‹ Les Néphrites Chroniques Azotémiques Sans HypertensionChapitre 13 sur 31 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Néphrite chronique urémigène sans hypertension diastolique ni systolique, sans signes d'insuffisance cardiaque. Péricardite brightique terminale. Autopsie néphrile chronique scléreuse, péricardite brightique ; petit foyer de tuberculose pulmonaire. Cœur de 480 gr.

M"° P.., âgée de 50 as, entre dans le service de M. Bouchut, le 2 avril 1924.

Rien d’intéressant à signaler dans les antécédents. A noter pourtant quatre fausses couches qui suivirent une grossesse, celle-ci normale. Elle eut ultérieurement deux autres enfants dont l’un mourut à 10 mois. Rien d’autre qui rappelle la syphilis.

Pas d’éthylisme.

Le début de l'affection paraît remonter à deux ans environ., Voici les notes consignées par M. Bouchut qui suivit alors la malade :

« Vue une première fois en février 1923 pour céphalée, « lassitude, crampes musculaires. À ce moment, pointe « dans le 5° espace, sans galop ni tachycardie. Tension « 130-90. — Albuminurie.

« Revue en avril 1923, après avoir suivi un régime lacto- « végétarien. Céphalée. Albuminurie. Tension 130-90.

« Revue en septembre 1923 ; mêmes constatations. Ten. « sion 130-90. °

« Revue en novembre 1923 ; asthénie, céphalée. Ano- « rexie. Albuminurie. Tension 130-95. »

À son entrée dans le service, le 2 avril 1924, la malade accuse divers symptômes :

Une lassitude générale et croissante, de l’apathie et de la somnolence, du prurit généralisé et tenace sans lésions

argile,

cutanées, enfin des contractures douloureuses et intermittentes dans les mains et les pieds qui rappellent tout à fait les accès de tétanie observés dans l’urémie. À noter aussi une inappétence presque complète, de la polydipsie. Mais il n’existe ni vomissements, ni diarrhée, ni myosis, ni Cheyne-Stokes.

A l'examen, malade un peu pâle, un peu dyspnéique [la nuit, surviennent des crises d’oppression|.

Ce qui frappe, c’est à l’auscultation du cœur, l’existence de frottements péricardiques prédominant entre la pointe et l’appendice xiphoïde et réalisant un bruit de va-et-vient surtout marqué dans l’inspiration. La pointe bat dans le 5° espace. Pouls à 84. Tension 135-90.

Les urines sont claires et abondantes. Elles contiennent un gros disque d’albumine.

L'examen de l’abdomen, des poumons, du système nerveux est parfaitement négatif. Pas d’œdèmes des membres inférieurs.

On porte le diagnostic de néphribe azotémique sans Rypertension, compliquée de péricardite.

Ce diagnostic a été vérifié par les examens ultérieurs dont voici le détail :

Le 3 avril : azothémie, 2,64 pour 1.000.

Le 7 avril : urée dans le liquide céphalo-rachidien, 3,30 pour 1.000. Par ailleurs, et au point de vue cytologique et chimique, le liquide céphalo-rachidien ne présente rien d’anormal.

Le 9 avril : albuminurie 2 g. 30. Tension artérielle : 145-90,

Le 11 avril : somnolence croissante. Diurèse très faible. Persistance des frottements péricardiques. Phénomènes convulsifs généralisés. Apparition à la base gauche d’un épanchement pleural hémorragique où le dosage de l’urée donne 5 g. 20 pour 1,000.

Décès le 12 avril.

Le 13 avril : Autopsie. Les deux reins sont blancs et atrophiés (75 g. et 80 g.), recouverts d’une capsule épaissie et adhérente, Leur surface est granuleuse, irrégulière, avec de petits kystes ; la substance cortiçäle est très di-

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