‹ Les mystifications de Caillot-Duval avec une choix de ses lettres les plus étonnantes Suivies des Réponses de ses victimes Introduction et éclaircissementsChapitre 61 sur 69 · LE TA AE A · texte numérisé non relu

LE TA AE A

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m’empresserai de vous satisfaire. Nous parlerons après de nos arrangements ; ils seront aisés à faire avec un homme aussi raisonnable et aussi honnête que vous :

d’ailleurs, je suis désintéressé et ne travaille que pour la gloire.

J’avois envie de vous faire mystère de ceci, mais je n’y puis plus tenir; 1l faut que je vous le dise : c’est que je viens d’achever une tragédie intitulée : Le Tremblement de terre de la Calabre, en sept actes; ils sont partagés en soixante-dix morceaux de seize vers chacun, qui d’un côté, flattant agréablement le palais, par le secours de la pastille, de l’autre, communiqueront à l’âme une douce émotion par les images touchantes qu’ils renferment. Je travaille à l'Éruption du Vésuye, qui fera le pendant.

— J'ai l’honneur d’être, etc.

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Réponse.

Paris, le 11 décembre 1785. Monsieur, mes occupations sonst Sy considérable qua peine aige pû trouver lenstant de vous écrire pour vous dire que je ne peu rèpondre au dèsir que vous avé d’ouvrir une correspondance et un commerce de variétée amusante, le jour de l’an est trop près pour projeter rien en ce moment cy vous mussiez écrit 1l y a trois mois j’aurois pu vous donner une reponce plus favorable, a l’année prochaine très volontiers si cela peut vous convenir. J’ai l'honneur d’être , etc.

DuvAL.

A M. Car””, facteur de cors-de-chasse, à Paris (7).

Nancy, le 27 novembre 1785.

Le nombre infini de fameuses trompes, mon cher monsieur, qui sont sorties de vo-

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tre atelier, vous a mérité une réputation qui a volé jusqu’aux extrémités les plus reculées des régions hyperborées. Le prince qui m’a donné le département de ses chasses, m’a chargé dans le peu de temps que je dois être en France, de lui faire emplette d’une vingtaine de trompes de différentes grandeurs : je m’adresse à vous comme au prototype des bons corneurs ou corniers de France (mon style pourra vous paroître un peu bâtard, mais je ne parle que Pallemand et je ne connois pas la force des mots ; Car je suis obligé de faire ma lettre à coups de dictionnaire, et de suppléer aux termes que je ne trouve point). Faitesmoi donc la grâce de m’envoyer la grandeur et le prix de vos diverses trompes, et surtout de le faire tout de suite, pour que je vous commande l’envoi sur-le-champ, ne devant rester ici que jusqu’à la fin de décembre. J'attends l'honneur de votre réponse avec une joie qui ne pourroit bien ( se témoigner que par un étroit embrassement et une accointance familière. — Le prince désireroit savoir quelle est la pro-

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portion la plus forte possible pour une trompette marine; il en a une de huit pieds et demi, qu’il ne trouve pas suffisante pour l'usage qu’il en veut faire ; c’est pour appeler au rendez-vous, et il voudroit qu’on pût l’entendre de deux lieues à la ronde.

— J'ai l'honneur d’être, etc.

Réponse.

Paris, le 30 novembre 1785.

Je recois, monsieur, votre lettre du 27 passé. Il est bien flatteur pour moi que vous ayez jeté les yeux sur moi pour les achats que vous avez à faire, et ce seroit avec plaisir que je vous fournirois tout ce que vous désirerez; mais le temps que vous me donnez est beaucoup trop court et il me seroit impossible de vous servir avant trois mois d’ici : ainsi c’est avec regret que je me vois forcé de vous refuser votre demande sur mes prix. Quant à la

trompette marine que vous paroissez dési--

rer, je ne pourois pas en fournir une plus

forte que celle dont vous me parlez, et

celui qui l’a faite est sûrement un artiste

du premier mérite. — J'ai l’honneur d’être,

monsieur, très-parfaitement votre, etc.

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