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niielles régnent dans ce pays, accompagnées de tourbillons de vent, que les marins nomment travades, ils me disaient que ces Français avaient sollicité des indigènes la permission de construire un fort ou une maison pour y mettre leurs marchandises à Tabri ; que les indigènes, ne soupçonnant aucun mal, les y autorisèrent ; et qu*a1ors fut commencée une habitation où les Français mirent leurs marchandises à Tabri. Là ceux-ci firent un commerce des plus profitables avec les indigènes, qui, dans ce temps, ne connaissaient pas la valeur de Tor^ et le troquaient à vil prix contre des marchandises. Les Portugais en eurent connaissance, et, jaloux de la prospérité des Français {fdieitaiiGaUoruminvidentes)^ tra^mèrent contre eux un dur complot. En effet, pendant que les Français n'avaient lieu de s*attendre à rien de ce genre, ils envahirent tout à coup et occ^rent leur habitation (repente invaserunt oceupataque domo eorum) ; ils donnèrent toutes les marchandises qu^elle contenait aux barbares, leur disant qu'ils auraient désormais beaucoup plus d'avantage à commercer avec eux , qu'ils n'avaient fait jusque-là avec les Français. La stupide crédulité des barbares s'y laissa prendre, à ce point que ces brigands de Portugais {proedonum Limianorum) leur persuardèrent de tuer à l'avenir tous les Français et les autres étrangers qui les viendraient visiter. Ayant démoli l'habitation française de ses matériaux, les Portugais édifièrent une chapelle, de peur que le nom de château ne portât ombrage {ne casUUi nomen invidiome esset) , chapelle que peu à peu ils fortifièrent, et d'où à la fin ils ne sortirent plus que pour ravir la liberté aux populations et ravager le pays. (Satnuelis Brunnonis dvia et chirurgi Bmilieneh peritisHma navigMo tertia in Guineam ad promnciam more^ ubi CasteUum Nassoviatltn in regno Sabau. Francofurti. Studio et sumptibus hœredum, iohan.-Theod. de Bry, anno 1025, p. 40 et 4i). Le voyage de Samuel Broun eut lieu vers 16ii .
a Avant que les Portugais nous eussent enlevé la ch&teau de la Mine, toute la Guinée était remplie de nos colonies, qui portaient le nom des villes de France dont elles étaient sorties, m (Hydrographie de Georges Fournier, des Colonies tirées des Gauies, p. 902, in-(^M643.) Le savant Fournier est pourtant apporté par M. de Santarem comme une preuve, par le silence qu'il garde à ce sujet» que les établissements des Français à la côte d'Afrique ne précédèrent point ceux des Porta-
gai».
Il serait peut-être aisé de trouver d'autres témoignages encore plus anciens que Yillaut de Bellefond et le P. Labat, pour les ajouter aux précédents ; et nous ne douions pas que M. d'Avezac ne l'ait fait. Quant à nous, nous en avons dit assez pour démontrer que l'autorité d'un nom de savant, comme celui de M. Walckenaêr lui-même, ne suffit pas pour qu'on se tienne pour battu. En réalité Yillaut et Labat n'ont fait que répéter ce qui était constaté par dix auteurs bien avant eux ; sans parler des traditions dieppoises et de ces titres perdus en 1094 dans le bombardement de Dieppe, desquels on a tant glosé, mais qui étaient peut-être plus réels que quelques-uns n'y veulent croire : car, pour nous, après avoir douté de leur existence passée, nous avons été ramené à croire, sinon aux origi-
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naux de ces titres, à leurs doubles, rien que par la seule inspection d'un manuscrit de la bibliotiièque royale intitulé Remarques sur la ville de Dieppe, qui porte dindignes traces de mutilations par les produits chimiques et même par les ciseaux, partout où il y avait l'indication d'un nom ou d'une bibliothèque pouvant remettre sur la trace de ces titres. On se demande, à la vue de ce manuscrit, quel hideux intérêt a pu causer ces mutilations? Ce ne peut être évidemment un intérêt français.
Maintenant, voici, en quelques mots, ce que rapportent les auteurs qui ne rejettent pas la priorité des établissements français à la côte occidentale d'Afrique*.
Deux navires auraient fait voile, en 1364, de Dieppe vers les Canaries; ils seraient arrivés au temps de Noël jusqu'au cap Vert, auraient mouillé dans une baie qui portail encore, dit-on, en 1666, le nom de Baie-de-France, et, après avoir parcouru la côte aujourd'hui connue sous le nom de Sierra-Leone, se seraient arrêtés au lieu nommé plus tard, par les Portugais, Hio-Cestos (rivière des Paniers). Il parait que, frappés de la ressemblance qu'ils trouvaient entre cette situation et celle de leur ville natale, les Dieppois auraient nommé le lieu découvert par eux Petit-Dieppe, et ne s'en seraient éloignés qu'avec le projet d'y revenir bientôt. L'année suivante, en effet, 1635, ils se seraient associés à des commerçants de Rouen ; ils auraient armé quatre navires, dont deux devaient traiter depuis le cap Vert jusqu'au Petit-Dieppe, et les deux autres aller plus avant pour découvrir les côtes. Mais ce plan aurait subi quelques modifications qui néanmoins n'auraient pas privé le voyage d'un résultat profitable : l'un des navires se serait arrêté au Grand-Sestre, qu'il aurait nommé Paris, sur la côte de Malaguette, et où il aurait pris un chargement considérable de poivre ; l'autre aurait porte son trafic à la côte des Dents, et jusqu'à la côte d'Or. Les peuples de ces dernières parties de l'Afrique n'ayant point fait aux Dieppois et aux Rouennais un accueil aussi lavorable que ceux de la côte de Malaguette, les associés auraient pris la résolution de fixer feurs établissements au Petit-Dieppe et à Paris d'Afrique. Depuis lors des expéditions auraient été faites tous les ans pendant le règne de Charles V et pendant les bonnes années de celui de Charles VI; des comptoirs, que l'on appelait loges, auraient été établis, un entre autres à la côte d'Or, et que l'on aurait appelé la Mme, le même positivement qui serait devenu depuis si fameux entre les mains des Portugais, sous le nom de Castel-de-la-Mina. D'activés relations auraient ainsi existé entre Dieppe et la Guinée, jusqu'à la seconde moitié du
1 On remarquera peul-*élrc que nous avons relevé nous-mêmes quelques erreurs que nous avons laissé échapper au sujet des navigations et des découvertes françaises, même dans la iroisiènie édilton de V Histoire maritime de France, mais cela est compréhensible. Dans cet ouvrage, en effet, ce n'était pas là la parUe importante, et nous noua contentions d'interroger à cet égard des documents généraux ; et puis, quand on creuse en tous sens, on creuse moins profondément. Nous sommes heureux aujourd'hui que le correctif vienne en même temps que l'erreur puisée, nous le ferons remarquer pourtant, dans des sources jusqu'à présent réputées bonnes.
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l'ègno de Charles Vi, laquelle, dans ses désastres de toutes sortes, aurait faciliti* aux Portugais la conquête des établissements français sur la rùte occidentak* d'Afrique, conquête qui devait leur être ravie à leur tour par les Hollandais, et que la France devait en partie recouvrer sur ceux-ci.
Gela dit, nous n'avons plus qu'à entrer en matière, mais en faisant observeitoutefois que, sous le rapport des colonisations, nous nous arrêterons toujours où les éléments de fondation sont jetés, les événements ultérieurs appartenant à l'ensemble de V Histoire maritime de France e\ s'v trouvant en détail.