‹ Les névralgies, leurs formes et leur traitementChapitre 47 sur 59 · NÉVRALGIES MERCURIELLES · texte numérisé non relu

NÉVRALGIES MERCURIELLES

Elles sont beaucoup moins communes que les névralgies saturnines et n'ont pas été l'objet d'aussi minutieuses recherches.

Les affections qu'on observe le plus fréquemment chez les ouvriers employés aux travaux d'exploitation du mercure sont, suivant le docteur Hermann (1), les douleurs ostéocopes nocturnes. Indépendamment de ces douleurs névralgiformes qui sont généralement symptomatiques, on rencontre de véritables névralgies faciales et sciatiques. L'appareil digestif paraît aussi^susceptible de ressentir des douleurs viscéralgiques; mais peut-être en est-il de ses souffrances comme de la colique saturnine, c'est-à-dire que les parois abdominales sont peut-être plutôt le siège réel de la douleur que les organes sous-jacents. Quel que soit le point précis qu'elle occupe, elle se manifeste d'habitude sous forme

(1) D"" J. Hermann. Studien uber Kranhheitsformoi in Idria. Wiener medizhiische Wochenschrift ; 1858.

de tiraillement; elle n'a pas l'insupportable acuité des douleurs saturnines. D'autres fois, ce sont les muscles qui sont plus spécialement atteints.

Les névralgies mercurielles se diagnostiquent par la profession du malade ou par les indications qu'il fournit lui-même lorsqu'il a été soumis à un traitement mercuriel, d'une part, et de l'autre, par la coexistence d'autres accidents d'hydrargyrisme. A ce sujet, nous devons faire observer que le tremblement est beaucoup moins commun qu'on ne le suppose : les lésions osseuses et les douleurs qui les accompagnent sont les signes dominants de l'intoxication mercurielle.

On trouve dans le livre û'Anstie (1) un exemple à la fois des plus lamentables et des plus caractéristiques de la névralgie mercurielle. Une jeune fille à qui l'on avait administré le mercure jusqu'à saturation pour une pleurodynie et qui présentait tous les signes de l'hydrargyrisme chronique (exfoliation des maxillaires, édentation, tremblement intense, etc.) fut prise, au milieu de son marasme, d'une névralgie presque universelle : le sciatique avec plusieurs de ses branches, les rameaux dorsaux, le radial, le cubital furent parfois simultanément atteints; la tête seule fut épargnée. Les douleurs étaient déchirantes et les crises se reproduisaient plusieurs fois par jour. L'huile de foie de morue réussit à atténuer les soufïrances de la malade, mais ne parvint pas à la guérir.

Le trailement qui a donné les succès les plus positifs dans ce genre d'affections est encore l'iodure de potassium (2). Le mode d'administration le plus efficace consiste à le donner pendant plusieurs mois, en interrompant de temps en temps la médication et en reprenant chaque fois par des doses légères d'abord, puis régulièrement progressives.

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