Le Hythe l«KendBlre ; aes variétés
L;i tendance anthropomorphique ne s'applique pas
sc'uii'nient aux phénomènes de la nature ainsi qu'aux Vi'rili's de l'ordre moral, elle s'exerce également sur
I. S UM Mathieu, chap. IV ; — Apocalj/pie. XII, 7. Alorâ il y l'ul lin (,'pand combat daos le ciel. Michel et ses anges eom- Liallirrnt contre le Dragon, et le DragOD avec ses anges combaUiLii:nt cootre lui — 8. Hais ceux-ci furent les plus faibles; et Itiur place ne se trouva plus dana le ciel — 9. El le grand Tlragon. le serpent ancien qui est appelé le Diable ou Salan fut précipité en lerre... >
LE MYTHE (jA
les choses humaines d'un ordre inférieur, telles que les faits de l'histoire primitive, à savoir, origines nationales, migrations des tribus, traditions relatives à des chefs, à des localités, etc. Aux mythes de cette catégorie on donne ordinairement le nom de Mythes légendaires.
Notons d'abord qu'il ne faut pas confondre un personnage légendaire avec la légende d'un personnage. Un personnage est dit légendaire lorsque celui auquel sont attribués certains actes n'a jamais existé; il est une pure création de l'imagination populaire. Exemple : Hellen, fils de Deucalion, célébré comme étant le père des Hellènes, est un personnage légendaire.
Mais si le personnage auquel on attribue des actions fictives a réellement existé, on dit alors non pas qu'il est légendaire, mais qu'// a une légende; on parle de sa légende. Exemple : Charlemagne et le comte Roland ont réellement existé ; ce ne sont donc pas des personnages légendaires. Mais les Chansons de gestes font de tous les deux le centre d'aventures fabuleuses; on dit alors pour qualifier les récits imaginaires dont ils sont les héros : la légende de Charlemagne, la légende de Roland.
Enfin, la légende isolément prise n'implique pas l'idée d'une vérité de l'ordre physique ou de l'ordre moral, ainsi que le fait le Mythe. Aussi de même que l'on doit dire : La légende de Charlemagne, de même doit-on dire : Le mythe d'Hercule. Hercule, en effet, est l'incarnation du Soleil; les douze travaux qu'il accom-
plit sont les douze signes du Zodiaque que parcourt le Soleil dans sa révolution apparente.
Dans rantiquitë ainsi qu'aux xvn® et xviii® siècles de Tère chétienne, on essayait d'interpréter les récits mythologiques par l'histoire ; les dieux, les demi-dieux, tels que Jupiter, Apollon, Hercule, Persée, etc., étaient présentés comme d'anciens rois grecs, ayant historiquement vécu. Dans ce système d'interprétation, on pouvait dire exactement : la légende de Jupiter, la légende d'Hercule. Aujourd'hui que ce système d'interprétation a été démontré faux, l'expression de légende ne peut plus convenir; elle est insuffisante; elle ne rend plus toute l'idée qu'il faut exprimer. l\ serait bon que l'usage qui s'en est conservé dans les écrits fût définitivement banni.
Parmi les mythes légendaires on distingue les mythes ethnographiques (du grec eôvoç peuple, ^potcpsiv décrire), les mythes étymologiques (du grec £Tup.oç véritable, Xoyoç diction), et les mythes sacerdotaux.
I. Mythes ethnographiques. — Les mythes ethnographiques se divisent en deux séries :
A. Ceux qui sont destinés à représenter le rapport entre deux nations parentes et voisines, ou entre deux tribus de la même nation, mais séparées par une antipathie héréditaire.
B. Ceux qui sont destinés à dépeindre le caractère ou le type moral d'un peuple ou d'une race.
H. Mythes étymologiques. — Les mythes étymologiques sont ceux qui sont destinés à expliquer les noms de personnes ou les noms de lieux d'après cer-
taines étymologies, lesquelles sont la plupart du temps inexactes ou inadmissibles.
III. Mythes sacerdotaux. — Les mythes sacerdotaux sont ceux qui sont destinés à consacrer des rites ou des prescriptions sacerdotales.
NOTICE SOMMAIRE SUR LES DOCUMENTS ELEMENTAIRES DE LA BIBLE, PRINCIPALEMENT DE LA GENÈSE
Dans un livre antérieur. Les Erreurs scientifiques de la Bible, j'ai donné une notice assez étendue sur les phases de la formation de la Bible. Je me bornerai ici à un sommaire très court, mais suffisant pour Tintelligence et Tappréciation des textes.
Après le Retour de la Captivité de Babylone, les Docteurs de la loi résolurent de fusionner en un tout les documents publiés dans les siècles précédents. Par respect pour les textes, on se contenta de les découper en tranches qu'on disposa çà et là, les soudant Tune à l'autre avec une naïve maladresse. Souvent on ne fît que les enchevêtrer ou même simplement les juxtaposer. Personne ne peut plus dire l'époque précise où fut achevée cette œuvre d'arrangement ; la tradition n'a pas conservé le nom de celui ou de ceux qui se sont chargés de cette tâche. On est convenu de les représenter sous l'expression symbolique de le combinateur.
Pour faire son travail, le combinateur a eu sous la main le Recueil des légendes patriarcales, le Recueil des légendes héroïques, l'histoire sainte du Jéhoviste
OU Document jéhoviste et rhistoire sainte de FElobiste ou Document élohiste.
I. Recueil DES LÉGENDES patriarcales. — Les légendes patriarcales qui avaient cours parmi les tribus d'Israël furent réunies en un Recueil vers Tan 900 avant notre ère, en Ephraïm, sous le règne d'Omri ou d'Achah, son fils.
Voici dans la Genèse les passages suivis qu'on a reconnus comme appartenant au Recueil des légendes patriarcales :
40 Genèse, IV, Gain et Habel; chant de Lémech.
2o Genèse, VI, 1-4. Les Enfants de Dieu épousent le« filles des hommes.
S° Genèse, IX, 18-27. Ivresse de Noé; malédiction sur Kânaan.
4» Genèse^ XV. Dans une vision, l'Éternel dévoile l'avenir à Abraham.-
50 Genèse, XVIII. L'Éternel déjeftme chez Abraham.
6® Genèse, XIX. Les Anges à Sodome ; Loth et ses filles,
7<> Genèse, XX. Abraham et Sarah chez Abimélek, roi des Philistins.
8° Genèse, XXI, 9-21. Agar chassée dans le désert.
9° Genèse, XXII. Sacrifice d'Isaac.
iO» Genèse, XXIV. Eliézer et Rébecca.
11° Genèse, XXVII et suivants. L'histoire de Jacob.
i2<» Genèse, XXXVII et suivants. L'histoire de Joseph.
IL Recueil des légendes héroïques. — Les légendes héroïques qui avaient cours parmi les tribus d'Israël furent réunies en un Recueil, vers l'an 900, en Ephraïm, sous le règne d'Omri ou de son fils Achab.
Ce Recueil comprenait deux volumes, à savoir, le livre des Guerres de Jéhovah et le livre du Juste.
A. he Recueil renfermait les chants héroïques insérés diiiis les récits de la Genèse, des Nombres, de Josué, des Juges et de Samuel.
\'oici quelques-uns de ces chants héroïques :
\'- Exode, XV, 1-18. Cantique sur le passage de la mer lioiige.
i" Nombres, XXI, 16-18. Chant relatif à la source de IJcÈr.
3" J\'ombres, XXI, 27. Chant sur la prise d'Hésébon.
10 Nombres, XXII, XXIII, 18-25; XXIV, 3-25. Les paroles rli' Italaam.
.'i" Jasué, X, 13. Chant sur la bataille de fiabaon. i>o Juges, V, 1-31. Cantique de Déborah.
7» â Samuel, I, 17-27. Elégie sur la mort de Jonathas. N" a Samuel, 1(1, 33-34. Début d'un chant sur la mort <i".\l)ner.
11. Le Recueil des légendes héroïques a fourni les [nifties dites jéhovistçs du livre de Josné et du livre dc^ Nombres;
11 fait surtout le fond du livre entier des Juges : i'x|jIoits de Gédéon, de Jephté, de Samson, etc.;
l'^nfin, c'est à lui que les deui livres de Samuel doivent leurs plus beaux éléments'.
Le Recueil des légendes patriarcales et le Recueil di's légendes héroïques, édités en Ephraïm, appar- Lii'iinent en propre au royaume d'Ephraïm.
ill. Histoire sainte du JinovisTE. — L'essai d'Hisloire sainte du Jéhoviste a été rédigé, vers l'an 825, en EphraTm, sous le règne de Jéroboam II, de la dynastie de Jchu.