‹ Les mystifications de Caillot-Duval avec une choix de ses lettres les plus étonnantes Suivies des Réponses de ses victimes Introduction et éclaircissementsChapitre 41 sur 69 · A AAA LT · texte numérisé non relu

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inséré tous les détails qui peuvent rendre ce tableau piquant; je n’ai passé sous silence aucun des Jeux auxquels on s’y adonne; j'y ai même fait entrer les échecs, le domino et la dame polonaise, trois jeux que vous savez être de la plus haute antiquité. Si je ne craignois d’être trop long, je vous transcrirois ici l’épisode de la balançoire, dont j’ose croire que vous ne seriez pas mécontent ; mais, réflexion faite, J'aime mieux vous envoyer l’ouvrage en entier, dès qu’il sera terminé. Je compte pouvoir le faire paroitre au mois de mars.

Dans une ville où 1l y a une académie, il semble qu’on devroit avoir quelques nouveautés en littérature; mais depuis plusieurs mois on est uniquement absorbé dans l’étude d’une science qui a occupé tout Paris, et sur laquelle je seroïs bien curieux de connoître votre opinion ; vous me feriez plaisir de m’en parler un peu en détail, sur-tout du somnambulisme, qui me paroît être le nec plus ultrà de la science magnétique. Je ne vous en éCrirai ouvertement que quand vous m’aurez fait part

de votre façon de penser. Il a paru ici, à ce sujet, un petit ouvrage qui est devenu fort rare ; 1l est intitulé : Correspondance de M. Mesmer; si vous avez le désir de le connoître, Je m’arrangerai pour vous le faire passer, franc de port, et dorénavant j'en userai de même pour mes lettres : je concois que les littérateurs d’une certaine volée prennent leurs précautions , car, sans cela, ils seroient inondés d’un fatras de lettres, ce qui seroit aussi coûteux que désagréable.

J’ai l’honneur d

ns

'ÉtEEL ECS

A M. le C***, à Abbeville.

Nancy, le 24 novembre 1785.

L'état de dépérissement et de marasme dans lequel je me trouve , monsieur, depuis 15 jours , m’oblige de me servir d’une main

y étrangère pour vous rappeler l’indulgence avec laquelle vous avez bien voulu répon-

dre à ma lettre du 23 septembre : elle sembloit me promettre une correspondance suivie : à quoi dois-je donc attribuer le silence obstiné que vous gardez avec moi ?

Vos lettres eussent fait le charme de ma solitude : depuis mon arrivée dans cette ville je vois infiniment peu de monde, et absolument personne depuis trois semaines.

Mon poëme des amusemens dela campagne est tout à fait fini; je vais l’envoyer à Paris, et je n’omettrai rien pour que la partie typographique soit bien soignée. Il y aura vingt-quatre gravures, une à chaque chant, et de plus le frontispice. Vous concevez que cet ouvrage m’entraine dans de grands frais : mais j'espère en être dédommagé. Comme je ne veux pas cependant que vous attendiez deux et peut-être trois mois À avoir ce poëme, je vous en fais faire une copie (sans préjudice de l’exemplaire que je vous destine), et je compte qu’elle sera prète dans huit jours. Je pars pour Paris, si toutefois ma foible santé me le permet. Mon départ est fixé au 1$ du

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