‹ Les mythes de la BibleChapitre 55 sur 118 · F. Lenormant, Originet, tome IL page · texte numérisé non relu

F. Lenormant, Originet, tome IL page

2. Maspéro« Histoire ancienne des peuples de V Orient, pages 145, 146.

branche ancienne de la famille sémitique, partie la première du berceau commun, la première aussi parmi cette foule de hordes longtemps nomades, se fixa, puis s'éleva à la civilisation, pour devenir à ses frères demeurés pasteurs un objet d'envie et d'exécration tout à la fois * . »

En résumé, les caractères anthropologiques et les caractères linguistiques font des Koushites une branche, la plus ancienne et la plus importante, de la famille des Sémites.

n. MiçRAiAf. — Longtemps les savants modernes sont restés impuissants à discerner la véritable origine des Égyptiens. Aujourd'hui l'abondance des documents anthropologiques fournis par les monuments découverts et la connaissance approfondie de la langue ont permis de résoudre le problème : les Égyptiens appartiennent à la race sémitique.

1® Caractères anthropologiqîies. — « L'Égyptien était, en général, grand, maigre, élancé. Il avait les épaules larges et pleines, les pectoraux saillants, le bras nerveux et terminé par une main fine et longue, la hanche peu développée, la jambe sèche; les détails anatomiques du genou et des muscles du mollet sont assez fortement accusés, comme c'est le cas des peuples marcheurs; les pieds longs, minces, aplatis à l'extrémité par l'habitude d'aller sans chaussure. La tète, souvent trop forte pour le corps, préi sente d'ordinaire un caractère de douceur et même de

i. Kreutzer et Guigniault, ReligioM de V Antiquité » tome II, page 822.

tristesse instinctive. Le front est carré, peut-être un peu bas; le nez court et rond ; les yeux sont grands et bien ouverts, les joues arrondies, les lèvres épaisses, mais non renversées ; la bouche, un peu longue, garde un sourire résigné et presque douloureux. Ces traits communs à la plupart des statues de l'ancien et du moyen Empire se retrouvent plus tard à toutes les époques. Aujourd'hui môme les simples paysans ont gardé presque partout la ressemblance de leurs ancêtres. Tel fellah contemple avec étonnement les statues des anciens rois égyptiens qui reproduisent trait pour trait, à plus de quatre mille ans de distance, la physionomie de ces vieux Pharaons. La race égyptienne se rattache aux peuples blancs de TAsie antérieure par les caractères ethnographiques.

2<> Caractères linguistiques. — La langue égyptienne se rattache aux langues dites sémitiques par sa forme grammaticale. Non seulement un grand nombre de ses racines appartiennent au type hébrœo-araméen, mais sa constitution grammaticale se prête à de nombreux rapprochements avec l'hébreu et le syriaque. Aussi bien Tégyptien et les langues sémitiques, après avoir appartenu au même groupe, se sont séparés de très bonne heure, à une époque où leur système grammatical était encore en voie de formation. Désunies et soumises à des influences diverses, les deux familles traitèrent d'une façon différente les éléments qu'elles possédaient en commun.

En résumé : « Les Egyptiens appartiendraient à ce qu'on peut appeler les races proto-sémitiques. Venus

comme elles du centre de TAsie, ils passèrent en Afrique par Tisthme de Suez. Ils trouvèrent établie sur les bords du Nil une autre race, probablement noire, qu'ils refoulèrent dans Tintérieur *. »

3^ Descendance de Miçraïm. — « Genèse, X, 13. Miçraïm engendra Loudim et Anamim, Lehabim et Naphtouhim. — 14. Patrouhim et Gaslouhim desquels sont sortis les Philistins et les Kaftorins. »

A. Loudim représente les Égyptiens proprement dits, les Rotou ou Lodou des inscriptions hiéroglyphiques.

B. Anamim représente la grande nation des Anou qui, dans les temps anté-historiques, fonda On du Nord, plus tard Héliopolis, et On du Sud, plus tard Hermonthis.

C. Lehabim représente les tribus lybiennes qui vivaient à Touest du Nil.

D. Naphtouhim, en égyptien No-phtah, représente le rameau égyptien qui s'établit dans le Delta, au nord de Memphis, en égyptien « Haka-ptah, la ville de Ptah ou Phtah » , d'où dérive le nom d'Egypte.

E. Patrouhim, en égyptien « Pa-to-res, la terre du midi », représente le rameau égyptien qui peupla la partie située entre Memphis et la première cataracte.

Quant à la fin du verset 14, on pense qu'il y a une transposition ; que le texte primitif était : « 14. Gaslouhim et les Kaftorins, desquels sont sortis les Philistins. » En effet, les écrivains hébreux et les savants modernes sont d'accord pour regarder les Philistins comme originaires de la Crète. Les Philistins sont

Page 1