CHAPITRE VI
Pronostic et Traitement
Une notion domine : la néphrite chronique azotémiqué sans hypertension est extrêmement sévère ; la thérapeutique paraît inefficace.
Malgré le traitement : (saignée, théobromine injectable, chlorure de calcium, sérum glucosé intraveinéux, régime lacto-végétarien), l’évolution est très rapide : |
— Quelques mois pour le malade de l'Obsérvation I.
— La malade de l'Observation II vue en février 1923 par M. Bouchut pour céphalées, lassitudes, crampes musCulairés, albuminutie, se présentait à nouvéau à l’éxamen deux mois plus tard pour la persistance des mêmes troubles malgré un régime lactovégétarien strict. Au mois d’avril 1924, la malade était morte.
— Quelques mois d'évolution ont suffi pour conduire à la mort le malade de l’Observation II.
= Le malade de l’Observation IV semble au premier abord devoir échapper à cette règle. Le débu'
LES RTE
de l'affection remontait à deux ans. À son entrée dans le service, le 13 mars 1928, l’azotémie était de 2 g. 10 pour mille. Le 30 mars de la même année, après une cure de théobromine et de régime lacto-végétarien, l'azotémie n’était plus que de 1 g. 27 pour 1:000.
Mais quel a été le sort ultérieur de ce malade que l’on a perdu de vue à ce moment ? La rémission apparente qui a été observée dans son état n'est-elle pas comparable à celle qui s’est produite dans lObservation I où l’on a vu l’azotémie atteindre une fois le taux de 1 g. 60 pour 1.000, alors que normalement elle était supérieur à 2 g. ?
Mais peut-on parler de rémission lorsque le malade, comme c’est le cas du numéro I, a conservé des troubles fonctionnels importants, et que, un mois à peine après cet abaissement azotémique, l’urée sanguine dépassait à nouveau 2 g. pour 1.000 ?
Nous penserions plutôt devant des faits de ce genre à de fausses rémissions, et, quand à nous, nous conservons dans notre esprit, comme exprimant d’une manière particulièrement juste l'impression que donnent les malades atteints par ce genre de néphrite, cette phrase brève, d’un pronostic redoutable, qu permet de bien peser la vanité de toute thérapeutique : « La néphrite chronique azotémique sans hyper- « tension paraît se comporter comme un processus « progressif, peu accessible aux rémissions sponta- « nées ou thérapeutiques », et nous pouvons ajouter, pour traduire cette pensée dans un langage proprement humain : « bref, comme une affection d’allure
« extrêmement sévère et pour tout dire mortelle. »