Quatrefages, V Espèce humaine, page
cette croyance que le climat du globe, au moment de l'apparition de l'homme, était ce qu'il est aujourd'hui. Conclusion provisoire, avons-nous dit; nous savons maintenant, en effet, grâce aux travaux de Heer et de Saporta, que dans Tère tertiaire le Spitzberg et le Sahara étaient couverts de plantes attestant un climat uniformément tempéré. Il est prouvé aujourd'hui que rhomme vivait déjà à l'ère tertiaire; l'homme a donc pu trouver des conditions d'existence favorables jusque dans le nord de l'Asie; dans cette hypothèse, on devrait reporter plus au nord le berceau de l'Espèce humaine. Telle est l'opinion qui tend à prévaloir aujourd'hui auprès des philologues et des anthropologistes.
Que le berceau de l'Espèce humaine soit placé dans le massif central de l'Asie ou qu'il soit reporté plus au nord, cela importe peu à l'unicité de ce berceau; celle-ci semble bien acquise. Or, si les peuples de l'ancien continent ont eu un berceau unique, il en résulte que, tout en tenant compte des différences qu'ont amenées les évolutions historiques et la puissante influence des milieux divers, on doit retrouver un fonds commun dans les légendes, les mœurs et dans les religions, au moins dans les groupes qui appartiennent au même embranchement. C'est préci- * sèment ce que les découvertes de la science moderne ont mis en pleine lumière.