L. Exode, VI, 16. Lévi vécut 137 ans
M. Exode, VI, 18. Caath ou Qéhat, fils de Lévi, vécut 133 ans;
N. Exode, VI, 20. Amram, fils de Qéhat et père de Moïse, vécut 137 ans ;
0. Nombres, XXXIII, 39. Aharon vécut 133 ans. Le chiffre 120 ans adopté pour l'évaluation du
maximum de la durée de la vie humaine était, dit F. Lenormant, un emprunt fait aux spéculations de l'astrologie chaldéenne. Le décret du Seigneur dans Genèse, VI, 3, représente donc simplement la plus ancienne forme du calcul chaldéen. Dieu n'y est absolument pour rien*.
3° CONTHADICTION SUR LE VKAU d'OR. — Exode, XXXII,
2, 3, 4. Aharon se fait remettre tous les ornements d'or que portaient les femmes, les fils et les filles; il en fond un veau d'or qu'il perfectionne avec le burin. Or, au verset 20, Moïse prend le veau d'or, le brûle dans le feu et en fait boire les cendres aux enfants d'Israël. n suit de là que le veau en or était un veau en bois! 4^ Contradictions sur les suites mortelles qu'entraînait LA VUE DU Seigneur. — » Exode, XXXIU, 20. Le Seigneur dit à Moïse : Tu ne pourras voir mon visage, parce que l'homme ne me verra point sans mourir. » Puis, après avoir indiqué à Moïse le rocher
1. F. Lekobiunt, Ori^nu de l'Hist., tome 1^% page 379 et suivantes.
OÙ il doit se placer : « 23. Tu me verras par derrière, mais il ne te sera pas donné de voir mon visage, » Or, au même chapitre, nous lisons : c 11. Le Seigneur parlait à Moïse face à face, comme un homme parle à son ami; après quoi Moïse retournait au camp. »
Exode^ XXIV. Moïse, Aharon, Nadab, Abihou et les soixante-dix anciens dlsraël montèrent vers le Seigneur : « 10. Ils le virent; et « 11. après avoir vu Dieu, ils mangèrent et burent comme auparavant î i
M. Reuss interprète ingénieusement les paroles du Seigneur à Moïse : Thomme ne voit pas la face de Dieu, c'est-à-dire VÊtre en lui-même; il ne le voit que par derrière, c'est-à-dire par ses œuvres, d'une manière indirecte.
5^ Contradiction sur les murmures des Israélites au Désert. — c Nombres, XI, 4. Les enfants d'Israël dirent : Qui nous donnera de la chair à manger? » Or, Exode, XII, 32, 38, dit que les Israélites avaient emmené d'Egypte avec eux de grands troupeaux de menu et de gros bétail. Le fait est rappelé au rocher d'IIoreb (Exode, XVII, 3; Nombres, XX, 4, 11).
6® Contradictions sur le pays appelé IIormah. — Arad et Hormah sont des localités situées sur les confins de Juda et du désert méridional. Le nom d'IIormah signifie ruine, destruction.
A. Nombres, XXI, 3. Les Kananéens de Hormah sont tous exterminés par Moïse ;
B.JosuéyXll, 14. C est Josu^é qui les extermine après la mort de Moïse ;
C. Juges, I, 16, 17. C'est la tribu deJuda qui les massacre après la mort de Josué.
Il y a plus fort ! voici d'autres textes où ce ne sont plus les Kananéens d'Hormah qui sont massacrés par les Israélites, ce sont eux qui taillent en pièces les Israélites à Hormah.
A. Nombres, XIV, 45. Les Kananéens battirent les Israélites et les mirent en déroute jusqu'à Hormah.
B. Deutéronome, I, 44. Moïse dit aux Israélites : Les Amorrhéens vous taillèrent en pièces jusqu'à Hormah.
Toutes ces légendes sont inventées pour expliquer rétymologie de t Hormah, ruine, destruction ».
Voilà ce que le Concile de Trente met sur le compte du Dieu infaillible, alors qu'en regardant la Bible comme une œuvre exclusivement humaine, il est si facile d'expliquer ces contradictions par la diversité des légendes qui ont servi à composer le Livre saint, et par la manière incohérente dont le combinateur les a découpées, puis insérées dans son arrangement définitif.
1^ Contradictions sur Jérusalem, capitale des Jébou- SITES ou Jébouséens. — JostLé, X, 23, 26. Le roi de Jérusalem est pris et égorgé. — XII, 8, 10. Le pays est conquis, le roi égorgé.
Or on lit dans t Josité, XV, 63 : La tribu de Juda ne parvint pas à chasser les Jébouséens de Jérusalem, et les Jébouséens ont habité Jérusalem conjointement avec les enfants de Juda jusqu'aujourd'hui. »
D'autre part, on lit dans Juges, l, 8 : Les enfants de Juda ayant attaqué Jérusalem l'avaient prise, en
avaient passé les habitants au fil de Tépée et avaient détruit la ville par le feu.
Mais voilà qu'au verset 21 du même chapitre on lit que les Benjaminites s'emparèrent de Jérusalem; c mais ils n'exterminèrent point les Jébouséens; les Jébouséens ont continué d'habiter jusqu'aujourd'hui dans Jérusalem » .
Enfin, pour comble de confusion, dans un des derniers chapitres du livre des Juges, XIX, 42, on dit qu'à Jérusalem il n'y avait que des Jébouséens; point d'Israélites!
8® Contradictions sur une loi pénale. — « Exode, XX, 5. Moi, l'Eternel, je suis un Dieu jaloux, punissant la faute des pères sur les fils jusqu'à la troisième et la quatrième génération. » Môme sentence dans JBajorf^, XXXIV, 7, et dans Nombres, XIV, 18.
Or le Deutéronome, qui d'après le Concile de Trente a été écrit par Dieu tout aussi bien que V Exode et les Nombres, prom^lgue formellement la loi suivante : € Deutéro, , XXjLV, 16. On ne fera point mourir les pères pour les enfants, ni les enfants pour les pères; nul ne sera mis à mort que pour son propre péché. »
Ézéchiel, également inspiré par Dieu, consacre son chapitre XVIII à repousser la cruauté de l'arrêt de V Exode et des Nombres; le développement du chapitre se résume dans le verset 20 : « Le fils ne portera point l'iniquité du père, et le père ne portera point l'iniquité du fils ; la justice du juste sera sur lui, et l'impiété de l'impie sera sur lui. »
Déjà, 2 Rois, XIV, 6, Amasias, fils de Joas, s'était
abstenu d'appliquer cette loi barbare dans une circonstance solennelle: « Il fit mourir les officiers qui avaient assassiné son père, mais il épargna les fils des meurtriers. »
' Comment Djeu infaillible et parfait peut-il, après avoir établi une loi stricte dans deux livres écrits par lui, déclarer dans deux autres livres également écrits par lui qu'il s'est trompé ; que la loi était injuste ; qu'il faut la réformer ? Ces contradictions sont inexplicables dans le système du Concile de Trente.
Mais en prenant la Bible pour ce qu'elle est, à «avoir, une œuvre exclusivement humaine, radoucissement apporté à la sauvagerie deTancienne loi est le signe caractéristique, non seulement de l'adoucissement des mœurs, mais aussi des progrès faits dans la conception de l'idée de Justice.
9° Contradiction sur Jabin, roi d'Azor. — Josué^ XI, 4-10, Josué prit la ville d'Azor et fit mourir par l'épée le roi Jabin. — 11. Il passa au fil de l'épée tous les habitants; il consuma la ville par le feu. — 13. Josué fait consumer Azor par le feu ; — confirmation du fait dans JosvSy XII, 19.
«' Les rois que vous tuez se portent assez bien », aurait-on pu dire à Josué, car voilà qu'après la mort de ce farouche conquérant, Jabin, roi d'Azor, non seulement n'est pas mort, mais il détient les Israélites sous une dure oppression pendant 20 ans (Jitges^ IV, 2, 3). Il fallut une grande bataille gagnée par Barak sur Sisara, général de Jabin, pour délivrer les Israélites.
iO<> Contradictions sur le sort des Kananéens. — Jomé, XI, 16-20. Josué s'empara de tout le pays de Kanaan; les rois furent mis à mort, les habitants massacrés, les villes détruites, àTexception deGabaon. Or le fait est démenti dans le livre de Josué même : « JosVjé, XVII, 12. Mais les enfants de Menasseh ne purent se rendre maître de ces villes, et les Kananéens s'obstinèrent à habiter dans ce pays. — 13. Dans la suite, les enfants dlsraël étant devenus plus forts obligèrent les Kananéens à leur payer tribut; mais ils ne se portèrent point jusqu'à les exterminer. »
Le livre des Juges et l'histoire de Salomon sont encore plus explicites.
A. Juges, I, 28. Dans la suite, Israël étant devenu plus fort obligea les Kananéens à lui payer tribut, mais il ne se porta pas jusqu'à les exterminer. —