‹ Les mythes de la BibleChapitre 38 sur 118 · V. — Le nombre · texte numérisé non relu

V. — Le nombre

Chacune des trois Triades précédentes prise isolément n'exprime qu'un des trois .aspects de la nature, c'està-dire un tiers de la nature ; l'expression complète sera donc les trois tiers, c'est-à-dire les trois Triades additionnées : 3 X 3 = 9. Le nombre 9 est donc celui qui symbolise le Tout; il est par excellence lenombredivin.

Des deux Triades de la vie universelle, lesGhaldéens avaient plus tard tiré logiquement trois Triades destinées à symboliser la Famille humaine, c'est-à-dire le père, la mère et l'enfant. Les voici :

1^^ Triade de la Famille : Anou, le père'; Anath, la mère; Ischou, le fils; postérieurement Ischou fut remplacé par Rammanou.

2® Triade de la Famille : Bel, le père ; Bilith, la mère ; Schinou, le fils.

3« Triade de la Famille: Héa, le père; Dawkina, la mère; Mardouk, le fils.

En additionnant les trois Triades de la Famille, on obtient également le nombre 9.

Pas un nombre autant que le nombre 9 n'a frappé aussi vivement l'imagination des philosophes anciens et n'a exercé une influence aussi puissante sur leurs spéculations transcendantes. Ce mysticisme s'est transmis jusque chez les modernes. Le plus curieux exemple est fourni par l'immortel auteur de la Divine Comédie ^ Dante Alighieri, dans un ouvrage, moitié vers, moitié prose, La Vie nouvelle, qu'il composa peu après la mort de Béatrix, vers l'an 1290 de l'ère chrétienne. Après avoir constaté que le nombre 9 apparaît plusieurs fois dans diverses circonstances de la vie ' et même de la mort de Béatrix, Dante écrit les lignes suivantes : « Si l'on cherche pourquoi le nombre 9 « accompagne toujours si amicalement Béatrix, en « voici une raison probable : Puisque, selon Ptolémée « et les vérités chrétiennes, il y a neuf ciels qui se « meuvent et que, selon l'opinion commune des astrot logues, ces neuf ciels transmettent ici-bas les com- « binaisons harmoniques auxquelles ils sont soumis « là-haut, ce nombre a été ami de Béatrix pour faire « comprendre que quand elle fut engendrée, les neuf t ciels mobiles se comportaient dans une parfaite « harmonie. Voilà déjà une raison,

€ Mais en considérant la chose plus subtilement et

« selon l'infaillible vérité, ce nombre fut elle-même t ! « En établissant une comparaison, voici comment « j'entends la chose : le nombre 3 est la racine de celui « de 9, puisque sans l'aide d'un autre nombre et par € lui-même il produit 9; car il est évident que 3X3 « = 9. Si donc le 3 est par lui-même créateur de 9 et t que le grand opérateur des miracles est par luit même Trois, c'est-à-dire Père, Fils et Saint-Esprit, « lesquels sont trois et un tout à la fois, cette dame t fut toujours accompagnée du nombre 9 pour donner < à entendre qu'elle était un Neuf, c'est-à-dire un « miracle dont la racine est l'admirable Trinité. On « pourrait sans doute établir cette vérité par des rai- « sons plus subtiles encore, mais celle que je viens de « donner me plaît plus que toutes celles que j'entrevois « encore '.»

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