Hicauclax subit orilo puinilornm
Mos n:iluia brevi slatii pcractos, Nodorum seiuel iii j^lobuin ligavit, etc.... »
4. Cf. Stxce, Silves, lib. I, c \i, Kale/idtr décembres (Saturnales). 11 s'agit ici d'une lète saluniale donnée par l'empereur le 4*' jour de
taillon
lai lion de nains que la nature, achevant son œuvre à la hâte, a noués pour toujours dans leur courte épaisseur. Le sang coule, les épées se croisent. Dieux ! quels bras pour donner la mort! Mars et la Valeur, amis du carnage, rient de leurs fureurs, et les grues que vont tout à l'heure se disputer tant de mains avides*, admirent les fils des Pygmées, plus braves que leurs aïeux. »
Plusieurs auteurs du seizième siècle, s'appuyant sur le témoignage de quelques historiens du Bas-Empire, ont rapporté que Domitien s'amusait à faire combattre publiquement contre des femmes de la plus grande beauté cette troupe de gladiateurs nains et que l'une d'elles eut un si grand dégoût d'être aux prises avec un de ces monstres qu'elle le saisit avec rage et le lança avec tant de violence qu'il fut se briser contre les énormes rouleaux mobiles qui empêchaient les animaux furieux de s'élancer aux gradins destinés aux spectateurs; nous avons cherché attentivement aux sources qu'ils avaient indiquées, nous avons lu et comparé les textes avec beaucoup de soin et nous devons avouer que, nulle part, nous n'avons trouvé aucune trace de ce raffinement de cruauté; Stace, Xiphilin et, après eux, Juste-Lipse disent bien que cet empereur faisait descendre des femmes dans l'arène, mais elles devaient combattre les unes contre les autres, ce qui était déjà assez atroce, et non contre des nains.
Nous devons faire la même réserve au sujet d'un nain de l'empereur Commode qui aurait pris et communiqué à Marcia une liste sur laquelle se trouvaient inscrits les noms des courtisans qui lui portaient ombrage et dont il
décrmbre. Les vraies Saturnales étaient célébrées à partir du IG décembre et duraient cinq jours.
4. Cela s'explique par une distribution d'oiseaux vivants qu'on lança ensuite des étages supérieurs, sans doute après avoir pris des précautions pour les empêcher de s'enfuir. — (Noie de lédition de Stace, collection Nisard.)
avait résolu la mort ; Marcia s'étant vue en têle de la liste fatale prévint les desseins de l'empereur en le faisant assassiner. Hérodien qui rapporte ce fait parle bien d'un enfant, aimé de Commode, — philocommodus — etdu genre de ceux qui se trouvaient dans les maisons des riches patriciens de Rome où ils se promenaient nus et couverts de bracelets et de colliers d'or, mais rien ne prouve, ou n'indique même que ces enfants fussent des nains; il est à présumer au contraire que c'étaient de jeunes esclaves beaux et bien faits que l'on faisait venir d'Orient à grands frais. Du reste, quand les auteurs latins parlent d'un nain, ils le désignent toujours par les mots nanus ou pumilio, ou emploient une périphrase qui ne laisse subsister aucun doute. Properce, dans ses Élégies y racontant une fête de nuit, dit :
Nanus et ipse sucs breviter concretus in artus Jactabat truncas ad cava buxa manus....
(Un nain au corps ramassé promenait ses doigts écourtés sur un flageolet de buis).
Les nains devinrent bientôt tellement à la mode qu'ils figuraient parmi les plus recherchés et les plus rares objets dont on faisait des présents au moment des étrennes ou que l'on mettait en loterie pendant les Saturnales. Dans les Devises en distiques que Martial a composées pour accompagner les nombreux cadeaux dont il donne complaisamment la liste, nous trouvons le distique suivant relatif au cadeau d'un nain :
317. — Pumilio Si solum specles hominis caput, Hectora credas, Si stantem videas, Astyanacta putes.
(Si vous ne regardez que la tête de l'individu, vous croirez voir Hector; si vous le voyez debout, ce n'est plus qu'Astyanax).
Plus les nains étaient petits et plus ils étaient rares et, par conséquent, d'un prix élevé; aussi employait-on
pour les empêcher de grandir un moyen atroce et qui infligeait une cruelle torture à ces pauvres êtres, déjà si malheureux cependant; nous avons à ce sujet le témoignage de Longin^ : «....De même, dit-il, que ces boites où l'on enferme les pygmées, vulgairement appelés nains, les empêchent non seulement de grandir, mais les rendent même plus petits par le moyen de cette bande dont on les entoure par tout le corps, ainsi la servitude, je dis la servitude le plus justement établie, est une espèce de prison où l'âme se rapetisse en quelque sortes »
Alexandre-Sévère, ce jeune prince qui avait fait graver au frontispice de son palais ces belles paroles, fondement de la morale sociale : « Fais à autrui ce que tu voudrais qu'on te fit à toi-même, » prit les nains en pitié. Outré de voir des êtres humains faire l'objet d'un trafic honteux et cruel, il s'efforça, par tous les moyens qui étaient en son pouvoir, d'abolir la coutume, si généralement répandue, de posséder des nains domestiques. Malheureusement, on ne détruit pas facilement le mal, et les pauvres pygmées devaient être, pendant bien longtemps encore, des objets de risée et de moquerie.
Nous en retrouvons, en effet, la preuve plus d'un siècle après, dans Ausone qui fit sur Faustulus, le nain de son ami Anicius, Probinus, l'épigramme suivante : « Faustulus, monté sur une fourmi comme sur un gros éléphant, se laisse choir et tombe le nez contre terre. Puis meurtri et mourant sous le talon de l'animal, l'infortuné put à peine retenir assez de souffle pour exhaler ces paroles : « Pourquoi ris-tu, méchant envieux? Parce que
1. Traité du sublime, cap. xliii. — Longin, philosophe et grammairien grec distingué vivait au troisième siècle de noire ère; il jouissait parmi ses contemporains d'une très grande réputation et l'on disait de lui qu'il était une bibliothèque vivante.
2. Si l'on en croit le savant égyptologue Ebers, cette pratique cruelle était usitée également dans l'ancienne Egypte. — (Voir à ce sujet Ouurda, tome I".)
« je suis tombé? Phaéton n'est pas tombé autrement ^ » Plus tard encore, au cinquième siècle, les barbares eux-mêmes empruntent aux Romains leur amour pour les nains. Priscus, savant grec, attaché à la mission que Maximin remplit près d'Attila, en 449, par ordre de Théodose II, a raconté l'apparition que fit dans un banquet donné aux ambassadeurs, un nain nommé Zercon, qui avait appartenu à Bléda, frère du roi des Huns. Ce curieux récit qui nous a été conservé dans l'intéressante compilation des Ambassades romaines a été reproduit tout au long par M. Amédée Thierry dans son Histoire d'Attila : « A ce moment, entra le maure Zercon et tout aussitôt la salle retentit d'éclats de rire et de trépignements capables de l'ébranler. C'était un intermède dont les convives étaient redevables à l'imagination d'Edécon-. Le maure Zercon, nain bancal, camus ou plutôt sans nez, (narihus adeo depressis utnasum inter eas vix apparetur) y bègue et idiot, circulait depuis près de vingt ans d'un bout à l'autre du monde et d'un maître à l'autre comme l'objet le plus étrange qu'on pût se procurer pour se divertir. Les Africains l'avaient donné au général romain Aspar qui l'avait perdu en Thrace dans une campagne malheureuse contrôles Huns; conduit près d'Attila, qui refusa de le voir, Zercon avait trouvé un meilleur accueil chez Bléda. Bientôt même le prince hun s'engoua tellement de son nain qu'il ne pouvait plus s'en passer; il l'avait à sa table, il l'avait à la guerre où il lui fit fabriquer une armure, et son bonheur était de le voir se pavaner, une grande épée au poing, et prendre grotesquement des attitudes de héros. Un jour pourtant Zercon
1. a Faustulus incidens formicœ ut magno dephanto, etc.... (AusoNE, Épigramme cxxii : In Faustulum slaturœ brevis Anicii Probini). On retrouve la même idée dans une épigramme grecque de LuciLLius. (Anthologie, lib. II.)
2. Edéco.n, Hun de naissance, favori d'Alliia et ofllcier supérieur dans ses gardes, fut envoyé en ambassade à Conslantinople, en 449
s'enfuit sur le territoire romain et Bléda n'eut pas de repos qu'on ne l'eût repris ou racheté; la chasse fut heureuse et on le lui ramena chargé de fers. A l'aspect de son maître irrité, le Maure se mit à fondre en larmes et confessa qu'il avait commis une faute en le quittant; mais cette faute, disait-il, avait une bonne excuse : « Et « laquelle donc? s'écria Bléda. — C'est, répondit le « nain, que tu ne m'as pas donné de femme*. »
« L'idée de cet avorton réclamant une femme provoqua chez Bléda un rire inextinguible ; non seulement il lui pardonna, mais il lui fit épouser une des suivantes de la reine, disgraciée pour quelque grave méfait. Après la mort de Bléda, Attila envoya Zercon au patrice Aëtius qui s'en défit en faveur de son premier maître Aspar ; Edécon l'ayant rencontré à Constanlinople lui avait persuadé de venir en Hunnie redemander sa femme. Profitant donc de l'occasion de la fête, Zercon entra dans la salle et vint adresser sa requête à Attila, mêlant dans son verbiage la langue latine à celle des Huns et des Goths d'une façon si burlesque que nul ne put s'empêcher de rire, et les joyeux éclats se faisaient encore entendre lorsque les Romains, pensant qu'ils avaient assez bu, s'esquivèrent au milieu de la nuit, tandis que la compagnie fit bonne contenance jusqu'au jour*. »
Tout en louant les ambassadeurs romains de leur sobriété, nous ne pouvons nous empêcher de regretter que Priscus n'ait pas eu la curiosité de savoir quel avait été le résultat de la requête du pauvre nain venant ainsi réclamer la femme à laquelle il avait été uni et qui l'aimait peut-être malgré sa difformité.
\ . a Ille vero respondit se quidem peccasse, quod fugisset, sed se peccali causam habere, quod nulla uxor sibi data fuisset. » — (Priscus, p. 67.)