MIGRATIONS DES PEUPLES PRIMITIFS
Les voyages contemporains d'exploration dans les déserts du Turkestan (le Touran des auteurs) et dans ceux de Tlrân (la Perse contemporaine) ont fait connaître pourquoi ces régions autrefois habitées sont devenues inhabitables ; cette cause est la dessiccation graduelle du sol. De nombreuses rivières se sont taries; on peut reconnaître les sinuosités de leur ancien lit sous Tamoncellement des sables. Un lac, l'Arski-Koul, d'une superficie de 320 000 kilomètres carrés, où les vaisseaux russes mouillaient en 1860, était totalement vidé en 1873 ; les troupes du général Lomakine purent le traverser à pied sec * .
En 1866, un explorateur russe, M. Nicolsky, a constaté que le niveau du lac Balkhach s'abaissait d'un mètre en 15 ans. La quantité d'eau évaporée par le Balkhach annuellement est telle que si elle était versée sur la ville de Paris dans les limites des fortifications, elle atteindrait une hauteur de 17 mètres ^.
Le vaste plateau de Tlrân subit le même phénomène de dessèchement; il était jadis occupé par une mer intérieure (Elisée Reclus). Le désert iranien commence <aux environs de Téhéran et s'étend jusqu'aux frontières de l'Inde et à celles de l'Afghanistan.
Les phénomènes extraordinaires dont ces contrées sont le théâtre expliquent suffisamment les migrations