‹ Les mythes de la BibleChapitre 56 sur 118 · MASPéRo^ Histoire ancienne, pages · texte numérisé non relu

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appelésCéréthiens, c'est-à-dire Cretois, dans AmoSy IX, 7 'yJérémie, XL VII, 4 ; Sophonie, II, 5; 1 Samuel, XXX, 14- 46 ; ^Samuel, VIII, 18 ; Ezéchiel, XXV, 46. Les Philistins faisaient partie des tribus grecques (race aryenne) qui envahirent l'Egypte aux temps de Ramsès III. Battus par ce prince à Raphia, ils préférèrent entrer à son service plutôt que de retourner dans leur patrie lointaine; ils obtinrent de lui la permission de s'établir sur la côte méridionale de la Syrie. Le territoire qui leur fut concédé s'étendait du torrent d'Egypte aux environs de Joppé. On y trouvait jusqu'à cinq villes considérables. Gaza, Ascalon, Ashdod, Ekron et Gath, qui toutes commandaient les débouchés de la Palestine et les abords de l'isthme de Suez. Aussi les Pharaons avaient-ils cherché dès longtemps à s'assurer la possession du pays ; ils avaient entretenu des garnisons sémitiques à Gaza, mais ces garnisons sémitiques étaient peu sûres. Ramsès III introduisit une tribu étrangère sur la fidélité de laquelle il pensait pouvoir compter. Les Philistins prirent possession des cinq villes et s'unirent par des alliances répétées à la population primitive, dont ils adoptèrent la langue et la religion. La race qui résulta de ce mélange se divisa naturellement en deux classes : une classe populaire, formée surtout des familles kananéennes indigènes, et une aristocratie militaire, descendue des guerriers Cretois, vassaux et colons de Ramsès III *.

i. Maspéro, Hizt, ancienne^ page 300 et suivantes. — C'est à peu près ce qui s'est passé en Angleterre pour' les Normands^ à la suite de la victoire de Guillaume le Conquérant.

Ce petit résumé historique explique suffisamment comment TEIobiste, connaissant Torigine Cretoise des Philistins, a pu, sur la foi du langage kananéen que les Philistins parlaient en son temps, attribuer le peuplement de la Crète à une nation parente de Kanaan.

III. Kanaan. — Les Kananéens parlaient la même langue que les Hébreux, si bien que la langue hébraïque est nommée danslsaïela langue de Kanaan, « celle en laquelle cinq villes d'Egypte jureront par le nom de rÉternel ». {Isdie, XIX, 18.) L'origine sémitique des Kananéens éclatait donc aux yeux des Israélites avec une évidence incontestable. Comment TÉlohiste a-t-il pu être assez aveugle pour rattacher Kanaan à TEmbranchementchamite? Cette erreur ne s'explique que par la haine héréditaire qui existait entre les deux peuples, haine à la fois politique et religieuse, assez forte pour que i'Élohiste fermât volontairement les yeux sur l'évidente parenté de race entre Kanaan et Israël. Cette erreur ethnographique est le corollaire naturel du mythe de la malédiction contre Kanaan qui suivit Tacte irrespectueux de Cham. La cause véritable de la malédiction de JNoé contre le fils innocent de Cham donne la clé de l'aberration consciente de l'Élohiste.

Examen soMMAmE de l'Embranchement ghamite. — Le quatrième fils de Cham, Pouth, représente probablement les peuples de Libye. Du reste, l'Élohiste devait manquer de renseignements sur le rameau qu'il dénomme Pouth, car il s'est borné à cette simple

mention. C'est donc aux trois grands rameaux chamites

Koush, Miçraïm et Kanaan que doit se restreindre Texamen critique. Or nous avons vu que les caractères anthropologiques et les caractères linguistiques rangeaient les Koushites, les Égyptiens et les Kananéens dans la grande famille des Sémites. Il résulte de là que TEmbranchement chamite de TÉlobiste n'a pas de raison d'être; Koush, Miçraïm et Kanaan doivent être restitués à l'Embranchement sémite.

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