XIV PRÉFACE
chef de travaux pratiques, mais pas de laboratoire vraiment digne de ce nom, qui soit adapté à l'enseignement et aux exercices des él(>ves.
Cette méconnaissance du rôle de la physiologie dans l'enseignement médical, pour ne pas dire cette hostilité pour la science que tant de grands savants français ont illustrée dans le courant du siècle dernier, se manifeste de bien d'autres façons non moins décourageantes : TAcadémio des Sciences ne possède pas encore de section de physiologie. Le Nestor de la physiologie française, Cualveau, a trouvé siège dans la section d'tlconomie rurale ! Mabey faisait partie de la section de médecine et de chirurgie, qui veut bien de temps en temps tolérer * la présence d'un physiologiste.
C'est le contraire qui a lieu dans les Académies de Sciences du monde entier. Les physiologistes y occupent une place d'honneur, tandis que les médecins en sont exclus, la médecine n'étant pas encore considérée comme une science exacte. Le grand Vibchow lui-même ne fut admis à l'Académie de Berlin que sur le tard et uniquement grâce à ses recherches de physiologie pure. û^^
L'Association pour l'Avancement des Sciences, si large dans la création de sections nouvelles, ne possède pas, elle non plus, de Section de physiologie ! Point de Société de physiologie ni à Paris, ni ailleurs. La Société de biologie, qui fut présidée par deux grands physiologistes Claude Bebnard et Marev et dont (iLKY est le secrétaire perpétuel accorde, il est vrai, aux physiologistes une large hospitalité ; mais la physiologie n'est qu'une des nombreuses branches de la biologie...
Un autre fait bien plus attristant encore : aucun journal spécial de physiologie, même des dimensions les plus modestes, n'a pu subsister en France ! L'Allemagne compte une dizaine
suggestifs du P' W. Porter sur l'organisialion de reuseiguenicnt pratique à l'Université iUnvARD à Cambridge (Massarliusrlls).
1. Je dis tolth'er me rappelant d'une injure faite autrefois à Claude Hkhnahu dans cette section : pendant une discussion en romilé secret, un chirurgien modeste, le baron CLOyitET, coupa la parole à l'illustre savant, en lui rappelant qu'il ne siégeait là que par tolérance et n'avait pas à intervenir dans la discussion.