‹ Les Nerfs du cœur, anatomie et physiologieChapitre 18 sur 81 · XXVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXVIII PRÉFACE

de certaines maladies infectieuses, mais qu'il n'est pas encore permis de les considérer comme des panacées infaillibles.

Des doutes aussi surgissent sur le véritable rôle que les bacilles jouent même dans Tétiologie de ces maladies. La possibilité de produire ces maladies chez des animaux par l'introduction dans leur sang des cultures artificielles de bacilles aulorise-t-elle la conclusion absolue que Tinfection chez Thomme se produit de la même façon ? Ou autrement dit : la présence des bacilles et de leurs poisons suffit-elle pour provoquer chez V homme sain les mêmes processus morbides ? Bien des observations cliniques démontrent, au contraire, que pour que les microbes puissent exercer leur funeste action, un terrain de culture favorable doit déjà exister par suite de modifications pathologiques déterminées.

Toutes ces circonstances ont pour ainsi dire imposé aux véritables maîtres de la science microbiologique l'obligation de modifier entièrement la nature de leurs recherches. Au lieu d'inventer des sérums pour combattre la maladie déjà déclarée, ils dirigent leurs efforts sur l'élaboration de moyens préventifs capables d'empêcher la maladie de se produire.

C'est ainsi qu'ils sont amenés à mettre au premier plan de leurs recherches Tétude de mesures prophylactiques, soit pour détruire les foyers mêmes de la reproduction de ces parasites, soit pour préserver l'homme des agents intermédiaires de leur transmission et de leur pénétration. Comme en chirurgie, l'asepsie prime à présent l'antisepsie, la prophylaxie et l'hygiène doivent tenir la première place dans la lutte de la médecine contre les maladies infectieuses.

Aussi les laboratoires de bactériologie commencent-ils à se transformer en instituts d'hygiène publique*. Les brillants résultats obtenus dans cette voie en Allemagne, en Angleterre et ailleurs, malgré les conditions défavorables du climat et du sol démontrent d'une manière éclatante que grâce à cette évolution la bactériologie s'engage dans sa véritable voie scienti-

i. La fabrication des sérums est abandonnée à rindustric privée, sous la surveillance des personnes compétentes.

PREFACK XXIX

fique. Ainsi le dessèchement des marées et d'autres mesures d'assainissement de ce genre font plus pour combattre l'infection causée par les fièvres paludéennes, que les sérums inventés pour les guérir. L'amélioration hygiénique des habitations obtient des résultats autrement bienfaisants pour lutter contre la tuberculose que la tuberculine.

L'intervention rationnelle des sérums dans les maladies d'origine microbienne ne pourra commencer que le jour oîi nous connaîtrons la véritable nature de l'action organique ou purement chimique que les poisons bacillaires exercent sur les processus pathologiques. Pour atteindre pareille connaissance il n'existe qu'une seule voie, c'est celle que les pharmacologistes emploient depuis un demi-siècle avec tant de succès dans leurs recherches sur l'action des médicaments : c'est l'élude de cette action à Taide des méthodes d'expérimentation exacte de la physiologie et de la chimie physiologique. Une fois en possession des résultats précis de semblables recherches, le médecin pourra en appliquant le sérum faire des observations réellement précieuses sur la manière dont ils interviennent dans la marche des maladies.

Plusieurs laboratoires de physiologie expérimentale qui, à l'exemple de celui d'Ehrlich et de Pfeiffer, ont imprimé cette direction à leurs recherches bactériologiques, arriveront également tut ou lard à élucider le métabolisme des cellules et à fixer la nature exacte des échanges chimiques qui constituent ce qu'on appelle « la lutte pour la nourriture » entre les cellules. Ceci fait, on n'éprouvera plus de difficulté à fixer l'action exacte que les poisons microbiens peuvent exercer sur ce métabolisme aussi bien dans le traitement des maladies infectieuses que dans les immunisations.

Mais même arrivée à un pareil développement la bactériologie ne saurait prétendre à supplanter la physiologie comme base scientifique de la médecine. Les enthousiastes de la microbiologie se sont trop empressés de généraliser leurs observations sur quelques maladies infectieuses. Le fait d'avoir découvert le bacille du charbon, de la tuberculose, de la fièvre

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