetée avec enveloppe. Il ne veut se nommer que lorsqu'il connoitra vos sentimens favorables ou contraires ; il sent, ainsi que moi, que vous pourriez avoir des engagemens impossibles à rompre.

J'ai honneur d’être, etc.

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Double Réponse.

Paris, le 3 novembre 1785.

Je fais un effort sur moi-même pour répondre à ce que vous daignez me faire écrire : je suis pénétrée d’un pareil honneur ; la lettre de ma sœur expliquera mieux mes sentimens.

Monseigneur,

de votre altesse la très-humble servante.

S... cadette,

Paris, le 3 novembre 178$.

L'état où se trouve ma sœur ne lui per-

met pas d'écrire en ce moment. Le der-

nier voyage qu’elle vient de faire à Fon-

tainebleau lui a causé des fièvres violen-

tes qui la retiennent dans son lit ; elle a

été seignée quatres fois. Sans cela elle auroit l’honneur de répondre au prince | qu’elle ne connoïît pas encore, mais que

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