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A M. Mazoyer, adjudant aux gardes françaises.
Nancy, le 2 décembre 1785.
Un brave militaire comme vous, monsieur, que ses talents ont élevé au poste éminent qu’il occupe, est plus dans le cas qu'un autre de donner de bons avis à quelqu'un qui se trouve dans ma position :
Jai deux petits-neveux qui brülent de signaler leur ardeur martiale; je crois ne pouvoir mieux les placer que dans un corps aussi recommandable au dedans que brillant au dehors : je dois vous les dépeindre , et je vais le faire.
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Ils sont de la même taille, si ce n’est que Paîné a trois pouces de plus et le cadet a cinq pieds cinq pouces cinq lignes. Ils n’ont aucun défaut physique. Ils ont dix-huit et vingt ans; ils sont doux comme des moutons, ne se permettent jamais un verre de boisson, et n’ont jamais fréquenté de femmes de mauvaise vie. D’après cela, je vous les présente en toute confiance ; ce sont de loyaux compagnons , bien élevés, sachant lire, écrire et les quatre règles. Le cadet passe joliment un entrechat, et l’aîné plastronne proprement : ça fera en tout d’aimables soldats. Je compte leur donner 18 livres par mois de haute paye pour eux deux :
je voudrois savoir quel engagement vous leur donnerez, et quelle perspective ils peuvent avoir. Dès que votre réponse me sera parvenue, je les ferai partir sur le champ, et je vous prie de me l’adresser le plus tôt qu’il vous sera possible. — J’ai l'honneur d’être, etc.