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Que pour l’amour d’une parfaicte dame
Il conviendra, tant est en vertu mixte,
Que auprès de moy, ce jourd’uy elle assiste Pour assouvir le désir de mon âme. °
Le Bien Souverain appelle son ministre et l’entretient de la prière de la Bien Parfaite qu'il a entendue.— La doit-il éconduire ? — Non. — Elle mérite son amour. La Bien Parfaite a, par vertu, atteint des hauteurs où les philosophes, par les spéculations de l'esprit, n’ont pu parvenir. En conséquence, il la recevra. — Et il charge le Bien Triomphant de faire atteler le chariot d : gloire pour sa réception :
Et là dedans faites assumption Du vivant corps de ma bien désirée.
Puis il dépêche au-devant d’elle le Bien Gracieux et le Bien Vertueux.
La scène change de nouveau. — Lorsque ceux-ci sont auprès de la Bien Parfaite, celle-ci se réjouit à la nouvelle qu'ils lui apportent. Elle n’en peut croire d'abord ses oreilles ; les messagers la lui confirment et l’invitent à partir. Mais alors son père et sa mère ne peuvent se résoudre à quitter leur fille. Le père veut s’y opposer. [Il tâche de la dissuader. Quelquesunes de ses compagnes unissent également leurs prières pour tâcher de l'arrêter. — La mère rappelle à sa fille ce qu’elle doit à son père. Mais le Bien Gracieux met fin à toutes ces discussions.
Par povoir supernel,
Un triumphe spirituel Aura sa sainte corpulence.
Adieu...
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Le père, forcé de céder, dit au Bien Gracieux :
Mais, par bénivolence, Je vous prie que à sa tien allée Chantons un mottet u apparence, Affin que la noble assistance En soit un petit consolée.
Ils chantent. Le Bien Vertueux {montre à la Bien Parfaite, tout émue du désir et de l'espoir de voir bientôt celui qu’elle aime, l'oriflamme du Bien Triomphant qui vient avec son chariot. Celui-ci invite la Bien Parfaite à y monter et luy fait une belle harangue — à laquelle est naturellement mélé du latin, parce qu'il n’y a jamais eu de beaux discours français sans cela, surtout au XVI: siècle. — Dans cette harangue il vante les vertus de la Bien Parfaite :
Au vierge escrin de ton corps bénédict As soustenu, par haulte œuvre divine, Un tel trésor si précieux et digne Que les haultz cieulx ne le sceurent comprendre; Et c’est le Bien Souverain que t'assigne, Ton vrai amy qui tant de biens t’assigne Que sens humain ne le peult bien entendre.
Et il est dit : « Quod incorruptio Facit esse propinquius Deo. »
En conséquence, le Bien Triomphant annonce à la Bien Parfaite qu’elle aura plénitude de gloire auprès du Bien Souverain :
Et davantage il veult qu’on te décore De cest habit dict immortalité.
Que reste-il plus? Pour triumpher encore,
Il te transmet ce palme de victoire,
Car contre vice as tousjours inilité,
Et, pour autant que par humilité
Tousjours fus simple autant comme vn enfant, Il te promet par cordialité Ellevement d’impérialité.
La Bien Parfaite remercie le Bien Triomphant, et le prie de se hâter de la présenter au Bien Souverain; ce qu'il fait. Et pendant que, d’après ses ordres, on donne alors une aubade à la Bien Parfaite et que les instruments résonnent, elle arrive auprès du Bien Souverain, qui l’accueille avec tendresse, et l’ordonne « Royne des cieulx, princesse des humains ».
I] la couronne de ses propres mains, et lui dit :
Si vous aimez, je n’aymeray pas moins; Ceulx que aimerez, je leur dourray estat,
A ce tableau, le Bien Triomphant fait sa moralité, et l’auteur prend congé des assistants, comme je vais faire.
Donc curieusement Tous bien unis, sans aucune discorde Présentez-luy vos cœurs dévotement, Prenans en gré le simple esbatement Faict par l'amant, qui vuudroit loyaulment Vous aymer. Tous bien vivez en concorde.
C'est là aussi mon souhait, pour vous comme pour moi. Et jamais il n’a été plus vif, car, à cette heure méme où vous .r'enviez peut-être les joies d'une étude arrivant à son terme, peut-être aussi pour avoir
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ralité, je vais
cherché la vérité sur un point en vue de vous l’exposer, vais-je me trouver sous le coup d’une vendetta corse, ni plus ni moins.
Îl y a là, après la « moralité» du poëte que je viens de résumer, celle de l'historien qu'il me reste à vous donner, pour vous montrer comment peuvent se glisser dans l'histoire des erreurs dont il devient impossible d’arrèter le cours.
Vous n'avez pas oublié sans doute que je vous ai promis une enquête au sujet d'une assertion toute nouvelle, par laquelle l’auteur d'un article de la Revue de Paris du mois d'août 1841 gratifñiait la Corse d’une gloire qu'on ne lui connaissait pas jusqu'alors.
Cette enquête, je l'ai terminée grâce au concours aussi empressé qu'intelligent de M. le docteur Matei; mais le résultat n’est pas celui que faisaient attendre les termes pressants dans lesquels l'auteur excitait M. Giubega, ancien préfet de ce département, à publier l'acte de naissance de Christophe Colomb, trouvé par lui dans les registres de la ville de Calvi, au dire de M. O.
« Oui, ceci est vrai, quoique publié pour la première fois, écrivait ce dernier. Christophe Colomb est né à Calvi, en Corse; Christophe Colomb est, par conséquent, compatriote de Napoléon. Les preuves de ce fait existent, et je les dénonce comme étant entre les mains de l'honorable M. Giubega, qui tarde trop à publier sa découverte. »
Eh bien, le fils de l’ancien préfet va parler. Il répond à M. le docteur Matei, qui l’a invité, à ma demande, à faire connaître enfin la vérité sur ce sujet :
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« Calvi, le 22 juillet 1867.