‹ Les mythes de la BibleChapitre 54 sur 118 · Voir page · texte numérisé non relu

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transformation d'une tradition remontant, à l'antiquité la plus reculée. Cette tradition d'accord avec l'Anthropologie moderne plaçait le berceau de l'Espèce humaine sur le plateau du Pamir, d'où s'écoulaient quatre grands fleuves, à savoir, le SirDaria ou laxartes des Grecs, TAmouDariaouOxusdes Grecs, THelmend et rindus. De ces quatre fleuves, la tradition hébraïque en a conservé deux, l'Iaxartes qu'elle appelle Pishon, et l'Oxus qu'elle appelle Gihon, celui qui arrosait le pays de Koush. Quant au nom des deux autres, ils se sont perdus dans la suite des siècles. Les Hébreux les ont remplacés par TEuphrate et le Tigre lorsque la légende du Déluge eut donné comme point central au second berceau de l'humanité le mont Ararat, en Arménie. Or les savants modernes pensent, non sans raison, que l' Ararat « Ar-urtu, la montagne élevée » (F. Lenormant) ne désigne pas nominativement un sommet particulier de l'Arménie, ainsi que la croyance s'en est établie, mais qu'il représente le haut plateau indéterminé où la tradition primordiale plaçait le berceau de l'Espèce humaine. Autrement dit, les Hébreux ayant postérieurement attribué l'appellation d'Ararat à un mont particulier d'Arménie ont été naturellement induits à remplacer deux des quatre fleuves de la tradition primitive par l'Euphrate et le Tigre qu'ils connaissaient et dont la position géographique concordait avec celle du nouveau berceau de l'humanité, à savoir, l'Ararat et l'Arménie.

Au demeurant, le Gihon du Paradis terrestre est TAmou Daria, ancien Oxus; le pays de Koush qu'il

entourait s'étendait de TOxus à l'Hindou Koush. « Dans ce pays, dit F. Lenormant, paraît avoir habité un peuple à peau brune, qui adorait un dieu Kouça, lequel, comme la plupart des personnages divins de la période anté-aryenne, a fini par prendre place, à un rang subordonné, dans la mythologie brahmanique * . »

Voici, d'après les monuments que Ton a découverts au xix« siècle, les caractères anthropologiques et les caractères linguistiques de la race de Koush :

1® Caractères anthropologiques. — « Les Koushites avaient la taille petite, le corps élancé et bien fait, la chevelure abondante, souvent frisée, mais jamais crépue comme celle du nègre; le teint foncé, variant du brun clair au noir; les traits réguliers, parfois délicats; le front droit, étroit, suffisamment élevé; le nez long, mince et fin, d'une taille moins accusée que celle de TAryen; seule la bouche était défectueuse, munie de lèvres épaisses et charnues.

2» Caractères linguistiques. — « Les Koushites parlaient une langue apparentée de très près à Thébreu, à l'arabe et aux autres idiomes sémitiques. L'explication la plus simple de ce phénomène est celle qui verrait dans les Koushites et dans les Sémites, non pas des races entièrement distinctes, mais les deux parties d'une même race civilisées à des époques différentes*. »

C'était l'opinion de Kreutzer et Guigniault : « Cette

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