XI. — DiTision tripartite des généalogies
Nous venons de parler du mysticisme qui avait poussé rÉlohiste à omettre la race noire afin de conserver le chiffre 70 pour le nombre total des peuples de la terre. Il est temps de mentionner une autre préoccupation mystique qui a influé sur le nombre des embranchements généalogiques, à savoir, le nombre divin 3. Dans un chapitre antérieur, nous avons cité des exemples frappants empruntés aux Aryas de TTnde ainsi qu'aux Ghaldéens ; ce mysticisme était partagé par les Hébreux comme par tous les peuples de l'Orient; les grandes souches de races ou de peuples sont tripartites.
1® La ligne de Gaïn, fils d'Adam, aboutit à Lémech, qui a trois fils lYabal, Youbal et Toubalcaïn (Genèse, IV, 19-22);
2® La lignée de Seth, fils d'Adam, aboutit à Noé, qui a trois fils : Sem, Gham et Japhet.
3<^ La lignée de Sem, d'où sortira le peuple de Dieu, aboutit à Térah, qui a trois fils : Abraham, Nachor et Aran.
D en était de môme chez les autres peuples orientaux. Les Egyptiens admettaient la répartition de l'espèce humaine en trois grande races :
i^ Lés Amou, au teint jaunâtre, habitant l'Asie;
2® Les Tamahou, « gens du nord », à la coloration
blanche, répandus dans les îles et sur les côtes de la
Méditerranée ;
30 Les Nahasiou, les Nègres.
Les Égyptiens, il est vrai, se mettaient à part de ces trois divisions de l'humanité sous le nom de Lodou ou Rotou « Rot, en égyptien, la race par excellence ». Mais cette distinction n'est qu'une simple incartade de chauvinisme absurde, car en dehors des trois types blanc, jaune et noir, il n'y a pas de place pour un type égyptien.
Dans les antiques traditions iraniennes, on trouve aussi la division tripartite des races humaines, personnifiées dans trois ancêtres issus d'un même père. Ce sont les fils de Thraétona, le héros des premiers jours de l'humanité qui succéda à la domination impie de Azi-Dahâka. Les anciens noms zends de ces trois frères sont les suivants :
1® Çairima, qui correspond au Sem biblique;
2» Airya, qui correspond au Japhet biblique;
30 Toûra, dont le nom a été adopté par les modernes pour former la classe provisoire des Touraniens.
L'ethnographie iranienne, comme celle de l'Élohiste, passe la race noire sous silence *.