‹ Les néphroses post-transfusionnellesChapitre 7 sur 22 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La chirurgie de guerre faisant fréquemment appel à la transfusion sanguine, il nous a‘paru intéressant de consacrer notre thèse à un aspect particulier des complications de cette thérapeutique, les accidents rénaux post-transfusionnels.

Bien connus du point de vue clinique, malgré leur rareté, les accidents rénaux de la tranfusion n’en posent pas moins, du point de vue étio-pathogénique, un problème qui reste encore bien obscur. Sans prétendre en apporter ici la solution, nous désirons néanmoins lui consacrer la plus grande partie de notre travail, en tentant d'exposer aussi clairement que possible les diverses théories en présence, et en soulignant pour chacune d’elles les arguments qui les rendent acceptables, et ceux qui lés combattent.

La connaissance des néphropathies de la transfusion sanguine repose actuellement sur deux ordres de faits : les uns, les plus nombreux, sont expérimentaux. C’est surtout à l'étranger, en particulier parmi les chercheurs russés et américains, que l’on s’est proposé d’éclaircir sur l’animal, par des études anatomo-pathologiques et plus particulièrement histo-pathologiques, le mécanisme de ces accidents ‘post-transfusionnels.

Les autres sont cliniques, et, lorsque l’évolution fut fatale, les observations se complètent souvent d’examens nécropsiques. La confrontation de ces deux séries de documents nous apportera de précieux enseignements cliniques et pathologiques.

C’est après avoir minutieusement analysé ces données anatomo-pathologiques que nous avons adopté le terme de « néphrose » pour désigner les complications rénales de la transfusion sanguine. Le mot « néphropathie » nous avait semblé trop général pour désigner des lésions typiques et de caractère constant. Par contre, le terme « néphrite » ne correspond pas absolument à la nature de lésions cellulaires souvent insuffisantes. pour légitimer, au sens biologique du mot, le terme de néphrite aiguë (Liége).

Nous avons cru devoir adopter le plan de travail suivant :

Après un bref rappel historique des travaux parus. sur la question, en particulier depuis 1935, date de la thèse de Moline, où l’on trouvera une importante bibliographie antérieure à cette date, nous évoquerons l’aspect clinique des accidents rénaux de la transfusion. A l’aide de documents concernant aussi bien les expériences sur lanimal que les recherches effectuées sur des sujets morts de complications transfusionnelles, nous donnerons une description des lésions macroscopiques et histologiques constatées au niveau des reins, et nous chercherons à en définir la valeur étio-pathogénique. Enfin nous verrons quelles sont actuellement les mesures prophylactiques et thérapeutiques dont le clinicien dispose pour éviter des complications rares ik est vrai, mais toujours graves et souvent fatales.

Page 1