D TA AR AR
auguré. M. de Pis n’est rien moins que propre à ce genre, bien différent de celui de briller dans les vaudevilles. Ses petits opéras offrent souvent des tableaux ingénieux ; il met beaucoup de gaieté dans ses ouvrages, mais on peut lui reprocher des calembours , de mauvaises pointes, et quelquefois une gravelure trop forte. Il ne faudroit pas moins qu’un Boileau pour nous donner un bon poëme sur l’harmonie imitative, etje ne doute pas que ce ne soit avec raison que vous n’ayez fait une sortie sur celui de M. de Piis.
Jai l'honneur d’être, etc.
Le:C:
À M. le C‘**, à Abbeville.
Nancy, le 14 décembre 1785.
Je suis infiniment sensible, monsieur, à l'intérêt que vous voulez bien prendre à ma fâcheuse situation : il m’est encore impossible de me rendre à Paris, comme je
croyois pouvoir le faire ; je ne puis m’occuper de choses sérieuses, et c’est ce qui mempèche de mettre la dernière main à mon poëme : ce qui me reste à faire seroit tout au plus Pouvrage de quatre jours, si je me portois bien. Je vais envoyer à Paris , et faire remettre, à l’adresse que vous m indiquez, la brochure sur le magnétisme, dont je vous ai parlé : je vous fais le sacrifice de mon exemplaire, car cet ouvrage .
est devenu introuvable. Je suis très-curieux de savoir ce que vous penserez de cette bagatelle; j'y ai trouvé de l'esprit, de la gaieté et des plaisanteries neuves; le style en est assez coulant, quoique concis ; je pense que vous ne serez pas non plus nécontent de la partie typographique.
Je vous remercie des éloges flatteurs dont vous m'honorez : si vous n'êtes membre d'aucun corpslittéraire, c’estquevousn’avez fait aucune démarche pour cela; mais il est une manière d'en faire, qui ne peut offenser votre délicatesse, et qui réussira probablement. Je n’avois pas, à beaucoup près, autant de titres littéraires que vous pour-