‹ Les navigations françaises et la révolution maritime du XIVe au XVIe siècle [microforme]Chapitre 42 sur 57 · PO A MED · texte numérisé non relu

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fois, Christophe Colomb est né à Calvi en Corse. Christophe Colomb est par conséquent le compatriote de Napoléon.—Les preuves de ce fait existent, et je les dénonce comme étant entre les mains de l'honorable M. Giubega, qui tarde trop à publier sa découverte, »

J'ai parlé à ce sujet à M. le D' Matei, connu par ses recherches et sa collection de documents sur la Corse. — Il a écrit aussitôt, de manière à retrouver les papiers en question; il n’a rien recu encore. En conséquence, je vais faire moi-même de nouvelles démarches et au besoin recourir à l’aide d’un personnage originaire de Corte, auquel m'’attache déjà le souvenir de Dupleix, l'illustre gouverneur de l’Inde, son parent. Je donnerai ailleurs les résultats de cette enquête. — En attendant, M. le D' Matei m'a fait connaître deux livres qui tendent à confirmer les assertions de l’article de la Revue de Paris. — L'auteur de l’Histoire de San Piero Corso (Bastia, 1842) dit qu'il a lu avec le plus grand intérêt les documents précieux découverts par M. Giubega, et qu’ils sont venus dissiper ses doutes, sinon entièrement, du moins en partie; —et M. l'abbé Galetti, dans son Histoire dela Corse, publiée en 1843, rapporte, page 125 : «qu'il existe à Calvi, de temps immémorial, une rue du nom de Colomb. » — « Les habitants de cette ville, ajoute cet auteur, croient posséder des données certaines pour prouver que Colomb était né à Calvi, dans une maison de la rue qui porte son nom. »

Toutefois, jusqu’à ce que les faits que j'indique soient établis, nous ne pouvons que nous en rapporter à l’acte d'institution de majorat dressé le 22 février

Corse.

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1498 au profit de la descendance de Colomb, acte

dans lequel le découvreur dit : « Siendo yo nacido in.

Genova. » — À moins qu'il ne faille entendre ici par Gênes la République de Gênes dans l'étendue de ses possessions, cette déclaration doit nous mettre en défiance contre l’article de la Reyue de Paris, surtout si nous plaçons en regard des assertions de cet article les affirmations de M. Roselly de Lorgues, qui fait naître Colomb à Gênes, en 1435.

« Christophe Colomb naquit à Gênes, dit cet écrivain. — Son père était aussi Génois ; il s’appelait Dominique Colomb et était fils de Jean Colomb, domicilié à Quinto, où il paraît avoir joui d’une certaine aisance. — La qualité de Génois

« ne saurait être contestée au père de Christophe

Colomb. — Elle résulte de ses propres déclara-

tions dans plusieurs actes authentiques dont les,

titres originaux existent aujourd’hui conservés aux archives du notariat de Savone et de Gênes. — Dominique Colomb prit pour femme une villageoise de Bisagno, Suzanne, fille de Jacques Fontanarossa, qui l'avait pourvue d’une petite dot, partie en espèces, partie en biens-fonds. Il s'établit à Gênes, d'abord dans la maison qui lui appartenait personnellement. Cette maison, ayant

« boutique et à laquelle se trouvait contigu un jardin

arrosé par un puits, était située hors des murs, du côté de la porte Saint-André, sur la route de Bisagno, le pays de sa femme, qui est tout voisin. Dominique Colomb possédait encore un petit pa-

« trimoine dans la vallée de Nura, et quelques lots

Rs

de terre aux alentours de Quinto. — Toutefois,

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« afin de suppléer à la modicité de ses revenus, il « s'occupait du cardage des laines et avait un métier « pour la fabrique des draps, auquel il employait habituellement un ouvrier et un apprenti. Ce « fut dans cette maison du faubourg que vint au « monde Christophe Colomb. -— On le présenta aux « fonts baptismaux dans l'antique église de Saint- « Étienne, alors isolée sur son petit monticule et que « desservaient les religieux bénédictins. C'est l’église « vulgairement appelée à Gênes « Saint-Étienne de « J'Arco ». La tradition populaire qui la désignait « depuis trois siècles comme celle où fut baptisé « Christophe Colomb a été de nos jours pleinement « justifiée. »

Ainsi s'exprime M. Roselly de Lorgues; mais dans la note de la page 69 du tome [*, il nous dit aussi que les registres des baptêmes tenus par les Bénédictins du couvent de Saint-Étienne, et transportés au palais pendant l'occupation française, n’ont pu être retrouvés. — Il n’y a donc pas tout à fait à abandonner les recherches sur la vérité de la tradition corse, |

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