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Néoplasmes

Par la compression, le tiraillement ou l'irritation inflammatoire que détermine le voisinage des tumeurs, les nerfs peuvent être constitués à l'état algésique et devenir même le siège de douleurs névralgiformes.

NÉVRALGIES NÉVROMATEUSES.

Le névrome — vrai ou faux — est le néoplasme qui donne le plus souvent lieu à ces pseudo-névralgies. Le névrome d'amputation ne le cède sous ce rapport à aucun autre.

En général, les douleurs du névrome sont intenses et continues, mais avec des exacerbations spontanées oujirovoquées parle moindre attouchement, le moindre mouvement ou la moindre impression de froid. Presque toujours, la peau est anesthésiée dans le domaine de distribution du nerf et le malade y accuse un sentiment d'engourdissement plus ou moins prononcé. — S'il s'agit d'un nerf mixte, on peut observer de l'akinésie ou des contractures.

Il est à remarquer que les névromes très volumineux et les névromes multiples donnent rarement lieu aux douleurs névralgiques.

Les névromes d'amputation méritent une mention toute spéciale ; on admet généralement que ce sont eux qui occasionnent ces douleurs aiguës dont se plaignent parfois les amputés et que l'on nomme souvent la névralgie des inoignons. On sait en effet qu'il se produit très souvent à l'extrémité des nerfs divisés des renflements fibreux qui per-

(1) Le savon de Krankenheil exerce entre autres une action fondante très énergique sur les indurations cicatricielles.

sistent pendant toute la durée de l'existence; on comprend que le tissu de nouvelle formation comprime ou tiraille les faisceaux nerveux et produise par là des douleurs semblables à celles que déterminent les névromes développés sur le trajet même des nerfs. Toutefois, la formation névromateuse ne peut pas être considérée comme la cause exclusive des phénomènes algésiques, car la résection des tumeurs n'a pas toujours réussi à faire disparaître les douleurs. De plus, Cartaz (1) a vu les douleurs se produire lorsque l'on comprimait les nerfs du membre au-dessus du moignon. On serait donc autorisé à admettre, au moins dans certains cas, l'intervention d'une névrite chronique qui porterait aussi bien sur les filets récurrents que sur les fibres directes.

Quoi qu'il en soit, les douleurs sont souvent aiguës et paroxystiques; elles se déclarent soit spontanément comme dans les vraies névralgies, soit sous l'influence de la plus légère pression ou d'un changement atmosphérique (surtout quand l'air devient froid et humide). Mais elles ont ceci de spécial qu'elles sont perçues comme si elles occupaient la portion amputée du membre, et qu'elles se compliquent assez fréquemment de tremblements ou de convulsions cloniques. — Le traitement médical sera trop souvent impuissant. Le traitement chirurgical luimême ne sera pas toujours efficace. Suivant le conseil de Cartaz, il faudra recourir, si l'on veut assurer le succès, aux névrotomies associées. Peut-être que l'élongation produirait ici de bons résultats, mais nous ne pensons pas qu'elle ait encore été essayée contre la névralgie des moignons. — Quant à une nouvelle amputation, on ne doit naturellement y recourir que si tous les autres moyens ont échoué.

NÉVRALGIES CARCINOMATEUSES.

Les noyaux cardnomateux produisent aussi parfois des douleurs névralgi formes. Sans parler des élancements auxquels donne lieu l'ulcération de la tumeur, nous rappellerons les éclairs douloureux qui traversent de temps en temps la masse néoplastique et que les malades comparent à des coups de canif, et surtout les douleurs qui se manifestent dans des points plus ou moins éloignés de la région dégénérée. Charcot a vu, chez des femmes de la Salpêtrière, des douleurs sciatiques intenses coïncider avec une altération épithéliomateuse de l'utérus, et Coriiil (1) a démontré anatomiquement le rapport de causalité qui unit les deux affections.

(1) Op. cit., p. 61.

(1J CoRNiL. Névrites chroniques, etc. Comptes-rendus de la>S'oc. de biologie, t. V. 1863

Le traitement externe sera celui de toutes les douleurs névralgiformes ; quels que soient les moyens primitivement mis en œuvre, il faudra presque toujours en venir aux injections de morphine ou d'atropine. Contre la néoplasie elle-même, la thérapeutique interne n'a guère donné jusqu'ici des résultats positifs. Mais à force de tenter l'impossible, dit Fonssagrives, on le réalise quelquefois. On pourra donc tenter la ciguë, l'aconit, le cinabre, l'or, l'iode, Varsenic, le condurango. On est autorisé, du reste, à essayer toutes les médications internes, pour peu qu'elles soient rationnelles, en vue de triompher d'un mal resté jusqu'ici à peu près au-dessus des ressources de la science. — Quant au traitement externe, il se réduit à Vablation complète, au moyen du bistouri, de la tumeur et des ganglions circonvoisins, qui sont souvent déjà infectés alors qu'ils paraissent intacts (Giissenhauer) . L'extirpation à l'aide des caustiques est un moyen suranné que l'on est d'accord pour répudier aujourd'hui.

Bien qu'il ne s'agisse plus de néoplasmes, on peut mentionner encore ici les névralgies crurales ou sciatiques occasionnées par la pression de l'utérus gravide, par une tumeur stercorale, par une hernie obturatrice , les douleurs névralgiformes causées par la compression d'un anévrisme (1) ou par l'irritation mé'îanique de plaques calcaires développées dans les parois d'un vaisseau, etc.

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