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les choses flatteuses qu’il lui fait dire lui
font bien désirer de le connoître. Des pro- | cédés si honnaites pourroient bien faire
naître dans son cœur des sentimens qu’elle
n’a pas encore éprouvé. Nous espérons,
M., de votre bonté, ma sœur et moi, | que vous ne nous laisserez pas atten- | dre avec impatience une réponse dans laquelle sur-tout vous n’oublierez pas des circonstances que vous nous promettez :
nous vous prions, monsieur , de vouloir bien croire qu’on ne peut rien ajouter aux sentimens de reconnoissance et de respet | avec lesquels nous avons l’honeur d’être
vos très-humbles servantes.
S... Painée.
A Mademoiselle S..., de l'Opéra.
Nancy, le 11 novembre 1785.
J'ai recu, mademoiselle, votre lettre du 3, et celle de mademoiselle votre sœur ; j’ai fait partir sur-le-champ la vôtre
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pour Manheim, où le prince doit être depuis avant-hier ; jy ai joint une copie de celle de mademoiselle votre sœur. Si son altesse est satisfaite, comme je n’en doute pas, de la célérité que vous avez mise à lui répondre, elle sera bien touchée de l’état fâcheux dans iequel vous vous trouvez ; J'espère que vous m’informerez exactement des suites de votre maladie, qui ne peut être produite que par la fatigue du voyage de Fontainebleau ; et je compte que votre première lettre m’apportera des nouvelles satisfaisantes.
Je ne doute pas de recevoir sous trèspeu de jours, une lettre du prince pour vous; mais en attendant, voici les détails que je crois pouvoir vous donner, d’après mes conversations avec lui. Quoiqu'il soit naturellement très-généreux, il se trouve un peu gêné dans ce moment-ci, parce qu’il s’empresse de liquider toutes les dettes que son père avoit contractées avec le roi de Prusse, monarque aussi peu galant que créancier exigeant. En conséquence, voici à peu près ce que je crois pouvoir
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| vous ässurer qu’il fera pour vous : j'aime | mieux vous dire moins que plus.
| D'abord il veut une petite maison, seule, s’il est possible (pour vous s’entend), aux environs des boulevards ; il y | mettra mille écus ; il la garnira de six à | huit mille francs de meubles, habillera | deux laquais et un cocher, donnera une diligence et deux chevaux, le tout de cinq à six mille francs ; de plus vous aurez | cinquante louis par mois, et votre maison | sera défrayée de tout. Je ne vous parle pas | des petits agréments, tel que des loges aux | spectacles, et des cadeaux courans : voilà | ce dont je suis sûr. Je n’entre dans tous ces | détails qu’afin que vous sachiez sur quoi | compter : Je sais que l'intérêt n’est qu’une | chose bien secondaire, et que c’est le sentiment seul qui doit décider de tout; je L vous prie même de me garder le secret, puisque j’agis de mon chef, et à l’inscu du prince, qui men sauroit peut-être mauvais gré, vu que sa méthode est de cher- | cher à gagner et captiver les cœurs.
Lorsqu'il vous sera connu, vous serez