‹ Les Nerfs du cœur, anatomie et physiologieChapitre 17 sur 81 · XXVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXVI PRÉFACE

des perroquets et sur « Tétude de ces ouvrages, pleins d^esprit scientifique (339) », Fauteur ajoute encore un argument irrésistible destiné celui-ci à calmer les doutes de personnes auxquelles les inconvénients et môme les dangers de la fermentation lactique dans le tube digestif ne sont pas inconnus. Il ajoute : « Nous connaissons des personnes qui suivent ce régime et qui s'en trouvent bien » (336).

« La science exacte » ne se borne pas à nous assurer « à Taide du kéfir ou, mieux encore, du lait aigri » une longévité de plusieurs siècles comme minimum. Elle promet en outre l'immortalité, sinon à Thomme, du moins à une certaine portion de son organisme. « On peut donc affirmer, preuves scientifiques en main, que dans notre corps il y a bien des éléments immortels, les ovules et les spermies. Comme ces cellules sont douées de vie propre et accusent certaines facultés psychiques^ il devient possible de poser d'une façon sérieuse la thèse de l'immortalité de l'âme » (331). Poser une thèse, c'est pour les représentants de la « science » la démontrer. Il leur suffit pour cela de confondre « la sensibilité » avec « Y irritabilité m et de prendre cette dernière pour une cf faculté psychique ». Deux pages suffisent à Tauteur pour nous démontrer que les « protozoaires, notamment les infusoires », « possèdent également une âme immortelle ». Et « comme dans le corps humain, il existe également des cellules sexuelles qui sont immortelles, il y a lieu de se demander si elles possèdent également une âme immortelle ». La réponse de la science est affirmative : non seulement nos « cellules reproductrices », mais aussi les phagocytes possèdent une âme cellulaire immortelle « au même titre que les protozoaires ». Malheureusement, ajoute la « science », « il est aussi vrai que ce fait n'implique nullement l'immortalité de notre âme consciente »... (352). Le sort ultérieur des âmes immortelles des protozoaires et des phagocytes, morts glorieusement sur les champs de bataille et celui des ovules et des spermies, restés célibataires, ne nous est pas révélé...

Telle est la bactériologie destinée par un des maîtres de cette

PRÉFACE XXVn

science* à former la base de la médecine à la place de la physiologie. Arrivée à son développement intégral, Tétude de la vie et des mœurs des microbes devrait rendre également inutile renseignement des autres branches de la médecine, comme Tanatomie, la pathologie, Tanatomie pathologique et même la thérapeutique, elc. Avec une provision de sérums variés et du « lait aigri » le premier venu pourrait avec avantage remplacer le médecin. Jusqu'ici Tart personnel du grand clinicien était considéré comme jouant dans le traitement souvent un rôle plus important encore que sa science. Mais du moment qu'on ne soigne plus le malade, mais la maladie, — cet art aussi devient une superfluité...

C'est à dessein que nous avons choisi pour notre démonstration la théorie bactériologique la plus extrême, ayant bien soin de l'exprimer par les termes même de son représentant le plus autorisé. Par la hardiesse môme avec laquelle on nous l'offre comme le dernier mot de la « science », elle jouit d'une très grande vogue, et cela non seulement parmi les profanes qui n'en savent pas le premier mot. Sa séduction repose justement dans ringénue simplicité de sa doctrine principale et sur la sincérité indiscutable avec laquelle son auteur en lire toutes les conséquences, sans crainte de tomber dans Tabsurde. Elle n'en est que plus dangereuse... Heureusement la foi aveugle du monde médical dans la toute-puissance des bacilles et dans Tinfaillibilité de leurs produits commence h être fortement ébranlée. Quelques insuccès retentissants de ces produits lancés avec trop de fracas n'ont pas manqué de provoquer un examen un peu plus rigoureux des bases expérimentales qui avaient provoqué les espérances exagérées de la première heure. Les données statistiques publiées ces dernières années sur les résultats obtenus par l'application dos sérums, même réputés les plus eflicaces, ont bien démontré que ces sérums sont à môme d'influencer puissamment, dans l'un ou dans l'autre sens, la marche

i. Ail fond, cette nouvelle « science » n'est que la résurrection des anciennes croyances que notre corps était habité par des esprits méchants et des esprits bienfaisants, en lutte perpétuelle. Les premiers provoquaient les maladies, la victoire des derniers en assurait la guérison !

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