PRÉFACE VU
lesquelles les maîtres de notre science avaient établi cette branche de la physiologie.
C'est donc rendre service à la physiologie que de la débarrasser de ces hypothèses funestes, qui depuis une dizaine d'années entravent sa marche en avant, et d'établir des vues d'ensemble qui pourront guider les expérimentateurs, désireux de développer davantage cette branche importante de notre science.
Les médecins feront-ils aujourd'hui aussi bon accueil à une physiologie des nerfs ducteur, qu'ils l'auraient fait il y a trente ans? Il est permis de poser cette question. Les rapports entre la médecine et la physiologie se sont bien modifiés depuis. La médecine» était alors en pleine» évolution et cherchait ses bases scienliliques dans la physiologie expérimentah' qui venait d'être inaugurée par Joliannes Miller. Elle paraissait rompre àjamais avec l'ancien empirismi» et, guidée en Allemagne par Johannes Miller et ses brillants élèves, par ViRcnow surtout, en France par Magkndie et plus encore par Claude Bernard, elle s'engageait avec enthousiasme dans la nouvelle voie si féconde des méthodes exactes.
Les succès que la pathologie et la thérapeutique obtinrent dés le début dans les maladies des yeux, du système nerveux, du ca»ur, des organes de digestion et de sécrétion, etc., furent assez considérables, pour justifier pareille évolution. Appuyée sur l'anatomie et la physiologie, l'anatomie pathologique et la pharmacologie expérimentale, la médecine paraissait d(»voir conquérir une place définitive dans le rang des sciences exactes appliquées.
Ces espérances, hélas, ne se sont pfis entièrement réalisées. La collaboration intime delà médecine et de la physiologie n'a pas été de longue durée.
Les premi(»rs malentendus furent causés par la déception éprouvée par les médecins de ne pas pouvoir utiliser à leurs propres fins h»s nombreuses conquêtes de la physiologie et de ne pas toujours trouver dans les nombreuses données sur le fonctionnement normal des organ(»s, mis(;s en lumière par la physiologie, des réponses, aux questions que les cliniciens devaient