ETUDE MICROSCOPIQUE
Celle de l'Observation I nous sert de type; les autres présentant des caractères identiques.
Sclérose rénale intense, à forme insulaire. Tissu fibreux partout abondant. Entre les îlots, espaces relativement sains, où les tubes urinifères sont dilatés et quelque peu kystiques.
Au sein même des îlots, les tubes urinifères ne persistent qu’à l’état de vestiges.
Un point à mettre en lumière, c’est le caractère diffus des lésions.
Les lésions glomérulaires sont intenses : glomérules tous fibro-hyalins. Tous les vaisseaux présentent de très grosses lésions d’endopériartérite.
En outre, à côté des foyers anciens de sclérose, au voisinage des artérioles et des capillaires, on trouve des foyers inflammatoires jeunes, sous forme de petites nappes de cellules inflammatoires, s’étendant plus ou moins loin, en s’organisant selon le type conjonctif.
Pour M. Paul Chevallier, l'existence concomitante de foyers lymphatiques jeunes, associés à la sclérose atrophiante, démontre que la néphrite æhronique azo-
témique est due à une inflammation du rein. Elle montre aussi le caractère évolutif de ces néphrites. D’où le rôle actif du rein : « Le rein azotémique est un rein « en plein incendie ; les foyers de destruction sont « nombreux et actifs. Le malade ne meurt pas de son « rein détruit, mais de la destruction même de son
« rein. »
IT. -—— L'absence d'hypertlension, dont on ne trouve les raisons nt dans les lésions rénales, ni dans le lerrain, est peut-être, comme on l'a prétendu,
sous la dépendance de l'état du cœur.
La péricardile brighlique est-elle responsable de l'absence de tension ? Elle est terminale chez nos malades. Ce n’est donc pas elle qui fait baisser la tension. D'ailleurs elle manque dans l’Observation IT.
L'absence d'hypertrophie cardiaque est peut-être Ia cause de lPabsence d’hypertension. Mais précisément chez deux de nos malades, on trouve une hyÿpertrophie cardiaque peu prononcée, mais évidente. Aïnsi, dans Observation I, le cœur pesait 560 gr. Il s’agissait donc indiscutablement d’un gros cœur.
Le ventricule gauche était globuleux, hypertrophié, de façon concentrique, avec épaississement de ses parois.
Le ventricule droit était lui aussi hypertrophié ; et, fait capital, pas plus au niveau du V. G. que du V. D. on ne trouvait de lésions valvulaires.
Dans l'Observation 11, le cœur pesait 480 gr. Les
parois ventriculaires étaient notablement épaissies ;
NB
et, là encore, on ne trouvait aucune lésion valvulaire. L'Observation III est également intéressante à consulter. Cœur de 350 gr. d'apparence normale, peutêtre un peu augmenté de volume.
En somme, on peut affirmer que l'absence d’hypertension n’est pas due à une insuffisance du fonctionnement cardiaque, valvulaire ou myocardique.