‹ Les navigations françaises et la révolution maritime du XIVe au XVIe siècle [microforme]Chapitre 50 sur 57 · LE BIEN NATUREL · texte numérisé non relu

LE BIEN NATUREL

Il est vray. — Quant je y pense, Par mon âme, c’est un bon compagnon!

Quoy ! il feist d’eaue un vin, pour mouller l’ance, Plain de liqueur, plain de mellifluence, Friant, coulant, un gaillart vin mignon; Ce n’estoit point un gros vin bourguignon.

Je y avois mis un bon vin naturel, Mais cestuy là fut supernaturel, Le plus parfaict que jamais gousta bouche, Que pleust à Dieu que ‘’en tinsse une touche! Il m'est advis que seroiz bien heureux, Et esse là son gaillard amoureux ?

J'en suis joyeulx, car il n’y a que bien.

RE

rar

Le Bien Naturel continue là de montrer son caractère de bon vivant; mais le Bien: Graçieux relève la conversation en montrant les autres qualités du Bien Souverain, et le caractère chevaleresque déployé par lui, lorsque la trahison lui enlevait jusqu’à son dernier soldat, temps rigoureux et qui avait été si cruel à la Bien Parfaite, mais qui avait montré l’attachement de celle-ci, car, au dire du Bien Vertueux,

En tout lieu n’y avoit plus de foy, Sinon en vous.

trouvés

caraclève la du Bien déployé u’à son été si ré l’attueux,

La noble fille se souvient de ce temps de misères. Heureusement le Bien Souverain a triomphé, et elle désire voir se réaliser les promesses qu'il lui a faites.

Ha, mon amy, quant sera-t-il permis Que je te voye en ta magnificence ?

++ + . .« Amour me navre. . . . .

Voy, je languys, ne me veuille esconduire, Mais doulcement présente moy ta face.

A cette prière, qui finit comme le premier acte, la scène change, et nous voyons apparaître dans le ciel le Bien Souverain, qui, ayant entendu la Bien Parfaite l'appeler de ses vœux, donne les ordres suivants d’une voix solennelle :

Tous les haut cieulx, qui mouvez par ma grâce, Escoutez tost ce que je veulx parler :

Narrez ma gloire à l’humble terre basse,

Le sainct œuvre qu’il fauldra que je face.

Hault firmament, annuncez le par l'air ;

Toy, jour présent, fay toy cler rutiller, Comme portant aux autres jours passez

La parolle que je veulx ventiller;

La nuit face ténèbres reculer ;

Et que aujourduy soient tous biens amacés.

Escoutez-moy, je parleray assez

Pour esbahir nature naturée ;

Et pour l'amour de ma bien honnorée,

Moy qui suis dit le haut Bien Souverain, Alpha et Omega, le premier et derrain,

Le Bien parfaict, en qui tout bien consiste, Je suis qui suis, qui meuz le ciel haultain, Sans me mouvoir, toutesfoys est certain

Que amour me meult et si riens n’y resiste, Que amour me meult, et tant en moy persiste

as aïe.

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