THÉORIES DE L INNERVATION DU CŒUR
pendant laquelle les ganglions intracardiaques pourraient remplacer les centres automoteurs cérébraux ne serait que limitée.
Le choix entre ces deux alternatives ne saurait être fait, qu'après de nouvelles expériences dirigées dans le même sens que celles de Cyon sur la résurrection des centres cérébraux par la circulation artificielle du sang. La méthode en est tout indiquée: elle doit être analogue à celle que Cyon a employée pour rendre la circulation cardiaque et la circulation cérébrale tout à fait indépendantes Tune de l'autre (voir pages 194 et suiv.).
Les principales questions à poser sont celles-ci : combien de temps les centres automatiques du cœur peuvent-ils maintenir les fonctions du cœur chez les vertébrés supérieurs, après une interruption complète de toute communication nerveuse avec le cerveau et la moelle épinière? Ou en d'autres termes : rintervention périodique ou temporaire des centres nerveux cérébraux n'est-elle pas indispensable pour inciter ou pour soutenir le fonctionnement des appareils automatiques intracardiaques? L'intervention purement régulatrice des centres cérébraux dans le fonctionnement de ces appareils automatiques est-elle suffisante pour maintenir ces appareils périphériques en bon état de fonctionnement, pour empêcher et éventuellement pour réparer les nombreux troubles, auxquels ces appareils sont exposés pendant la durée de la vie?
Quelles que soient les réponses à ces questions fondamentales que nous venons de poser ici, on doit reconnaître dès à présent que la nouvelle observation faite par Cyon est tout à fait irréconciliable avec une origine myogène de l'automatisme du cœur. On peut donc considérer cette observation comme une réfutation définitive de cette hypothèse.
Le fait que les centres cérébraux sont à même de provoquer l'automatisme du cœur soulève encore une question complémentaire : par quelle voie s'effectue cette action automatique du cerveau? Môme dans le cas, où la première des alternatives exposées plus haut se confirmerait, l'existence de nerfs extracardiaques spéciaux pour cette voie ne serait nullement indispensable. En effet, nous avons déjà vu plus haut qu'il était De Cyon. 16
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possible par une excitation des nerfs pneumogastriques de rétablir les battements rythmiques du cœur arrêté (Cyon) ; d'autres expériences avaient démontré qu'on peut obtenir le môme résultat par Fexcitation des nerfs accélérateurs (Hkring jun.). En outre, la première loi de l'excitation ganglionnaire de Cyon (voir chapitre iv, § 7) rend parfaitement compte du mécanisme d'une pareille action des nerfs cardiaques. Or, dans les expériences que nous venons de décrire, il s'agit également des arrêts dans le fonctionnement des appareils automatiques du cœur. On peut donc facilement admettre que dans mes expériences sur la résurrection des centres cérébraux, le rétablissement des fonctions du cœur s'opérait par la voie des mêmes nerfs pneumogastriques ou accélérateurs qui, à l'état normal, ne servent qu'à régulariser les battements cardiaques.
Abréviations :
A. ç^. P. Archiv f, die Gesammte Physiologie (Pfluger).
A. f. P. Archiv fur Physiologie v. du Bois-Beymond {KfiGBLUAKji),
A. f. A. Archiv fur Analomie (Reiciiert, His).