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de leur ennui une arme pour le combattre.
Dans la feuille littéraire du cru se remarquaient, entre autres médiocrités, certaines pièces dues aux loisirs d’un procureur picard, et lues par nos deux amis avec l’âpre Jouissance qui fait souvent dévorer d’un bout à l’autre la production la plus nulle. Ce procureur, nommé Le Cat, était attaché au présidial d’Abbeville; ils envoyèrent à son adresse une lettre bourrée de félicitations ridicules.
Malgré la perspicacité habituelle aux gens de robe, Le Cat y fut pris. Sa joie de trouver des admirateurs à cent cinquante lieues l’empêche de voir combien leurs félicitations sont ampoulées et ce qu’a de suspect leur désir d’entrer en relations avec lui. Il s’abandonne sans réserve aux délices d’un commerce aussi nouveau.
Les mystificateurs eux-mêmes sont étonnés de la facilité avec laquelle la proie a mordu à l’hameçon. Pareille réponse était, — ils le confessent ,— inespérée. Ce premier succès les enhardit; ils étendent leur cercle d’opérations, et, tout en ripostant de plus belle au robin, ils attaquent une fille d Opéra.
Pareil gibier à le nez fin.-— Le faux Caillot- Duval ne lignore pas, et il change de tactique ;
CASA ACL
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1] abandonne les cimes du Parnasse; il ne parle plus que d’argent, — de beaucoup d’argent.
Factotum prétendu d’un prince russe prêt à visiter Paris, et trop bienélevé pour s’y passer d’une maitresse entretenue sur un bon pied, il veut ménager cette bonne fortune à Mile Saulnier. Ainsi se nomme-t-elle.
Celle-ci connaît moins l’orthographe que le cœur des hommes, on s’en aperçoit à sa réponse. Loin de mordre avidement à l’appeau, elle tourne autour et cherche en l’effleurant des lèvres à reconnaître s’il cache un piége. Certes, la proposition lui paraît peu vraisemblable, et cependant pourquoi dédaigner une chance si belle quand :l n’en coûte pas plus de quelques ports de lettres? La fortune a ses invraisemblances, et les Russes sont, 1l faut bien le dire, déjà renommés pour leurs largesses dans notre monde galant : pourquoi ne serait-ce pas un boyard aussi fantasque que généreux ? Au pis aller , elle en sera quitte pour confier à sa sœur le soin d’écrire en son nom, de façon à se préparer un désaveu s’il y a là-dessous quelque manœuvre préjudiciable à ses intérêts.
Rien d’amusant comme la suite de ces deux correspondances : — car elles comptent entre les plus longues du recueil, et Caïllot-Duval se