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Après six semaines de séjour à Biarritz qui avaient paru bien courtes à Clémentine et bien longues h Raphaël, monsieur et madame de Lafëre partirent pour Paris, et Raphaël et Clémentine pour Brindas. Il fut convenu que M. de Lafëre et sa femme viendraient y passer les vacances et qu'ils amèneraient avec eus leur petit garçon, Claire ayant déclaré qu'elle avait trop souffert d*ëtre restée deux mois sans son cher trésor.
En arrivant à Lyon, Raphaël et Clémentine allèrent voir le docteur Bérard. II avait prescrit pour tout remède du mouvement et de la distraction, jamais médication n'avait été plus efficace. Clémentine était resplendissaute de beauté et de santé. Mais Raphaël était maigri et changé. Des palpitations de cœur auxquelles il avait été sujet dans son enfance» et qui avaient disparu pendant son voyage anx Indes, le fatiguûent encore quelquefois. Le docteur prescrivit quelques remèdes^ et prenant Raphaël à part, il liû dit :
— Vous le voyez, cher monsieur de Nervieux, je ne m'étais pas trompé sur Tétat de votre femme. A préseot ne faites pas autour d'elle une solitude absolue. Le calme est bon pour vous, pour elle il ne vaut rien. Tâchez de concilier et vos goûts et les siens; quand on s'aime, rien n'est plus facile ; et souvenez-vous qu'il n'est jamais prudent de laisser pénétrer l'ennui dans son ménage. Si madame de Nervieux devient mère, tout ira bien. Je la connais assez pour savoir qu'elle n'aura pas besoin d'autres distractions que celles qu'elle trouvera auprès du berceau de son enfant. Après Téducation qu'elle a reçue, une réaction de la vie mondaine contre la vie mystique était inévitable. Cette réaction sera peut-être de peu de durée. C'est un équilibre à rétablir. Pour traiter les femmes du monde, cher monsieur de Nervieux, un médecin doit faire bien plus de psychologie que de physiologie.
Raphaël ne contestait pas la valeur de ces observations. Sans doute tout c«la était vrai ; et il lui faudrait voir s'écrouler pierre par pierre cet édifice de félicité conjugale qu'il avait construit, avec tant d'amour, dans un monde idéal qui ne ressemblait en rien au monde réel. Qu'il fût emporté par une tempête ou qu'il s'affaissât par impuissance de subsister, Raphaël se disait que le jour où il lui faudrait en considérer les tristes débris il serait d'autant plus malheureux qu'il ne souffrirait pas seul.
En rentrant à Brindas avec sa femme, Raphaël éprouva la sensation délicieuse de l'exilé qui touche le sol de la patrie. Clémentine paraissait presque aussi heureuse que lui. Il semblait à Raphaël qu'il avait été séparé d'elle depuis deux mois et qu'il la retrouvait aussi aimante que par le passé. Ses appréhensions disparurent II s'iQdig)»a
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contre lui-même. Comment avait-il pu croire qu'une femme comme Clémentine, avec un esprit si supérieur, une âme si élevée , pût regretter les stériles agitations d'une vie de plaisirs futiles? Elle avait pu s'en amuser quelques instants; c'était une nouveauté pour elle. Mais préférer les joies de cette vie tumultueuse aux joies de la vie à deux, Clémentine avait pour cela l'âme trop grande et le cœur trop aimant.
Il est certain que la vue de Brindas avait exercé sur Clémentine une salutaire influence. L'air qu'elle respirait sous ces beaux ombrages calmait ses' agitations. Elle aspirait au repos, et reconnaissante delà condescendance qile lui avait montrée Raphaël, pendant leur séjour à Biarritz, elle n'en éprouvait que plus vivement le désir de le rendre heureux.
Après avoir présidé au déballage des caisses qu'elle avait apportées, déballage qui causa des surprises sans nombre à Rosalie Mangon, Clémentine reprit ses études avec son mari. La vie coula douce et paisible pendant quelques semaines. Raphaël finit par croire qu'il avait fait un mauvais rêve.
Monsieur et madame de Lafëre devaient arriver à Brindas à la fin d'octobre. Raphaël écrivit à Frédéric pour lui rappeler la promesse qu'il lui avait faite de venir ouvrir la chasse dans le Lyonnais.
c Clémentine et moi, lui disait-il, nous désirons beaucoup vous voir arriver avec monsieur et madame de Lafère. Nous comptons sur vous pour nous aider à leur rendre *le séjour de Brindas aussi agréable que possible. »
Clémentine aurait bien voulu que son mari ne parlât pas h Frédéric du désir qu'elle avait de le voir revenir, mais sous quel prétexte pouvait-elle faire modifier cette
phrase? Les femmes, dit-on^ sont fertiles en expédients, et cependant Clémentine n'en trouva pas. Et d'ailleurs à quoi bon? Elle n'avait nul motif de s'effrayer du retour de Frédéric. N'était-ii pas amoureux d'Emma? Son mariage avec elle n'était-il pas à peu près arrêté ? Le passé devait être oublié. Et quand Raphaël lui proposa de siper, elle aussi, cette lettre si pressante, elle prit la plume, et mit au-dessous de sa signature :
c Tout ce que mon mari désire, je dois le désirer aussi. Venez donc à Brindas avec madame de Lafère, je regrette de ne pouvoir ajouter, et avec madame Frédéric de Lentilly. Mais d'après votre dernière lettre, je dois espérer que cette charmante Enoma sera bientôt ofta cousine, ou plutôt ma sœur. »
La conscience de Clémentine se trouva tout à fait rassurée.
— Certainement, se dit-elle, il faudrait que Frédéric fût bien fat s'il voyait dans ma signature autre chose que Texplication que je lui en donne. Il est léger, très-léger, — et la jeune femme soupira en pensant à celte légèreté de l'aimable capitaine de dragons, — mais il ne me codfondra jamais avec les femmes faciles qu'il a pu rencontrer.
Clémentine n'attendait pas sans une certaine impatience le moment de l'arrivée de ses hôtes. Son courage ne s'était pas longtemps soutenu. Brindas lui sen^ blait un désert; Rosalie, toujours mystiq^ue^ toujours en conférences avec le curé, lui était insupportable. La euré s'était montré fort scandalisé des allures mondaines que Clémentine avait prises à Biarritz; et il donnait à Rosalie la, mission de lui fake comprendre que ses toilettes
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étaient trop excentriques, ses crinolines trop volumineuses, ses robes trop courtes ou trop longues, ses cha*peaui trop petits. Voyant que les observations de Rosalie étaient inutiles, il déclama au prône contre le luxe extravagant des femmes, et fit des allusions fort peu voilées à celles qui, après avoir donné l'exemple de la simplicité et de la modestie chrétiennes , venaient scandaliser les fidèles par Textravagance de leurs vêtements. Raphaël fut très-mécontent de cette philippique. Mais madame de Lentilly, qui se trouvait précisément à Brindas ce jour-là, prit fait et cause pour le curé et fit à sa bellefille un véritable sermon de dévote, aigre-doux depuis le premier mot jusqu'au dernier.
— Ta femme se perd , dit-elle à Raphaël, le jour où elle retourna à Lyon. Quand tu as fait la folie de l'épouser, je me consolais en me disant que tu aurais une femme solidement chrétienne, et il n'en est rien.
— Ma chère mère, avait répondu Raphaël, ma femme est très-bonne chrétienne, je vous assure; la religion ne dépend pas de la forme d'un chapeau ou de l'ampleur d'une robe.
Ces tracasseries mesquines excédaient Clémentine. Les six semaines qui devaient encore s'écouler jusqu'à l'arrivée de ses hôtes, lui paraissaient devoir durer des siècles. Elle se remit à l'étude avec une ardeur fiévreuse. Raphaël lui fit là-dessus quelques représentations amicales. Clémentine lui répondit qu'un peu de fatigue intellectuelle valait mieux que l'annihilation de la pensée.
— Que veux-tu dire, ma chère enfant ? Tu ne peux craindre l'annihilation de ta pensée. Quelle pourrait être la cause d'un semblable malheur ?
— L'ennui, répondit Clémentine.
Effirayée du mot qu'elle venait de prononcer, elle regarda son mari : il était d'une pâleur mortelle, et dans ses traits bouleversés on pouvait deviner ce ipie ce mot avait eu pour lui de cruel.
— Pardonne-moi ! lui dit Clémentine en se jetant dans ses bras.
— Te pardonner, chère adorée, cela m'est bien facile; mais comment me pardonnerai-je à moi-même?
Et il sortit de ce cabinet d* études où il avait passé les heures les plus délicieuses de sa vie.
Il n'y eut point d'explication entre les deux époux. Tous les deux sembFaient redouter d'en provoquer une. Mais nous lisons dans le journal de Raphaël :
« 16 septembre 1865. — J'ai bu encore aujourd'hui quelques gouttes de mon calice ; sans doute je Tépuiserai jusqu'à la lie. Elle s'ennuie auprès de moi!... Elle me l'a dit. A sa stupeur j'ai compris que cette parole s*est échappée de ses lèvres, sans qu'elle en ait eu presque la conscience. Il y a eu révélation pour elle et pour moi; révélation douloureuse pour tous les deux ! J'ai cru pendant, les premiers jours qui ont suivi notre retour à Brindas; que nous allions reprendre notre vie douce et calme, et que nous y retrouverions le bonheur d'autrefois. C'était une illusion. Résignons-nous. »
Quelques jours après cette scène nénible, Raphaël proposa h sa femme d'inviter, pendant le séjour de monsieur et de madame de Lafère à la campagne, quelques personnes de Lyon et des environs de Brindas.
— Nous avons, lui dit-il, peut-être eu tort de nous isoler, comme nous l'avons fait jusqu'à présent. Le monde a iJ^ ipf Vtf k ootre égard ; ojais notre ran-
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cune a duré a^s^z longtemps; il faut faire notre paix avec lui.
Tout cela fut dit presque gaiement. Clémentine comprit que son mari lui faisait encore un sacrifice. Ce sacrifice, elle l'accepta; mais elle se montra si reconnaissante, si affectueuse, que Raphaël put croire encore au bonheur.
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L*ardeur des âmes pieuses pour la souveraioeté temporelle du pape était arrivée à son plus haut développement. D*aprës la convention de septembre 1864, nos troupes devaient cesser d'occuper Rome en 1 866. Les partisans du pouvoir temporel redoutaient, avec raison, une attaque du côté de Tltalie ; et ils savaient très-bien qu« les sujets restés fidèles au pape étaient trop peu nombreux pour lutter contre Timmense majorité des Romains qui veulent bien de Pie IX comme pape, mais qui ont en horreur le gouvernement des prêtres. Il fallait donc, de toute nécessité, une occupation étrangère assez forte pour maintenir au moins ce bon peuple romain. On perfectionna Tinvention des zouaves pontificaux; et bientôt cela lit fureur dans le monde catholique. Aussi, dans toute la contrée lyonnaise, on ne parlait que zouaves, on ne rêvait que zouaves.
Madame de Lentilly était particulièrement prise de
i:ette fièvre. Pour obéir aux inspirations de son zèle, elle résolut d'équiper h ses frais douze zouaves pontificaux; et, diaprés l'inspiration de Rosalie, elle décida que la commune de Brindas aurait la gloire de les fournir. Pour la somme de six mille francs, la châtelaine douairière de Brindas offrirait au Saint-Père douze défenseurs du plus pnr sang lyonnais.
Le curé de Brindas se pâmait de joie à Tidée que douze de ses paroissiens sauveraient la papauté.
Le joor où il eut cette certitude, il vint au château bénir les saintes inspirations de la comtesse. La scène fut des pias émouvantes. Elle se passa dans le grand salon. Rosalie, comme les prétresses antiques sur leur trépied, eut une espèce de visio» ou d*attaque nerveuse, et die s'écria tout effarée :
— Oh ! mon soidl ! mon soleU, que je n'avais pas vu depuis si longtemps, le voilà : il est revenu. J y vois l'immortel Pie IX glorifiant notre œuvre et faisant descendre sur la paroisse de Brindas, sur son pasteur et sur cette maison, toutes les bénédictions du cieL
Le dimanche suivant, l'œuvre des zouates pontificaux fut solennellement annoncée en chaire. Le curé rappeU le souvenir des croisades, l'ardeur que les chrétiens des grands siècles (style de son journal) avaient prouvée pour leur foi, les prodiges de leur valeur. Notre siècle ne pouvait rester eu arrière sur ces belles époques. Il fallait se croiser pour délivrer Rome < la .sainte, » menacée par les barbares de la Révolution. (Toujours style du pieux journal.)
Le curé n'oublia pas de parier du dénuement dans lequel se trouvait le Saint-Père. Le tableau pathétique qu'il traça de la profonde misère de Pie IX tira des larmes des yeux de toutes les dévotes. Les trois quarts
prirent à la lettre les hyperboles du curé, qui alla jusqu'à désigner le pape sous le nom « d'illustre mendiant. » — Il faut envoyer des zouaves au pape pour le défendre; il faut lui envoyer de l'argent pour l'aider dans son dénuement, — tel fut le mot d'ordre. L'enthousiasme gagna toutes les têtes féminines de Brindas.
— Nous, disaient les jeunes filles, nous, les pauvres ouvrières, nous allons porter à M. le curé,* pour être vendus au profit du denier de saint Pierre, nos boucles d'oreilles, nos croix d'or; nous y joindrons nos épargnes : vous, jeunes gens, partez pour Romel
Ce qui était triste, dans ce mouvement passionné, inspiré par le curé de Brindas et par Rosalie, c'est que beaucoup de ces filles généreuses avaient des parents dans la misère. Le curé le savait; et il acceptait leurs dons. La Semaine religiewe enregistrait les offrandes abondantes, les sacrifices du petit peuple de Brindas. Quelle gloire pour sa paroisse !
Ce fut là le plus grand succès du jeune curé. La population calme et virile, demeura étrangère à cette échauffourée d^ zèle. On eut bien de la peine à réunir cinq ou six mauvais drôles, à l'esprit aventurier, auxquels commençait à peser la vie des champs , et qui désiraient voir du pays. On les expédia à Rome avec un brave garçon, bien pieux, bien croyant, membre du tiers-ordre de Saint-François et ayant fait vœu de virginité ; il était chargé de répondre des autres.
Madame de Lentilly disait à Rosalie qu'il était triste qu'on n'eût pu trouver à Brindas qu'un si petit nombre de héros dévoués, et qu'il n'y en eût même qu'un seul sur lequel il fût permis de compter.
— Madame, avait répondu sentencieusement la mira-
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vulée, Dieu n'a pas besoin d*un grand nombre : mille en tueront dix mille.
Oh! les saintes âmes, que c'est terrible !
Frédéric de LentiUy à Prosper de Lanfeld.
Oiilteau'de Brindas, 10 octobre 1865.
< Aleajeicta est^ mon cher Prosper. Je suis ici avec ma permission signée par Raphaël, et, ce qui est essentiel pour moi, contresignée par Clémentine. Sans cela, je ne serais revenu à Brindas qu'après avoir pris mes grades dans l'honorable corporation des hommes mariés.
« Je devais faire le voyage avec H. et madame de Lafère; mais jamais les femmes ne sont prêtes au jour iixé. Deux fois le départ a été retardé. La troisième fois, comme il s'agissait d'une indisposition du petit garçon, qui pouvait se prolonger, je suis parti seul.
c Je savais qu'à Biarritz, Clémentine avait pris quelques allures de lionne. Lionne encore timide, supposaisje- J'ai trouvé, en effet, qu'il y avait eu transformation. Mon bel ange a tant soit peu reployé ses ailes. J'aime mieux cela. Elle est moins imposante. — Peu t'importe à présent, me diras- tu, puisque tu penses à te marier. — Aussi, je ne fais que constater la position : habitude de stratégiste, rien de plus.
« La main sur la conscience, je puis t'affirmer que je suis arrivé ii Brindas avec la ferme résolution de ne voir, dans Clémentine, que la femme de mon ami. J'avais fait des réflexions sérieuses sur mon avenir. Emma Larry est une charmante créature. Ce n'est pas une Clémeu* tine; mais, celle-ci ne pouvant être à moi, je trouvais
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que faire un mariage de raison avec une femme qai a tout pour elle, esprit, beauté, fortune, c'était de la chance. Je te dirai même que j'ai tout fait pour devenir amoureux d*Emma. Je le désirais si vivement que quelquefois je croyais avoir réussi.
c Avant de faire une démarche définitive, je voulais savoir si je convenais à mademoiselle Larry. Madame (le Lafère doit la faire expliquer là-dessus.
« Le souvenir de Clémentine m'était doux, mais il ne me troublait plus; et je me disais qu*il serait absurde de conserver de l'amour pour une femme qui ne m^aime pas et qui aime son mari, surtout quand ce mari est Raphaël, c'est-à-dire Tétre le plus parfait qui existe.
t Je l'ai revue, et je me suis trouvé pour elle ce que j'étais le jour où je m'en suis séparé. Je ferai tout pour assurer la réussite de mon mariage avec mademoiselle Larry. Mais s'il se rompait?
^ « Ma foi, je croirais à la fatalité. »
Frédéric à Prosper de Lanfeld.
18 octobre 18r:5.
« Madame de Lafère est arrivée ce matin avec son mari et son enfant. Elle a apporté la solution de mon problème. Je suis libre, mon ami; mademoiselle Emma ne veut pas être la comtesse de Lentilly. Elle aime, à ce qu'il parait, depuis longtemps, un jeune avocat plein d'avenir, mais sans fortune et qui, sachant bien qu'il serait refusé par M. Larry, homme positif s'il en fat, nV vait jamais demandé la main d'Emma.
t Celle-ci, en m'accepiant, aurait fait aussi nnmariage
de raison. C'est bizarre; mais ce qui me paraissait trësnalurel de moi à elle, me parait choquant d'elle à moi. Heureusement pour nous deux, le petit avocat vient de faire un héritage sur lequel il ne devait pas compter. Le voilà millionnaire. Il s'est fait présenter à M. Larry, et tu devines le reste.
<K Après avoir reçu mon arrêt de la bouche de madame de Lafère, — et Taimable femme était plus consternée que moi de ma défaite, — le hasard a voulu qu'en la quittant, je rencontrasse Clémentine seule dans le jardiD. Je lui ai appris que mon mariage n'aurait pas lieu.
< Clémentine a paru peu sensible à mon infortune, et si j'osais, je dirais que j'ai cru remarquer qu'elle en éprouvait une satisfaction réelle. Ohl si j'en étais sûr, c'est alors que je dirais : Fatalité !
« Jacques est ici avec moi. Il est plus que jamais amoureux de Rosalie; et je le crois décidé à Ini offrir son cœur et sa main, à présent que son engagement est terminé. Je ne crois pas au succès de Jacques. Rosalie, par ce mariage, descendrait du piédestal où elle s'est placée. Elle a bien trop d'orgueil pour y consentir. Jacques réussirait mieux d'une autre manière; mais je suis devenu trop vertueux pour lui donner ce mauvais conseil. »