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Quoique les ouvrages de M. Rétif me paroissent susceptibles de critique, à bien des égards, j’ai peut-être eu tort de lui Ps déclarer la guerre.
C’est un méchant métier que celui de médire.
Si vous cultivez les lettres, gardez-vous bien, monsieur, de labourer le champ ingrat de la satire ; elle ne procure que des désagrémens.
Je verrai vos ouvrages avec plaisir, et vous dirai ce que j'en pense, sans déguisement.
J’ai l’honneur d’être, etc.
Lente
P. S. Vous voudrez bien, à lavenir, affranchir vos lettres.
À M. le C'**, à Abbeville.
Nancy, le 25 octobre 1785.
C’est au retour, monsieur, d’un petit voyage , que jai trouvé ici votre lettre du
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2 qui m’attendoit. je suis infiniment flatté de tout ce que vous me dites d’obligeant ; je suis sur-tout enchanté de voir unie aux talens, cette modestie d’auteur, si rare aujourd’hui. Il seroit à désirer que tous les littérateurs du siècle suivissent un exemple aussi louable : nous verrions disparoître ces pamphlets, ces libelles injurieux , qui sont toujours le fruit d’un amour-propre déplacé. Alors régneroit cette douce harmonie, compagne du vrai mérite, qui parsemeroit de roses la carrière épineuse des lettres.
Vous trouverez peut-être que mon style se ressent un peu des lieux communs de rhétorique : je sens qu’il n’est pas encore assez formé; vous me rendrez un vrai service de me dire ce que vous y aurez trouvé de défectueux! J'espère profiter de vos observations judicieuses. Je suis désolé de n'avoir pu mettre encore la dernière main à un petit poëme en vingt-quatre chants, que je soumettrai à votre censure ; le titre en est : Amusemens de la campagne (il faut vous dire que je l’aime beaucoup). y ai