‹ Les nationalitésChapitre 14 sur 44 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

Je n*ai pas à parler plus longuement d'un livre qu'on .va lire. Je finirai en revenant sur Tauteur même. De sa vie, je n'ai plus rien à en raconter : ses actes maintenant sont ses œuvres. Je ne rappellerai plus qu'un incident qui vaut de n'être pas omis. L'année dernière, quand le gouvernement de D. Âlfonse, sentant le sol trembler sous lui, tendit le bras un peu au hasard, partout, comme on ait dans la crainte d'une chute, ce fut un scandale pour toute l'Espagne, que ce bras éperdu vint saisir Pi y Margall! L'ex-président de la république fut arrêté, avec tout l'attirail arbitraire qui convient à ces situations et à ces sortes de gouvernement; mais il fut, quelques jours après, remis en liberté. Il est revenu, comme au début de sa carrière, à la critique littéraire et à l'histoire. En môme temps qu'il publie une Étude sur le caractère de D, Juan Tenorio^ il a commencé une Histoire d'Ainérique, Il annonce une Histoire du règne d'Ainédée et une HiS" toire du fédéralisme. Tous ces ouvrages ne sont pas pour lui le pis-aller d'un homme tâchant de tromper la déception d'un rêve irréalisé, mais la continuation persévérante de l'enquête et de la propagande entreprises. Ainsi, cet esprit se conserve, toujours lucide et toujours actif, à Tidée qu'il a professée, et à son pays, qui viendra peut-être encore le solliciter quelque jour.

Certes, le passé ni le présent n'ont épuisé toute Tagitation de ce siècle ; mais, quoi que nous soyons destinés à voir, ne désespérons pas si la liberté ne s'établit pas tout d'un coup, sans troubles ni incertitudes; et, s'il nous est donné de repasser encore par des jours sombres et périlleux, raifermissons-noûs dans notre foi, en répétant avec Pi y Margall :

« Que sont tous ces désordres comparés à ceux que produisirent dans le monde la religion et la tyrannie des rois? »

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