I. ToPiNARD, Anthropologie, page i
tures, sous le rapport de l'archéologie, de l'art et de la mythologie; la recherche de l'histoire des langues etsubsidiairement de leur extension géographique ; la découverte des emprunts qu'elles se sont faits les unes aux autres dans le cours des temps ; la restitution et la correction des textes. La Philologie est donc une science historique.
La Linguistique est l'étude des éléments constitutifs du langage articulé et des formes diverses qu'affectent ou peuvent affecter ces éléments. Par cela qu'elle étudie les éléments du langage et leur fonctionnement, elle se rattache à l'anatomie et à la physiologie ; elle est donc une science naturelle.
Les phases par lesquelles peuvent passer les langues ou les familles de langues sont au nomhre de trois, à savoir, la forme monosyUahique, la forme agglutinante, la forme à flexion.
1° La forme honôsïl la bique consiste en ceci : Chaque mot est une simple racine, racine Invariable. La phrase n'est qu'une succession de racines monosyllabiques, isolées les unes des autres.
Les langues monosyllabiques principales, actuellement existantes, sont le chinois, l'annamite.
2» La porue agglutinante consiste en ceci : Le mo4 n'est plus composé de la racine seule, mais il est formé de l'union de plusieurs racines. En second lieu, dans cette juxtaposition, une seule des racines agglomérées garde s;i valeur réelle; les autres racines ne servent plus qu'à préciser le mode d'être ou d'action de la racine principale; le signification primitive de celle-ci
est sauvegardée. Voici un exemple d'une forme agglutinante emprunté au hongrois :
Soit la racine 2:«r qui signifie fermer, il fei^me.
A. En ajoutant la racine aty on a « zârat, il fait fermer ».
B. En ajoutant une deuxième racine gat, on a « zâratgat, il fait fermer souvent » .
G. En ajoutant une troisième racine hat, on a « zdratgathat, il peut faire fermer souvent * » .
Les langues agglutinantes principales, actuellement existantes, sont le japonais, le basque, le maggyar ou hongrois.
3<* La forme a flexion consiste en ceci : La racine peut, par une modification de sa propre forme, exprimer les rapports qu'elle affecte avec telle ou telle autre racine.
Les principales langues à flexion sont celles qui appartiennent :
A. Au groupe indo-européen : sanscrit; zend, grec, latin, allemand, etc. ;
B. Au groupe sémitique : chaldéen, hébreu, etc. Les langues à flexion ont passé préalablement par
les phases du monosyllabisme et de l'agglutination*. Il y a quelques années, on crut trouver dans le langage un critérium infaillible pour discerner les races et les classer, t Ce préjugé est aujourd'hui déraciné dans la science, car on Ta vu trop'nle fois démenti par les faits. L'usage de telle ou telle langue ne dépend