‹ Les Nerfs du cœur, anatomie et physiologieChapitre 4 sur 81 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

résoudre au chevet du malade. Ces déceptions provenaient en réalité des espérances exagérées que dès le début les médecins avaient mises dans la croissance extraordinaire de la physiologie. Ils ne se rendaient évidemment pas suffisamment compte de la différence des fins que poursuivent ces deux sciences et des moyens dont elles disposent pour les atteindre.

En effet, les physiologistes, dès qu'ils eurent entrevu Timmensité des horizons ouverts par révolution de la physiologie comme science exacte, s'étaient hardiment mis à Tétude des fonctions des organes au seul point de vue des lois biologiques générales, sans se soucier autrement des applications pratiques que leurs résultats pourraient avoir au chevet du malade. Le côté purement scientifique primait chez eux toute autre considération et plus le champ de leurs investigations s'élargissait, plus ils perdaient de vue les applications plus utilitaires de la médecine.

Tout opposé était Tintérôt que les médecins portaient aux mêmes rechcirches. Ces dernières ne leur importaient qu'autant qu'ils pouvaient en tirer parti immédiatement soit pour mieux saisir la genèse des phénomènes pathologiques, soit pour y trouver des indications pratiques pour les combattre.

Le physiologiste part des observations isolées, les groupe et en déduit les lois générales ; le médecin, au contraire, part de ces lois générales pour en tirer les applications aux cas spéciaux.

La divergence des buts poursuivis devait forcément aboutir à un désaccord chaque fois que le médecin ne parvenait pas à adapter les résultats observés par le physiologiste, soit parce que les phénomènes pathologiques déformaient le fonctionnement normal des organes, soit que le médecin ne pouvait pas observer ces phénomènes avec la précision nécessaire pour que les données théoriques leur soient applicables avec profit.

Le développement considérable, qu'avaient atteint dans un temps relativement très court les diverses branches de la physiologie rendit bientôt impossible aux cliniciens de le suivre. La précision de plus en plus parfaite des méthodes employées en

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