LEFORT
Professeur et maître de musique pour le hautbois, la flûte et le basson.
A M. Duy.., au Grand Monarque, à Paris (6).
Nancy, le 27 novembre 1785.
Le goût, monsieur, que j’ai toujours eu pour les petits badinages de société, le succès flatteur que j'ai obtenu, l’année dernière, en Russie, et l’été passé, à Berlin, me fait espérer que la capitale accueillera favorablement les petites devises que je compte, par vos soins, y faire circuler. Je vais entrer avec vous dans un petit détail à ce sujet.
J'ai un porte-feuille rempli de devises à
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bonbons; j’en ai qui contiennent depuis deux jusqu’à seize vers. J’en ai dans six langues : le français, l'italien , Pallemand, l'anglais , l’espagnol et le russe. Je vous dirai de plus que j’ai de petites scènes, qui, jointes ensemble, forment une comédie ou un proverbe, de manière qu’avec une livre de bonbons, on divertit agréablement une aimable compagnie ; pour la facilité de les réunir, chaque morceau de poësie est numéroté. J’ai aussi bon nombre de chansons et d’épigrammes, qui, j'ose le dire, ne manquent pas de sel :
vous en jugerez. Si vous avez quelque sujet, je vous l’arrangerai en vers et même en musique, dans la langue que vous voudrez : si ce petit commerce vous plait, je me ferai un plaisir de lentretenir avec vous. Je n’ai pas Cru pouvoir mieux confier le fruit de mes veilles qu’à la crême des confiseurs de la rue des Lombards ; je vous proteste que vous êtes le seul à qui je m’en sois ouvert. Votre réponse m’apprendra quelle quantité vous voulez de pièces de vers, de chansons notées, et