‹ Les mystifications de Caillot-Duval avec une choix de ses lettres les plus étonnantes Suivies des Réponses de ses victimes Introduction et éclaircissementsChapitre 46 sur 69 · ART · texte numérisé non relu

ART

HE riez en rassembler : si vous voulez essayer de ce que je vais vous dire, je suis persuadé que nous serons bientôt confrères.

Je suis dans la plus grande intimité avec le prince Kabardinski , frère puiné du prince Héraclius, que vous connoïissez sûrement de nom; c’est par son entremise que j'ai obtenu le titre flatteur dont je viens d’être décoré. Je puis compter assez sur son amitié pour être sûr qu’il ne refusera pas à mes sollicitations la même grâce pour un homme de lettres présenté par moi; en conséquence, je crois que, pour le disposer en votre faveur, vous devriez m'adresser, pour lui, une pièce de vers, dont voici le texte, en partie. Le prince est au mieux avec la Sémiramis du Nord; sa femme, qui est une Géorgienne, vient d’accoucher de cinq enfants mèles, ce dont il n’y a pas d'exemple : ils vivent tous. La mère seule a conservé un léger frémissement dans les muscles zigomatiques, ce qui fait qu’elle a toujours l’air de rire. Les cingenfants ont tous l’assurance d’une compagnie dans les volontaires de Crimée : voilà, si je ne me

a HR Lee

trompe, un canevas assez étendu. La forme de l’épitre me paroît la plus convenable. Si vous avez quelques épigrammes neuves et fraiches, vous pourrez me les envoyer aussi : le prince aime beaucoup ce genre-là.

J’ai honneur d’être, etc.

Réponse.

Abbeville, le 28 décembre 1785.

Je n’ai recu, Monsieur, que le 24 de ce

| mois votre lettre datée du 14 : jy vois avec peine que votre situation est toujours la

même. Ménagez-vous extrèmement, sur-

tout ne vous fatiguez point l'esprit par au-

cun travail littéraire. Le physique est telle-

ment lié au moral, que, quand celui-là

éprouve quelqu’affaissement , 1l faut laisser

celui-ci dans le plus grand repos. Quels | sont donc vos maux et les remèdes que vous leur opposez?

AM DR SAN CAIN sheet ds HT | Ver A LA Fr. AC A4 EX LS ER

: LA Le vif intérêt que je prends à vous est

le motif de ma curiosité ; j'ai été autrefois

si long-temps souffrant et valétudinaire, |

que j'en suis presque devenu médecin; du

moins ai-je fait quelques études dans Part

de guérir. Vous avez, je n’en doute pas,

des gens très-instruits qui vous dirigent,

mais 1] pourroit se faire que mes conseils

vous fussent salutaires , et vous savez

Qu'un sot quelquefois ouvre un avis important.

J'attends donc votre réponse à ce sujet sans retard. Comme je ne veux point vous priver de votre brochure sur le magnétisme, quand je aurai reçue et lue, je vous la ferai repasser, et même si votre voyage à Paris est encore différé pour quelque temps, ie pourrai vous la remettre moi-même, car je crois me rendre dans cette capitale vers la fin du Carême, et ce me seroit un bien grand plaisir de vous y voir, et de trouver cette occasion de resserrer plus étroitement notre liaison, je n’ose vous dire notre amitié.

J’adopte avec le plus grand empresse-

AN A oo NN SN NA IN

Page 1