‹ Les négociations du président Jeannin (volume 3)Chapitre 1 sur 6 · FOUCAULT, LIBRAIRE, RUE DE SORBONNË · texte numérisé non relu

FOUCAULT, LIBRAIRE, RUE DE SORBONNË

g 1 5 NOV. 1933 \

% OFOXtURD ^

DU

PRÉSIDENT JÈANNIN.

Lettre de M» de Villeroy à M. Jeannin, du Seizième

décembre iGqS,

MoNsiEtJR ) VOUS cônnoîtrez par la lettre du Roi le juste mécontentement qu^il a du procédé des Anglais et des Espagnols, lesquels traitent infidèlement avec lui , çnsemble la résolution qu^il a prise sur ces mu-^ talions et diversités. Certes l'Anglais a grand tort d'à-* voir donné espérance aux autres qu'il leur fera avoir cette trêve pure et simple » sans renonciation ou expression de la liberté en faveur des Etats , car ils sa^ vent très-bien que ceuX'^ci n'avaleront jamais telle amertume qm détruiroit entièrement le fondement sur lequel de leur côté ils ont bâti la résolution qu'ils ont prise de traiter sûrement « et par laquelle leurs vrais amis ont été persuadés de les conforter en icelle i tellement que nous croyons que lesdits Anglais ont jeté cette proposition exprès pour rompre tout-a-fait lesdits traités, et nous contraindre tous de rentrer en guerre, jaloux des négociations dudit $ieur don Pedro , desquelles les Espagnols leur donnent martel à poste , comme ils ont fait auxdits Etats *, car nous ne pouvons croire que ceux-ci soient si emportés du désir de leur fepos , qu'ils renoncent à leur liberté , après les déclarations et protestations qu'ils ont faites , leurs.

a KéGOCiiTloiys

affaires , et celles de leurs amis et ennemis , étant en l'état qu'elles sont. Nous ne pouvons croire aussi que lesdits Anglais aient assez de pouvoir et autorité envers lesdits Etats pour les disposer par amour ou par force à ce point , quand bien ils les menaceroient de livrer auxdits Espagnols les places d'otages qu'ils détiennent , comme l'on nous a assuré qu'ils ont promis de faire ; joint que j'ai toujours estimé n'être au pouvoir desdits Anglais de disposer desdites places contre la volonté des Etats. Il faut donc que lesdits Anglais aie^t malicieiasement fait, ladite ouverture, expressément pour rallumer la guerre et aou9 y envelopper ^atre le roi d'Espagne , afin de demeurer cependant arbitres de nos débats , jouissant de leurs aiaes ^ ou se taDgeant du côté de celui* avec lequel il pourra pro-^ fiter davantage. Voilà un édwmtillou notable de l'infidélité él duplicité de cette natîotu, qui ofiensie à bon droit le Roi , et d'autant plus que sa condmte envers (MX n'^yoil) ce lui semble^ mérité cela^ iiiai3 SaMajesté 9'est mom» scandalisa de l'impudente malke et simplicité du coo^iseil d'Espagne, lequel s'est laissé aiosi beâer auxdit$ Ab^ lais , et a porté si peu de respect à Sa Majesté» et aux bons offices qu'elle a bits pour teffmioer la guerre , contre toute raison et coasidëra-' txQn d'état , voire contre le désir et jiigement universel de la chrétienté et leur propre espérance*

Nous concluons dooic qu'il faut que lesdits Anglais leur aient lait de grandes promesses contre les Etats» et peut-être contre nous-mêmes, eu qu'ils aient ré'» solu de rentrer en guerre à quelque prix que ce soit, et peut-^étre s'adresser à nous conui^e auxdits Etats , assurés OD assistés desdits Anglais» qu sanseux» Quant

DU PRÉSIPBIÏT JEANNIN. 3

aux archiducs , nous n'avons telle occasion de nous plaindre d'eux , puisqu'ils ont avoué et confirme les paroles et lettres de leurs députes , sur lesquelles BOUS avons fondé la poursuite de ladite trêve suivant votre projet ^ et nous semble qu'eux , et spécialement le sieur Richardot, ont parlé à M. de Préaux assez librement pour nous faire croire qu'ils n'approuvent ces changemens et qu'ils ne s'y veulent arrêter , encore qu'ils vous aient prié d'en parler auxdits Etats aveclesdits Anglais, car ils s'en sont remis après à votre discrétion. Néanmoins ils sont si attachés et obligés aux volontés d'Espagne , et sont d'ailleurs si timides ^ que nous avons sujet de nous défier de leur résolution , comme du succès de la conférence et prolongation nouvelle de la cessation d'armes qu'ils ont proposée àRL de Préaux, et de laquelle ilsvousontpriéparluiet par leurs lettres de faire instance^ C'est pourquoi nous avons pensé à l'expédient que le Roi vous écrit , qui est de tirer desdits Etaté une déclaration par écrit , signée et scellée, par laquelle il soit porté qu'ils accordent de faire ladite trêve suivant votre projet et le CGïiseil des deux rois, pour obliger le Roî d'en faire une semblable et en pareille forme , devant que d'ennet en conférence , afin d'avoir cette sûrelé de part et df autre ^ qui aide à nous faire mieux espérer que par le passé de ce qni sera demandé et accordé en suite de cela pâtir terminer et résoudre entièrement les aflaireô- Toutefois il touche à vous de mesurer cette ouverture ainsi que vous jugerez être ^ont le mieux. Bien vous dirai-je , si vous pouvez disposer lesdife Etats à feire ladite déclaration , pent^^tre s'era-t-il à propos que vous en soyez le porteur auxdits archi-

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